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10/06/2010

Une nuit mouvementée

Au mouillage dans la baie de Soller depuis deux jours, j'avais pris mes repères terrestres de jour et de nuit qui me confortaient sur le fait que mon mouillage tenait bien.

20100610mouillagebaie.jpgLa soirée du 9 juin, le vent fraichit un peu entre 15 nds et 18 nds toute l'après-midi et, avant de se coucher, un dernier repérage est fait pour s'assurer que rien ne bouge.  La météo annonce le même type de vent pour la nuit. On s'endort tranquillement quand vers 3 heures du matin je me réveille sans raison particulière. Le vent est monté d'un cran et je jette un coup d'œil sur mes repères. Ceux-ci défilent sous le regard et je bondis sur le pont pour constater que nous dérapons sur l'ancre. Je mets les moteurs en route ce qui réveille la cap'tine qui me rejoint.

Nous sommes dans le fond de la baie d'où souffle le vent et nous dérivons très vite entre les bateaux au mouillage. J'essaie de reprendre la main au moteur  mais la marche avant ne s'enclenche pas. Je contrôle tant bien que mal en marche arrière. Pendant ce temps, je demande à la cap'tine de relever le mouillage. Dans l'empressement, elle oublie que la pate d'oie est enclenchée et la tension sur la chaine fait disjoncter le guindeau. Je laisse la barre quelques instants et décroche la pate d'oie. Nous n'avons plus le moyen de remonter la chaine car vu les bourrasques de vent il me faut contrôler la dérive du bateau dans le mouillage et je n'ai pas le temps de voir le problème du guindeau.

Nous dérivons vers la cale du port militaire de l'autre côté de la baie. Je réussi à relâcher de la chaine qui semble accrocher car nous avons un rappel. Je lance un appel sur le canal 16 et un bateau me réponde qu'il m'envoie deux personnes que nous voyons arriver sur leur annexe.

Compte tenu des bords que tire le bateau sur le mouillage, j'envisage de pouvoir me mettre au quai militaire. Je relâche un peu de chaine.

20100610quaimarine.jpgPendant ce temps la cap'tine a préparé les pare-battages et les aussières. Nos aides sont sur le quai et après deux tentatives, ils peuvent tourner nos amarres sur les bittes d'amarrages et nous nous rapprochons du quai avec le vent qui souffle parallèle à celui-ci. Sous sommes amarrés au quai et je complète l'amarrage avec les gardes. On apprendra le lendemain, par l'équipage sympa d'un cata venu prendre de nos nouvelles que le vent soufflait en rafales entre 32 et 35 nds.

Le bateau en sécurité, nous rejoignons nos couchettes pour récupérer un peu.

Le lendemain, un « holla » nous réveille de bonne heure. C'est un militaire qui nous dit qu'il est interdit de s'amarrer au quai. Je lui explique en Espagnanglais nos soucis de la nuit et lui indique que nous allons partir. Je m'aperçois alors qu'une aussière est passée dans l'hélice tribord, certainement peu de temps après l'amarrage.

Voyant cela, il me demande si je suis plongeur, ce que je ne suis pas vraiment. Il m'indique que lui l'est et qu'il va demander à son commandant s'il peut me dégager. Voyant nos ennuis, une relation sympathique s'établi. Nous attendons un petit moment en prenant le petit déjeuner puis il arrive avec son matériel de plongée. Le commandant vient nous rendre visite et en anglais je lui explique nos soucis. Je me demande si mon ancre ne s'est pas engagée sous une chaine car nous ne sommes pas loin des grosses pendilles des bateaux de tourisme. Le plongeur ira voir. Il balance son équipement depuis le quai et saute dans l'eau pour s'équiper. Pour l'aussière, pas de problème, elle est défaite rapidement et ne porte aucune trace de frottement. L'ancre paraît clair à ses dires. Deux bonnes bouteilles le remercieront.

Nous prenons contact avec la marina, et nous y trouvons une place avec le vent dans le dos ce qui compte tenu des problèmes de moteur devrait me faciliter la manœuvre.

On largue tout, on remonte la chaine qui force un peu en fin de course : une énorme poulie métallique est accrochée à son extrémité. Depuis quand l'avons nous ? Est-ce la cause de notre dérapage ? Nous verrons cela plus tard.

20100610marinatramontana.jpgEn entrant dans le port, La manoeuvre d'approche se fait sans trop de problèmes et « Santi » le marineros de la marina passe une énorme pendille à la cap'tine que je viens seconder pour la fixer à l'avant. Les aussières arrière sont tournées et on met un peu d'ordre dans le bateau.

Avant de déjeuner, je porte un petit tastevin, emblème du bateau, au commandant du poste de Soller pour le remercier de son hospitalité et de sa gentillesse pendant que la cap'tine donne un coup de jet sur le pont. Je descend l'annexe et emporte une bonne bouteille de Bourgogne aux anglais mouillés dans la baie qui nous ont si bien aidé dans la nuit.

Après cela, un déjeuner et une sieste commencent à réparer les nuisances nocturnes.

Il reste à voir ce problème de commande moteur et le sondeur.

Analyse à froid de la situation :

En négatif :

Nous avions mouillé environ 25 m de chaine, n'ayant pas de sondeur j'avais estimé la profondeur à 4 m alors que notre voisin en cata venu nous rendre visite  le lendemain m'indiquait 6m. j'aurais du sonder à main et mettre une dizaine de mètres de plus. L'ancre était-elle déjà engagée dans la poulie métallique ?

Je pouvais difficilement contrôler le problème de commande moteur.

La cap'tine, un peu encore abasourdie par le réveil rapide et le côté un peu effrayant du bateau dérivant dans la nuit sous les bourrasques et un ciel d'encre a entrainé le blocage du gindeau, rendant difficile les manœuvres de chaine.

En positif :

Nous avons eu une belle chance de ne crocher aucune ancre d'un autre bateau au mouillage et de pouvoir manœuvrer, presque tout en marche arrière (question qui reviendra le matin aux équipages venus nous rendre visite : pourquoi ?)

Nous avons su garder nos réflexes et pouvoir bénéficier d'un quai dégagé pour s'amarrer. La cap'tine a pleinement assuré son rôle de second

Nous avons trouvé une aide spontanée et sympathique tant de l'équipage venu nous aider que de la marine espagnole.

Globalement, à part un gros coup de frayeur, deux heures nocturnes assez pénibles, nous nous en tirons bien, cela aurait pu être nettement plus grave.

Nous allons essayer de régler les problèmes en suspend avant de recevoir notre équipier nantais.

19:54 Publié dans 11 Escales | Commentaires (7) | Tags : escale, croisieres

08/06/2010

Escale technique

Devant les divers problèmes techniques, certains anciens (problème de dérive qui tape dans le puits bâbord, certains récents (pompe à eau bâbord défectueuse, eau chaude en continu sur le circuit bâbord....), il est décidé de rentrer vers le chantier.

Après avoir dit au revoir à nos équipiers qui rentrent sur Paris, nous quittons Puerto do Soller le vendredi matin car du NW est annoncé assez fort et nous aimerions passer avant. Nous allons tirer un grand bord de près serré avec 20 à 23 nds de vent et une mer qui vient de face, qui nous mènera au niveau de Blanes, puis nous longerons la côte toujours au près pour arriver à Canet en Roussillon le lendemain après 30 heures de nav. Le vent se lèvera peu après notre arrivée et bercera un nuit réparatrice.

Dès le lundi, le programme des réparations est mis en route. Il est décidé de sortir le bateau pour mettre des cales dans la partie basse du puits de dérive. La pompe est changée, mais la neuve est défectueuse d'emblée (comme quoi il existe encore un certain manque de fiabilité dans les matériaux installés dans les bateaux). Elle est changée et le problème du chauffe eau est vu avec comme diagnostic un clapet anti-retour défectueux (problème connu du chantier) qui nécessite la mise en place d'un clapet extérieur. On fera de même sur l'autre chauffe eau en préventif. Tout cela prend un peu de temps, et la semaine s'écoule avec un vent qui souffle les trois premiers jours avec 30 à 35 nds dans le port. Les nuages du vent s'étalent en lenticules depuis le Canigou.

Nuages lenticulaires
signe de grand vent

Les problèmes réglés, on se prépare pour un retour vers Soller. La météo annonce une fenêtre pour le dimanche et lundi avec du NW et du NE avec retour ensuite au sud qui nous ferait repartir au près ce qui donnerait du grain à moudre à Lucien (qui comprendra). La journée du samedi, après un rinçage à l'eau douce du bateau qui a récupéré le sable après les vents de terre, est consacrée au farniente. Nous passons un agréable moment avec Christophe et Rachel à la terrasse de la pagode de la plage où sangria et Manzanilla apprécient la brumisation régulière qui nous rafraichit.

20100606capcreus.jpg

Le départ se fait sous un ciel couvert et laiteux avec une visibilité limitée à 5 MN. Le vent prévu nous abandonne rapidement et nous poursuivons au moteur. Ce sera l'occasion de passer le Cap Creus de près entre les deux ilots qui le prolonge où Nastia, catana 58 qui sort du chantier, nous rattrapera avant de mettre le cap sur Cadaques.

Au Cabo de San Sebastian nous mettons le cap sur Soller et l'ENE prévu, qui se renforcera au petit matin nous permettra de rallier Soller avec des pointes à 9 nds sous solent et GV haute avec une moyenne de 7 nds. Notre vie à bord a pris son rythme de croisière. Une petite vidéo pour vivre ces instants

Nous arrivons à Midi à Puerto do Soller, après 170 mn, où nous mouillons dans la baie. Après un bon déjeuner, une sieste  réparatrice s'impose pour récupérer du manque de sommeil au cours de la dernière nuit passée en mer. Le lendemain matin,  un premier bain du matin dans une eau à 22° permet de vérifier que l'hélice n'est pas entravée. Il est ensuite temps de s'occuper des nouveaux problèmes techniques découverts durant la traversée :
- barre qui vibre à bâbord : suite aux réglages de barre effectués au chantier, plusieurs boulons sont dévissés. On ressert le tout ce qui s'averera efficace.
- nous nous somme rendus compte, au mouillage,  que nous n'avions plus d'information au sondeur. Appel aux spécialistes c'st le capteur qui est déficient et qui sera remplacé par un neuf.

Comme quoi, il y a toujours quelque chose à faire à bord d'un bateau. Mais que ne ferait-on pas pour profiter d'un aussi beau coucher de soleil

20100607couchersoleilsoller.jpg

06/06/2010

Vidéos

Visite de Brise Dhe Mar

 

06 Juin 2010: De Canet à Soller : tranches de vie maritime

 

22 Mai 2010 : l'équipage après sa première traversée

 

22 juin 2009 : découverte du trimaran Groupama 3 de Franck Cammas




29 mai 2009 : banc de dauphins au large de Palma de Majorque




18 Avril 2009 : Baptême de Brise dhe Mar




Du rêve à la mise à l'eau




40 ans des Glénans : quelques moments de la cérémonie




BELEM : découverte et premières manoeuvres




BELEM : la traversée des Tas de Pois




BELEM : appareillage du mouillage sous voile

11:26 Publié dans 07 Vidéos | Commentaires (0) | Tags : vidéos, croisieres

30/05/2010

Rallye de l'Olivier

20100523olivier.jpgLors de notre rencontre au salon nautique avec Gloria, il avait été envisagé de participer au 1er Rallye de l'Olivier qu'elle mettait en place.

L'objectif de ce rallye était de promouvoir les valeurs de la méditerranée, l'amitié entre les peuples qui entoure ce bassin et veiller à la sauvegarde du patrimoine.

En valeur symbole un olivier serait planté dans les ports participants au projet.

Rendez-vous était pris pour un départ de Barcelone, qui nous permettrait de reprendre contact avec la mer après notre interruption pour raisons techniques et de santé.

Au ponton à Barcelone, nous sommes invités à un pot sympathique au Real Club Nautico de Barcelona où Gloria présente le projet et fixe le départ des bateaux à 16 heures. Nous faisons connaissance de notre voisin, Jean-Louis, pour qui ce sera sa première traversée en solitaire sur son océanis 311, Xadel.

20100521captine.jpg

 

A 16 heures, la rembla de Mar qui s'ouvre pour nous laisser sortir avec 15 nds de vent de SW. Les nouveaux équipiers Philippe et Martine, sont à poste et participent à la manoeuvre. La grand voile est hissée avec un ris, pour expliquer la manœuvre et dès la sortie du port nous pouvons envoyer une voile d'avant. La grand-voile est rehissée haute et nous filons 6 nds au bon plein. La mer est belle.

Le vent va mollir dans la nuit et à minuit nous sommes obligés de mettre le moteur devant une absence totale de vent et mer lisse. Au coucher du soleil, les dauphins sont venus rendre visite au bateau en jouant avec les coques, puis sont partis vaqués sur d'autres vagues.

 

 

20100222Soller1.jpgLes deux Martine prennent le premier quart ensemble et comme dit Martine « les deux moitiés, font le quart ». Elles auront l'œil fixé sur le radar et l'AIS allant jusqu'à réveiller le cap'tain pour un « gros » qui arrive sur nous et que l'on ne voit pas. Elles n'avaient pas totalement intégré l'échelle de la carte, ce qui fait que le « gros » en question devait être à environ à 20 milles nautique soit, 40 Km. L'esprit en repos, le cap'tain repris sa veille dans la couchette en attendant son quart. Philippe eut droit au coucher de lune et le cap'tain au lever du jour et du soleil. Une interwiev des équipiers est réalisée: voir la vidéo

Seules les nageoires des poissons lunes agitait la surface de l'eau sur une mer qui brillait au soleil levant.

 

Arrivée à Soller
Préparation à l'accostage

La découverte de l'entrée de Soller est un émerveillement et pour apprécier encore mieux cette magnifique baie, un petit vent de travers se met à souffler au moment de prendre l'amarrage au ponton, compliquant un peu la manœuvre. Jean-Louis, parti un peu avant nous attend pour récupérer nos aussières et nous nous amarrons à coté de son bateau.

Le responsable du port, très zen, nous apporte de bons conseils.

La passe de Soller
Au ponton à Soller

Gloria est la pour nous accueillir et nous préciser le programme de la journée du lendemain et nous offir un beau tee-shirt aux couleurs du rallye.

Après une bonne sieste réparatrice, nous découvrons les petites rues et le paysage grandiose de cette baie bien abritée au milieu des montagnes alentours.

Après un petit Te' Punch pour fêter toutes ces premières avec Jean Louis, nous ferons une bonne nuit réparatrice.

La mousse au travail
Petit dej'

Le lendemain, après nettoyage du pont avec la rosée et des inox (faut qu'ça brille, mousse) et un bon petit déjeuner, nous nous préparons pour les festivités. Elles débutent par une cérémonie officielle en présence du maire et des représentants du Gouvernement des Baléares, avec remise officielle d'un olivier importé par le bateau en provenance d'Argeles. Une musique majorquaine avec cornemuse, flute et tambourin ponctue les discours. Nous aurons les honneurs de la presse (charger l'article)

Petit discours
et Musique

Nous poursuivons la matinée avec la visite du musée maritime qui montre les diverses émigrations des sollerics en fonction des aléas liés à l'exportation des oranges et de leurs maladies.

L'équipage devant l'Olivier
Voile latine

Un bon repas majorquais nous attendait ensuite nécessitant une sieste réparatrice suivie du premier bain de l'année dans une eau fraiche à 19°.

repas entre amis
Cuisine Majorquine

Le lundi de Pentecôte, à 10 heures, les équipages sont en attente du tramway électrique, datant de 1913, qui va nous emmener à la ville de Soller distante de 3 km. Ce petit tram circule en longeant la baie puis les jardins de citronniers et d'orangers, faisant la liaison plusieurs fois par jour depuis sa création.

La baie vue
du tramway

Nous nous arrêtons sur la « Placa Constitutio » et nous sommes accueillis dans la belle salle de la mairie par Ramon Bisbal Bauza, président de l'association Franca vall de Soller (francavalldesoller.org) qui regroupe des français, descendants des émigrés et des majorquins, pour préserver la culture et l'histoire de la vallée de Soller.

Mairie
Salle du conseil

Après une belle présentation de l'histoire de la ville, nous partons visiter la Sa Luna, plus vieille rue de Soller avec ses nombreuses boutiques qui retiendrons le regard des deux Martines.

Placa constitutio
Eglesia San Bartholomeu

Nous avons la chance de pouvoir visiter la Can Prunera, maison moderniste du début du siècle avec une architecture extérieure et intérieure de toute beauté. Cette propriété construite par un majorquin qui avait fait fortune à Belfort renferme une collection d'œuvres d'art extraordinaire. Les Galeries donnent sur un jardin rempli de charme.

can Prunera
et son jardin

Après ces promenades,  nous nous restaurons de Tapas excellents dans un restaurant tenu par un descendant de marjorquin revenu au pays possesseur d'une cave bien achalandée.

Coopérative
François

Nous partons ensuite à la découverte de la Coopérative agricole, située à la sortie de la ville où nous avons la chance de rencontrer, François, tel qu'il se prénomme lui-même, ayant travaillé 32 ans la et qui se fait un plaisir de nous faire découvrir toute la chaine de fabrication de l'huile d'Olive. On fera ensuite nos emplettes, avec des oranges et des citrons magnifiques qui nous donnerons un jus apprécié au retour au bateau.

Emplettes
Huile et oranges

La soirée se terminera par une dégustation d'Aligoté, de Douro et de Son Bordills (blanc de blanc majorquais) en compagnie de l'équipage de Diomédea et du skipper de Thalassanté. Diomédéa est un vieux ketch appartenant à Dominique,e, qui navigue avec ses copains de promo dentaire depuis 48 ans. Thalassanté est un magnifique sloop gréé en cotre de 60 pieds en alu. Les deux bateaux sont marseillais.

Diomédea et son équipage
Thalassanté

Avec la fin du Rallye chacun reprend la mer vers ses propres destinations. nous resterons quelques jours avec nos vaillants équipiers pour approfondir notre connaissance de l'ile et se préparer pour rejoindre Canet pour d'ultimes mises au point.

22/05/2010

L'Almanach - Mai 2010


mai 2010
Pensée du mois

Auspices: du latin Avis (Oiseaux) specere (regarder):

Les augures selon le vol des oiseaux

Nouvelles de Brise dhe Mar

Brise dhe Mar a commencé son périple

Devant le gros refroidissement généré par la forte depression du début de mois, nous avons sorti notre petit chauffage électrique pour essayer de réchauffer le carré. Pour le corps, nous préférons un petit vin corsé du Roussillon devant un bon petit diner. Le lendemain, il fallait évacuer 200 litres d'eau qui avaient coulé dans les plis de la grand voile et faire sécher écoutes et coussins sous un fort vent de tramontane à 30 nds, avec rafales à 40 nds, dans le port de Canet où nous étions restés sagement pour laisser passer cette violente tempête.

Bernard et Huguette, nous avaient rendu visite quelques jours auparavant profitant d'une belle journée


La cap'tine se chauffe les mains
avant de se réchauffer l'intérieur

Profitant d'une fénêtre météo nous mettons le cap sur Port lligat, où résidait Salvador Dali. Cette magnifique Cala étant encombrée par les coffres et le mouillage étant interdit, nous passons par Cadaques, de l'autre coté de la pointe avec, là aussi des coffres partout aux bons endroits de mouillage. Nous décidons de pousser jusqu'à Roses où nous arrivons avec une bonne brise. La prise de quai par vent de travers nécessitera deux essais. Le lendemain, nous faisons faire 180° au bateau pour se trouver face au vent, ce que nous ne regrettons pas dès le soir car nous sommes bercé par 35 à 40 nds de vent dans le port.


La citadelle de Roses
Bien calé en marina

Nous mettrons à profit cette escale pour visiter la citadelle qui permettra à Martine de voir que notre mouillage n'est pas si imposant que cela et la petite ville de Roses., pleine de charme à cette saison


La citadelle
Petite ancre

En attendant que le vent passe dans le bon sens, je m'attele à la recherche d'une entrée d'eau dans la cale moteur babord. La Cap'tine a la bonne idée de tirer de l'eau à ce moment ce qui envoie une bonne giclée dans la cale. C'est la pompe à eau douce qui est morte. Contact est pris avec le SAV de Catana pour nous faire adresser une pompe à Barcelone, où je procéderai à l'échange. En attendant on fera marcher la pompe tribord.


A l'entrainement
Au mouillage à Blanes

Une belle navigation pour rejoindre Barcelone, avec une escale au mouillage à Blanes. Ce Petit port de pêche, nous permet d'admirer les jeunes filles à l'entrainement d'aviron de mer. Le vent, ayant comme prévu tourné dans le bon sens, la nuit fût calme. Le lendemain, le bateau profite d'un vent sur la hanche babord de 10 nds pour filer tranquillement à 6 nds sur une mer belle. En longeant la côte, on aperçoit très bien la sacrada Familia en approche de Barcelone.


La sacrada Familia vue de mer
On se sent petit

A l'arrivée à la marina de Port Vell, il faut caser le bateau dans une place étroite et le cap'tain et un peu tendu pour la manoeuvre. En y allant doucement, le bateau trouve sa place avec les félicitations du Marinéro qui nous accueille.

Bien amarré, notre "grand bateau" parait tout petit à côté de ses congénéres. Qui, eux même, paraissent dérisoirement ridicule en taille par rapport au magnifique ketch de 50 mètres amarré en face.

Comme quoi, on est toujours le petit de quelqu'un ! Et il faut mieux un petit chez soi qu'un grand chez les autres.


Notre petit chez soi
Le grand des autres

Nous passerons ensuite, sous l'égide de la marina du Real Club Nautica de Barcelone sur un ponton le long du quai muelle de Bosch Y Alsina à deux pas de la statue de Christophe Colom. On y pénètre par un passage qui s'ouvre toutes les demi-heures: la Rembla del Mar coulisse sur elle-même pour laisser passer les bateaux . C'est là que nous attendrons les participants au Rallye de l'Olivier auquel nous participons avec la Santa Eulalia, superbe goelette à trois mats datant de 1918 comme plus proche voisine d'amarrage.


La Rembla del Mar
Au quai

C'est l'occasion de visiter cette belle ville avec ses monuments célébres, dont l'impressionnante Sacrada familia, que nous avions apercu depuis la mer et le jardin Guel aménagé par l'architecte Gaudi. La visite du musée Picasso nous est gracieusement offerte dans le cadre de la journée européenne des musées. Il est étonnant de voir l'évolution de ce peintre dont les interpretations du tableau des minimes est un des exemples étonnant.


Sacrada Familia
Parc Guel

Nous profitons de l'escale pour découvrir à pied la vieille ville et ses petites rues animées. La rembla qui s'étale entre port et place Catalunya est le lieu de déambulation et de rencontre des supporters de foot, des touristes et des barcelonais de tous ages. Toute la journée, on croise les mimes, les portraitistes, les vendeurs de fleurs qui s'éparpillent entre les terrasses de restaurant et des bar à tapas.


Les petites rues
La Rembla

Nous avons notre superbe marché "mercat Boquéria", peu éloigné sur la Rembla, où la cap'tine trouve son bonheur entre les étals de poisson, de fruits et legumes variés et les charcuteries où l'on trouve le jambon qui fait notre regal entre Serano ou Pata Negra.


Mercat Boqueria
Des étals qui font envie

Sur les conseils de Claire, une jeune française qui vit à Barcelone depuis 6 ans et qui passe une soirée avec nous, nous dégustons les petits bar à tapas et autres menus plaisirs gustatifs. Nous aurons une pensée pour elle car nous ne pourrons la revoir, car elle du rentrer en France pour un décès familial.


Mirador de Colom
Ancien et moderne

Philippe et Martine nous rejoignent à bord pour participer au Rallye de l'Olivier. Premier embarquement pour Martine qui va passer sa première nuit en mer. C'est sous le soleil et devant ramon et melones arrosé d'un Douro que se fêtera l'arrivée.


Arrivée des touristes
Déja des équipiers

La prochaine étape sera le Rallye de l'Olivier dont nous reparlerons


Evènements du monde

Le dimanche 16 mai, parti au hasard des rues nous avons été attiré par des sons de trompes, des klaxons de voiture, des bruits d'explosion qui conduisaient vers la Rembla. Plus on approchait plus les chants, les sons des tambours se mêlaient dans une belle cacophonie. La Rembla prenait des couleurs bleues et grenats entre les drapeaux et les maillots des supporters de la Barsa, club fétiche de Barcelone.  La remontée de la Rembla vers la place Catalunya se faisait au coude à coude guidé par la clameur qui s'amplifiait.

Nous demandons ce qui se passe a un petit monsieur, dont la femme était perchée sur le dossier d'une chaise : Barsa campions nous répond-il en brandissant une main en carton sur lequel était inscrite cette phrase. La Barsa venait de gagner le championnat de ligue de Football d'Espagne.


Délire sonore et lumineux
les grappes humaines

N'étant absolument pas féru de ce sport, la ferveur et la bonne ambiance qui régnait des enfants aux personnes âgées en passant par une jeunesse qui montait sur les lampadaires pour brandir les maillots et les drapeaux de la Barsa et de la Catalogne révélait une communauté, fière d'un plaisir qui dépassait largement les limites du sport.


Météo du mois


La dépression du 5 mai
la neige sur les pyrénées

Le début du mois nous a gratifié d'une dépression hivernale bien arrosée à 988 mb générant des vents de 50 nds avec rafales à 60Nds qui a balayé le bassin méditerranéen du golfe de Valence à la Provence avec des températures incitant au chauffage du carré.

Après une petite accalmie, nous avons retrouvé le froid et la pluie à Barcelone pendant quelques jours puis le soleil est revenu avec des températures fraiches qui ont progressé dans le bon sens avec l'arrivée de l'anticyclone.

En Mai, fais ce qu'il te plait

10/07/2009

Lisbonne (Oeiras) - Portimao

Départ à 9h 15 fixé par le cap’tain pour prendre la marée pour une traversée de 23 milles afin de rejoindre Sesimbra à l’est du Cabo Espichel. Après trois semaines sans naviguer et avec nos jeunes équipiers pas amarinés on fait une petite mise en jambe. Nous quittons la marina d’Oeiras où la gentillesse du personnel et l’environnement agréable nous ont fait passer les semaines d’attente dans les meilleures conditions. Une marina à recommander.

Cabo Espichel
Baie de Sesimbra

Par 8 Nds de NW nous partons portant sous Genaker et GV. Les vitesses sont moyennes et la petite houle n’incite pas à des repas pantagrueliques. Après le passage du cap, le vent fraîchit à 18 nds et par travers nous filons à 7 nds vers l’anse de Sesimbra. Nous mouillons devant la forteresse avec un mouillage balayé par le Nordata qui nous fait un peu danser. On apprécie le catamaran dans cette situation. Ces vents vont nous bercer jusqu’en milieu de nuit où ils se calment. Ce n’est pas le cas pour la sono de la fiesta sur la plage qui poussera la fête jusqu’aux premières heures de l’aube. Compte tenu de certains impératifs d’inscription universitaire pour Laura, nous décidons de repartir pour Portimao avec une escale à Sines.

En route ....
... vers Sines

Petit temps le matin avec brise qui monte progressivement jusque vers 14 heures, heure à laquelle nous mouillons devant la marina de Sines (prononcer « cintch) après une petite ballade de 30 milles.

Coucher de soleil ...
... à Sines

Nous avions repéré de loin les cheminées des industries lourdes et pétrochimiques de ce port qui peut accueillir des tankers de 500000 t, mais une fois au port on se trouve devant une jolie petite bourgade surplombée par son château. Ce petit port de pêche qui a vu naître Vasco de Gama, s’est adjoint une superbe petite marina. Pour le premier soir, on décide de rester tranquillement au mouillage où nous serons bercés par des chants locaux. On doit faire la tournée des fiesta côtières.

Le port de pêche
Vasco de Gama

Nous décidons de rester 24 heures pour visiter et de bon matin (vers 8 heures, j’en vois qui sourient), nous quittons le mouillage pour s’amarrer en douceur à quelques encablures sur le ponton de la marina sous notre vent. Très agréable accueil du personnel, qui voyant que nous sommes Français s’empresse de nous dire que c’est le Festival de la gastronomie qui se déroule en ce moment avec concours des meilleures recettes de sardines.

La marina
La Praia

Après les formalités d’usage, nous tentons un bain sur la plage à côté. Une particularité des côtes Portugaises est la fraîcheur de leurs eaux. Nous ferons quand même quelques brasses, bien réveillés ensuite.

Après une petite sieste, nous sommes dans le sud et le soleil tape dur, promenade dans la vieille ville qui grimpe à flan de colline. Ses petites rues sont très agréables et la vue sur la marina confirme bien l’abri de qualité accessible par tout temps entre Lisbonne et Cap St Vincent.

La vieille ville
et le castello

Après une petite Caïpirinha (Recette) pour fêter le passage en deuxième année d’école d’ingénieur d’Emeric qui a été prévenu par ses amis, nous nous se coucherons tôt, car une grande journée de navigation nous attends le lendemain pour rejoindre Portimao.

Départ prévu et effectif à 6h30 de façon à passer le cap St Vincent si possible avant 14 heures, heure à laquelle le vent devrait forcir. Pour avoir passé le Cap, presque sans vent à l’aller et avoir vu les marmites générées par les courants, je préfère tenir l’horaire.

Sous Gennaker/1 ris nous prenons le vent dès la sortie du port à 13-15 nds avec mer de l’arrière. Nous marchons 5 à 6 nds avec le courant pour nous au grand largue. Dans la matinée le vent monte progressivement en force et nous arrivons à st Vincent avec  18 à 22 nds et une mer qui se forme avec de belles vagues de trois quart arrière. Le bateau augmente sa vitesse et nous dépassons pour la première fois les 12 nds en surf sur une vague.

Nous tirons un peu au large pour éviter les remous et pouvoir envoyer sur un seul bord après avoir empanné. Nous profitons de l’empannage pour rouler le gennaker car nous sommes à plus de 25 nds de vent réel et nous envoyons le solent. Après l’empannage nous allons quitter le grand largue pour un travers/bon plein et un vent qui monte encore d’un cran. Nous prenons le deuxième ris et roulons un peu de solent. Le vent atteint et dépasse les 30 nds et heureusement la mer est cassée car nous passons sous le vent de la côte. Le bateau file entre 8 et 10 nds sur une mer un peu hachée mais sans houle. A 15h30 nous laissons la pointe de Sagres dans notre nord et nous bouclons les derniers 20 milles à 8 nds de moyenne.

Après le passage de la baie de Lagos, où le vent remonte un peu car nous ne sommes plus protégés de la côte nous arrivons à 18 heures à Portimao où nous mouillons à l’intérieur du brise lame à l’embouchure du Rio Arade sur fond de sable. La brise nous bercera jusqu’en fin de soirée avant de nous donner une bonne nuit calme.

Cette traversée est la première de Laura qui aura vaillamment lutté contre les éléments avec un estomac un peu barbouillé qui s’oubliera vite sur les derniers milles. Mimi, selon ses vieilles habitudes a profité de la couchette, mais était toujours présent, en cas de besoin, pour les manœuvres.

Le lever est matinal le lendemain pour emmener en annexe Emeric et Laura qui doit trouver un cybercafé pour faire son inscription universitaire dans un créneau horaire serré. Tout sera fait à temps. On s’offrira une nouvelle Caïpirinha pour fêter cette belle traversée qui a vu Brise dhe Mar passer la barrière des 12 nds et rencontrer ses premiers vents de plus de 30 nds.

Départ en annexe
Anniversaire cap'tine

Le lendemain, afin de poursuivre le rodage du moteur de l’annexe nous remontons le Rio Arade jusqu’à Portimao et nous fêterons l’anniversaire prochain de la Cap’tine avec nos vaillants équipiers devant de magnifiques poissons grillés à Ferragudo. Retour pour sieste post-prandiale et post-rosé de l’Algarve.

07/07/2009

Messages de Brise dhe Mar

7 juillet 2009
Nous sommes partis de Sines à 6h30, portant grand largue avec 18 nds de vent (gennaker + 1 ris dans la grand-voile) forçant en arrivant au cap St Vincent où nous avons empanné, changé le gennaker pour le solent et pris un deuxième ris pour faire un second bord au bon plein avec 25 à 30nds de vent. Nous avons fait des pointes à 12nds au surf et des bords réguliers entre 8 et 10nds. Une moyenne de 7 nds sur la traversée avec arrivée au mouillage à Portimao à 18h (74,26 milles nautiques au compteur).
A+ Dom

10 juin 2009

Brise dhe Mar amarré à la marina d'Oeiras à 7h45. Belle remontée depuis le cap St Vincent avec des pointes à 9 nds au bon plein par 13 nds de vent. Belle houle. Le catway tangue un peu à l'arrivée.
A+ Dom

9 juin 2009
Brise dhe Mar a franchi la barre des 1000 milles nautiques le 8 juin à 20h30 à 5 milles nautiques au sud du Cabo de Santa Maria (au sud de la ville de Faro) par mer agitée avec houle de sud-ouest et vent de sud-ouest à 16 nds. Point : 36°53'722 N et 7°51'751W. Il tirait des bords pour se dégager du cap en direction de l'ouest. Contrôle police maritime Portuguaise à 4 h du matin au sud de Vilamoura.
L'équipage ayant passé une meilleure nuit avec un peu de sommeil et le cap'tain également (certaines mauvaises langues disent même qu'il a ronflé). Après avoir étudié la météo qui laisse envisager du SW portant jusqu'à Lisbonne, le cap'tain soumet avis de l'équipage et décide de pousser jusqu'à l'étape prévue. A midi nous sommes dans le sud du Cap de Sagres puis nous laissons le Cap St-Vincent dans notre est. Le Saint patron des vignerons s'est fait beau avec une belle houle Atlantique et une mer d'un bleu profond pour laisser passer Brise dhe Mar aux couleurs de la Bourgogne et de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Le tastevin en proue de Brise dhe Mar goûte aux eaux Atlantiques à défaut d'un Côtes de Nuits ou d'un Côtes de Beaune (ne faisons pas de jaloux).
A+ Dom

8 juin 2009
Nuit un peu fatiguante, beaucoup de bateaux de pêche et de filets. Nous tirons des bords depuis Gibraltar pour essayer de passer le Cap St-Vincent. Après s'être extrait difficilement des courants du détroit de Gibraltar et avoir tiré un grand bord le long des côtes du Maroc, le deuxième bord nous a emmené voir la Baie(le) de Cadiz, entre le Cap St Vincent et Rio Guadanie au sud du Portugal. Elle ne nous a pas fait les yeux  de l'amour et c'est sous un ciel bas et gris et avec un vent de 18 à 20 nds, que nous tirons des bords en direction du cap St-Vincent. La météo est instable Nous ferons certainement un arrêt à Lagos, car compte tenu des temps de route nous serions trop tard à Lisbonne pour le retour de Raphael. Cela devrait correspondre aux premiers 1000 milles de Brise de Mar qui a besoin de révisions. Cela permettra également à la cap'tine et au cap'tain de souffler un peu après ces longs mois assez denses. Arrivée normalement prévue demain.
A+ Dom

1er juin 2009
Le 31/05, en milieu d'après-midi, nous sommes dans l'est du cap de Gata où nous devons ruser avec les courants et un vent qui vire au SW. Grâce au système AIS (Automatic Identification System) embarqué sur notre logiciel de navigation, il est possible de connaître en temps réel le nom, la position, la direction et la vitesse des navires de commerce qui nous cernent dans les deux sens lors du passage du rail maritime que nous croisons.
La nuit déroule sa voie lactée et nous nous engageons dans la baie d'Alméria. La nuit sera plus calme que la précédente et Colombine a pris ses quartiers de nuit, bien à l'abri du bimini pendant que les femmes et les hommes de quart veillent.
Ce matin, les vents variables dans la baie nous obligent à adapter cap et voiles pour gagner dans l'W. Dans la matinée la brume nous entoure dans son coton léger et incite à la veille radar et visuelle.
Profitant des brises de mer nous tirons des grands bords sur mer plate avec le courant que nous sommes allés chercher près de la côte.
A+ Dom

31 mai 2009
Cette nuit Brise dhe Mar a subi le baptême du feu. A 1h30, le ciel s'illumine par intermittence tout autour du bateau. On fait des tours dans le solent et prend un ris. A 2h la fête commence avec des éclairs qui cernent le bateau tout autour. Le vent monte et sous pluie battante il faut barrer devant les changements incessants de direction du vent.
Sous 26 nds, Brise dhe Mar s'envole à près de 10 nds. La fête dure une heure; impressionnant ! Une deuxième tournée deux heures plus tard, puis la fin de nuit se calme. Colombine, notre tourterelle adoptive depuis deux jours s'est abritée en pied de mat et réapparaît ce matin pour un petit en cas. Le temps est encore incertain avec des vents variables faibles. A 11h : 36°45N / 0°43 W.
A+ Dom

30 mai 2009
Position 37°47 N, 1°26 E. Nuit avec des vents variables de NE. 100 miles en 24 heures. On descend un peu sud avant de tirer W pour rejoindre les côtes Espagnoles. On a un courant favorable. On marche à 6,5 nds au travers avec 12 nds de vent WN, on va mettre plus de temps que prévu pour rejoindre Lisbonne vu la météo.
A+ Dom

29 mai 2009
On quitte Palma. Mouillage à bord à 8H. Vent NE 5 à 8 nds. Sortie de la baie tranquille au portant.
Direction Ibiza à laisser à Tribord.
So long - Dom

27 mai 2009
Après une traversée sans problème nous avons mouillés à 8h30 sur une plage à Palma de Majorque pour laisser passer le coup de vent (48 h de traversée). Traversée un peu longue car nous étions parti pour Salou, nous avons obliqué Barcelone n'étant plus dans les temps pour voir Emeric.
248 milles au compteur pour Brise dhe Mar. Vent 0 à 20 nds. Nous avons évité les zones à coup de vent.
Rencontres : marsouin, baleine, requin et autres...
On reste là jusqu'à demain ou après-demain selon évolution météo.
So long - Dom

16/06/2009

De Gibraltar a Lisboa

Le cap’tain vous ayant déjà fait le récit du parcours , je ne ferai que mettre ma petite note personnelle. Je voudrais déjà te rassurer cher François, les bords de près ne t’étaient pas réservés lors de nos croisières. Eole et le cap’tain se seraient-ils ligués pour faire louvoyer Brise dhe mar tout au long du trajet ? Si la Méditerranée nous avaient accueilli en tee shirt, l’Atlantique fidèle à lui- même nous a fait revenir au polaire et ciré.

La remontée sur la côte portugaise nous a obligé à ouvrir grands, yeux et oreilles car entre les cargos, les pêcheurs, les filets, la vigilance était gage de sécurité. Mais le vent frais, la houle, la veille n’ont pas entamé le moral de l’équipage. C’est un scintillement de lumières qui nous a accueilli pour franchir au petit matin l’entrée de la marina d’Oeiras où le cap’tain nous a fait glissé tranquillement jusqu’au ponton. Là, j’avoue humblement que mon sommeil ayant été largement amputé durant les jours précédents, l’appel de l’oreiller n’a pas tardé et je me suis plongée avec délice dans un sommeil réparateur. Les jours suivants, le temps s’est échelonné entre toilette du petit, ballades et visites avec repérage du nécessaire point d’approvisionnement, eh oui, en bateau on ne vit pas que d‘amour et d’eau fraîche !

Début de découverte de Lisbonne, ville à l’illustre passé maritime, avec la Tour Bélem, d’autres monuments nous attendent pour parfaire notre culture portugaise. Mais les filles ne croyez pas que le sport est mis à l’index au profit de la nonchalance, pas du tout, car il faut les mériter ces sites et le soir nous sommes bien contents de poser les chaussures et reposer les jambes. De plus en bateau, côté entraînement step, pas de souci, avec les régulières descentes en cabine, les cuisses sont en action. Lors de la journée dominicale, le capt’ain a négligé la méditation, pour s’adonner à la couture, mais celle des voiles, je vous rassure.

Quant à la capt’ine, inauguration de la super table pliante et du fer à repasser, il faut bien renouer un peu avec les habitudes de la vie classique. Donc pour le moment Brise dhe mar et son équipage étant au repos si vous avez soif d’aventures mettez votre clic sur les récits passionnants et imagés de Brice. Plongé depuis un mois dans l’outback australien, il vit au rythme de Bumbo, son van, en allant de découvertes en merveilles insoupçonnées dans ce pays qui est un monde en soi. ( http://austrabri.unblog.fr/ )

11/06/2009

Gibraltar - Lisbonne

Départ 6h30 fixé par le cap’tain en raison de la marée et des prévisions météo qui nous laisse entrevoir des vents de SW après le cap St Vincent qui nous mèneraient portant sur Lisbonne. L’appareillage a été préparé la veille et en un quart d’heure les amarres sont larguées et Brise dhe Mar quitte la marina sans bruit.

Le départ ...
... de Gibraltar

La grand voile est envoyée et nous tirons sur Tarifa qui marque la fin de la baie de Gibraltar. Le vent est faible et nous marchons au moteur. Passé Tarifa, on envoie le gennaker.

La passage ...
... de Tarifa

Nous voilà passés dans l’Atlantique et la houle lente se fait sentir. Nous quittons la Méditerranée avec ses vents changeants et souvent imprévisibles pour une mer plus puissante mais plus régulière.

En laissant Tanger à babord à quelques milles, on descend le long des côtes Marocaines sur une option du logiciel de routage par rapport à la prévision météo donnée par les fichiers Grib reçus par internet.

Les côtes ...
... Marocaines

On en reparlera plus tard. Cette option sera mauvaise car les fichiers qui servent à faire ces calculs ne sont pas adaptés à la marche réelle du bateau. Il faudra les réactualiser mieux que ce que j’avais déjà fait sur des données théoriques.

Après avoir fait le point, nous virons de bord en direction de la baie de Cadiz. La mer est belle avec une grande houle. Nous nous rapprochons du cap de Trafalgar qui fût le spectateur de la célèbre bataille navale du même nom.

A partir de la nuit, un grand bord avec un vent qui adonne (terme à creuser pour les curieux) nous allons dessiner le contour de la baie avec notre route.

Au petit matin le temps devient maussade et la Baile ne nous fait plus les yeux de l’amour. Il va falloir tirer des bords avec un vent qui monte à 15-18 nds en plein dans notre direction dans une mer un peu formée avec la houle de face.

A 20h30, Brise dhe Mar franchit la barre des 1000 milles par 36° 53’ 722 N et 7°51’351W à 5 milles dans l’W du Cabo de Santé Mana. Ne seraient-ce les problèmes inhérents au manque de finition du chantier, il marche bien et peut être fier de ses premiers pas.

Toute la nuit nous allons enchaîner les virements de bord pour franchir le cap ;

Vers 4 heures du matin, je suis réveillé par Raphaël pour reprendre mon quart avec de la visite. La policia Maritima vient au nouvelles. Très courtoisement, on nous demande par VHF les informations sur le bateau, l’équipage et la destination et après un Obrigado nous poursuivons notre route.

Au large de Portimao, nous croisons des pêcheurs au travail qui font leur dur métier toute la nuit pour que nous ayons une bonne sole dans l’assiette à midi.

Rencontres ...
... de chalutiers

On envisage un moment de s’arrêter à Lagos, car l’équipage est fatigué par ces nuits un peu difficiles.

Profitant de mon quart je reprends des fichiers météo par téléphone satellite qui confirment une situation favorable avec des vents de N jusqu’à St Vincent et de SW après ce qui ferait nos affaires. Je réveille les équipiers pour leur annoncer la bonne nouvelle de la poursuite de l’étape.

Au petit matin le Nord est là et nous pousse gentiment vers le cap de Sagres puis celui de St Vincent que la cap’tine aborde sans complexe. Le St-Vincent, patron des vignerons veille sur Brise dhe Mar et nous laisse passer au milieu des courants qui viennent perturber la grande houle de NW qui nous cueille dès l’abri des caps dépassés.

Le cap de Sagres
Le cap de St-Vincent

Par ce petit temps, c’est déjà impressionnant. J’imagine ce que cela doit être lorsqu’il y a vraiment du vent. Je pense qu’il faut mieux s’éloigner sérieusement et suivre le vieil adage : Si tu veux faire un vieux marin, arrondis les caps et salue les grains.

Passé le cap, nous allons pouvoir tirer un grand bord jusqu’à Lisbonne soit 100 milles d’une traite. Le bateau monte bravement à l’assaut d’une forte houle qui devient régulière lorsque nous sortons des hauts fonds.

Le vent annoncé arrive et sous 13 nds au bon plein, Brise dhe Mar s’en donne à cœur joie et file entre 8 et 9 nds. C’est grisant. Qu’est ce que cela doit être à 25-30 nds sur les navires de course.

N’ayant rien d’autre à faire qu’à surveiller le passage d’autres navires, c’est le moment pour le cap’tain de récupérer un peu et de s’envoyer un petit somme.

Pendant ce temps là, la cap’tine nous prépare un superbe clafouti aux cerises qui sera le bienvenu au réveil.

Les pronostics nous placent une heure d’arrivée plus tôt que prévu qui nous fera profiter de la marée montante pour arriver juste à l’étale, évitant ainsi les forts courants qui courent sur le Tage.

L’arrivée de nuit nous permet de repérer facilement les feux qui vont guider notre atterrage. La bouée N° 2 du chenal est relevée puis les feux d’entrée de la marina. Un vilain nuage noir nous arrive par le nord et nous sommes très satisfaits d’embouquer le chenal Barra Sul au bon moment de la marée.

L’entrée de la marina est très étroite et il faut faire un 90° quasiment sur place pour entrer. Le jour se lève à peine que nous avons une belle place qui s’offre juste devant nous. On ne se pose pas de question et on vient terminer tranquillement notre erre contre le catway. Les aussières sont tournées.

La capitainerie n’ouvre qu’à 8 heures. Les équipiers s’offrent un petit somme pendant que le cap’tain finit de ranger le bateau. On n’avait pas fait attention que le Portugal vit avec une heure de décalage avec la France. C’est l’occasion d’admirer le forte Buggio qui protégeait le chenal et qui se trouve en face de la marina ainsi que le Ponte de 25 abril au loin qui traverse le Tage.

Le forte Buggio
Le ponte de 25 Abril

Nous sommes très bien accueilli par un jeune personnel. Premiers échanges en anglais puis en français à la capitainerie avec un jeune qui se fait un plaisir de se perfectionner dans notre langue. On échange pour apprendre les premiers mots de portugais. Les formalités sont vites expédiées. Les douches sont à 10 mètres et la première, bien chaude est à savourer. Je m’en étais fait une petite durant la traversée pour tester la faisabilité en navigation se qui rend jaloux la cap’tine qui s’était lavé à l’ancienne dans un petit bac d’eau : « les privilèges du cap’tain »

Ensuite finir d’amarrer correctement le bateau, brancher eau et électricité et on se fait un petit jambon-comté qui retape.

Raphaël a pu réserver un avion pour le début d’après-midi et je l’accompagne jusqu’au taxi un peu plus loin car l’accès à la marina est bloqué pour cause de triathlon. Nous nous retrouvons en tête à tête, la cap’tine, Brise dhe Mar et moi. Il va être temps de réfléchir à notre nouvelle vie, ce que nous commençons à faire par un petit pot au bar de la marina.

C’est jour férié, aujourd’hui à Lisbonne et beaucoup de monde marche, court ou régate. Il y a parait-il bal dans les rues ce soir.

La cap’tine est déjà plongée dans les documentations de la région qui nous ont été offertes par la marina. Le cap’tain fera une bonne nuit avec ou sans bal et demain grand nettoyage et début des réparations du bateau avant promenades et découverte de Lisbonne où nous retrouverons des amis en fin de semaine.

Après 1100 milles nautiques parcourus (plus d’une demi-traversée de l’atlantique), Brise dhe Mar et l’équipage vont se refaire une petite santé quelque temps avant de poursuivre l’aventure.

05/06/2009

De la terre à la mer

Depuis le 6 Mai au soir nous avions pris possession de notre nouvelle résidence mais tous les problèmes n’étant pas résolus il a fallu faire face à un défilé permanent d’ouvriers ne permettant pas de se sentir vraiment chez soi, la cap’tine ne pouvant pas créer son petit univers à sa guise ! La vie à bord s’est installée dans un environnement très stable tant que Brise dhe mar était au ponton en attente de son départ. Depuis il a fallu s’adapter à un milieu plus remuant  Les journées en mer se rythment en fonction de la météo et des quarts pour diriger notre étrave vers d’autres lieux et selon le vent le plus favorable.

Que dire de ce début de changement de vie ? C’est sans conteste un tournant. Tout ce que nous faisons à terre par réflexe devient sur un bateau, source de réflexion et d’anticipation. Faire sans gaspillage est le maître mot. Ranger devient un acte de bravoure car tout doit être à sa place pour le moment opportun et dans un espace qui est bien différent de la maison. Prévoir l’avitaillement en suffisance et adapté aux différents moments de navigation pour que l’équipage garde bonne forme et bon caractère ! Surtout le cap’tain….Garder bon pied »marin » et surtout bon œil pendant la navigation.

L’espace de vie de Brise dhe Mar m’a permis de me sentir très vite à l’aise. Un carré large et clair, une cuisine fonctionnelle, des instruments de navigation avec lesquels je me familiarise m’ont permis de mieux appréhender les débuts de cette nouvelle étape dans le monde marin. Je n’ai pas encore l’étoffe d’une grande navigatrice mais je vais m’y employer et j’espère qu’au retour je pourrai rivaliser avec le cap’tain ! …Tout un programme...

L’appréhension du départ s’est volatilisée plus vite que je ne l’aurais pensé. Le début du parcours plus long que prévu, météo oblige, a permis de s’adapter à plusieurs jours en mer et de trouver ses nouveaux repères. Loin du cadre de vie qu’était le mien jusque là, je redécouvre la vie en bateau avec ses exigences et ses bonheurs simples : arriver dans un lieu nouveau et découvrir, croiser des dauphins venant jouer avec l’étrave, une baleine soufflant au loin, des globicéphales mystérieux (n’est-ce pas Mélanie ?), un ciel étoilé en pleine nuit, un petit déjeuner face à la grande piscine.

A cela s’ajoute le plaisir des rencontres, nos voisins de ponton à la marina sont des bretons en partance pour la Crête, nous avons échangé quelques mots sympathiques, cela se fait bien plus naturellement que dans notre vie citadine. Ce qui est aussi très agréable c’est de prendre le temps, même si le vent et la mer nous imposent leur tempo, la sensation de liberté est plus présente. On change de références car les heures s’écoulent à un autre rythme, loin des sempiternelles nouvelles négatives. Depuis notre départ, à part la météo marine, nous n’avons pas écouté les infos et il est vrai que cela ne nous manque pas beaucoup.

La lecture des mails est par contre un grand plaisir et je suis ravie de voir que beaucoup nous suivent depuis notre projet et notre départ. Je n’oublie pas pour autant les copines et pense à elles, mais j’aurai tant de choses à leur raconter que cette absence sera riche de nouvelles et d’expériences. Ce n’est bien sûr que le début mais il est pour moi déjà positif.

Alors les filles si vous voulez tenter l’aventure même quelques jours je vous attends, n’hésitez pas. Quant à nos garçons je suis ravie de voir qu’ils sont partie prenante à cette aventure et nous soutiennent dans ce projet. Brice nous a dit avant son départ pour l’Australie que ce projet lui montrait qu’à tout moment et à tout âge on peut réaliser ses rêves, bousculer sa vie. Nous sommes heureux de voir que chacun à leur manière, ils ont acquis l’indépendance, la volonté d’entreprendre, de faire des choix, la curiosité, la mobilité et de vivre au mieux leurs passions. C’est un grand réconfort qui fait que ce départ ne me laisse pas de regrets.Voilà quelques premières impressions «d’ une fille en bateau ». Je vous quitte pour cette fois et pour un après midi très chargé : farniente et ballades à la découverte du Rocher !

Au revoir. Good bye. Adios.

Car en plus du bateau, les révisions Anglais, Espagnol s’imposent à bord.

La Cap'tine

04/06/2009

Palma - Gibraltar

On lève l’ancre à 8h pour quitter la baie de Palma avec vent faible de NE. Les premiers milles alternent voile et moteur car le vent est très faible et instable. Vers midi le vent rentre ce qui nous permet d’envoyer gennaker et GV.
A 17 heures, nous sommes à 28 M dans l’est de l’ile de Tomago d’Ibiza, nous croisons un gros porte container et une flottille de pêche. Mélanie nous fait une tournée de crêpes assaisonnées au caramel au beurre salé. Un délice. La nuit se poursuit sur le même cap avec alternance de force du vent. On marche à 4 ou 6 nds.
Sur le matin une tortue fait ses ablutions à coté du bateau et salue d’un petit coup de nageoire.
L’après-midi le vent est favorable pour envoyer le spinnaker qui va nous tirer pendant deux heures à 6,5 nds. Le vent forcit et un petit coquetier nous incite à l’affalage bien aidé par la chaussette à spi.
Nous sommes suivi par deux thons qui ne nous lâchent pas pendant deux heures. On n’a pas encore eu le temps de préparer le matériel de pêche.

Le spinaker
Diner en mer
Dauphins

En début de soirée, un ban de dauphin vient jouer avec nos coques et nous montrer leurs belles figures artistiques.

Vers 23 heures, des orages apparaissent sous le vent, ils se rapprochent. A 30 milles dans l’est da Carthagène, les évènements se précisent et nous rentrons le gennaker, roulons un peu le solent et prenons un ris. Bien nous en prend car un quart d’heure plus tard, c’est le festival son et lumière. Nous sommes au milieu de la piste, et les responsables son et lumières s’en donnent à cœur joie. Le vent forcit jusqu’à 27 nds dans les grains et le bateau bien calé file ses 8 à 10 nds sous une pluie battante qui tient bien éveillé à 3 heures du matin. Après une légère accalmie, deuxième représentation, deux heures plus tard. Les éclairs frappent la mer à coté du bateau. C’est impressionnant. On était au méridien de Greenwich que nous avons coupé vers minuit.

Enfin vers 6 heures, cela se calme et nous pouvons relâcher les tours sur le solent. La matinée voit le vent nous abandonner certainement pour se reposer de sa nuit ce qui nous permet d’en faire autant.

Colombine, notre tourterelle adoptive qui a squatté le bord depuis la veille réapparaît après s’être sagement abritée au pied du mat pour la nuit. Elle n’est pas sauvage et commence à grignoter les miettes qu’on lui donne. Elle en profite pour nous laisser quelques souvenirs sur le pont.
En milieu d’après-midi nous sommes dans l’est du Cap de Gata où nous devons ruser avec les courants et un vent qui vire au SW. La présence de bateaux marchands en nombre oblige à une veille attentive.

Grâce au système AIS (Automatic Identification System) embarqué sur notre logiciel de navigation il est possible de connaître en temps réel le nom du navire, sa position, sa direction et sa vitesse. Ce système est embarqué sur les gros navires. Il nous apporte une aide précieuse pour pouvoir éviter les collisions en prévoyant les routes convergentes et en adaptant notre cap en conséquence.

La nuit déroule sa voie lactée et nous nous engageons dans la baie d’Alméria. La nuit sera plus calme que la précédente. Colombine a pris ses quartiers de nuit et pendant que les femmes et hommes de quart veillent, elle dort bien à l’abri sous le bimini.

Au matin, il faut surveiller les flottes de pêche qui quittent la baie. Les vents variables nous obligent à adapter régulièrement notre cap et nos voiles pour gagner dans l’W.

En milieu de matinée la brume nous entoure dans son coton léger et incite à la veille radar et visuelle. Colombine a pris ses aises et nous laisse des traces de son passage un peu partout. Maintenant que nous sommes près de terre, nous allons l’inciter à un retour à terre, lui ayant offert le voyage, le gîte et le couvert pendant deux jours.

Dans l’après-midi, défilent sous nos yeux les montagnes de la Sierra Névada : arcajon de Miurtas (1493 m), Pico Mulhacon (3481 m) avec ses sommets enneigés, puis Monte Maroma (2134 m). Au coucher du soleil, une troupe de Globicéphale (entre le dauphin et la baleine) s’ébattent à proximité et deux curieux viennent plonger entre nos deux coques. Vu la taille des bestiaux, on reste très attentif.


La nuit sera encore une peu agitée avec une houle d’W qui secoue l’équipage et une brume épaisse qui nous laisse voir guère plus loin que l’étrave du bateau. Heureusement AIS et Radar nous permettent de suivre les gros navires qui nous croisent. La corne de brume qu’ils émettent est assez sinistre et nous avons une pensée émue pour ceux qui se trouvent dans la même situation sans système de détection.

Au petit matin, la brume se déchire et nous apercevons les côtes de Marbella, où se succèdent des murs d’immeubles peu esthétiques.

Gibraltar s’offre à nous à une trentaine de milles. La mer en décidera autrement. Vers midi se lève le Poniente, vent d’W qui va souffler entre 20 et 25 nds en plein dans notre direction. Les courants qui auraient du être favorables sur une navigation tranquille s’en mêlent pour nous barrer la route. Nous allons tirer des bords toute l’après-midi dans une mer formée. Brise dhe Mar se comporte bien, mais il faut se ranger à l’évidence, nous ne passerons pas ce soir. On met le cap sur la côte et on mouille à l’abri du château de la Duchesse à Puerto Depotivo de la Duquesa. Nous passerons la nuit au calme bien accrochés dans 4 mètres d’eau sur fond de sable.

Réveil matinal pour ne pas se faire piéger une deuxième fois. Nous mettons le cap sur le Rocher en longeant la côte, puis dès le débouché du Caillou, nous retrouvons notre Poniente favori qui nous souhaite la bienvenue.

Le Djebel Tarik ...
... devenu Gibraltar

Nous croisons au passage les monstres des mer sur lesquels Thibault sera susceptible de nous croiser un jour. On se sent petit.

Monstres ...
... des mers

Brise dhe Mar décolle et en deux bords nous retrouvons la baie de Gibraltar où la mer et le vent se calment. Nous venons de passer notre premier Horn. C’est le nom du phare à la Europa Pte.

Passage ...
... du phare ...
... le Horn

Il nous faut trouver une marina pour régler divers problèmes techniques survenus depuis le départ du fait d’une finition imparfaite.

Un premier tour à Ocean Village qui est pleine à craquer et nous longeons la piste d’atterrissage qui plonge dans la mer pour rejoindre Marina bay où nous recevons un accueil chaleureux au Pier Office. Après un accostage parfait (mes chevilles vont bien), les formalités sont expédiées. Nous pouvons bénéficier d’une bonne douche au port et d’un bon petit repas avant la dernière manœuvre pour rejoindre notre place. Ce sera un peu chaud, car le Poniente s’exprime et venir placer un Cata de 16 m en marche arrière sur deux cent mètres entre deux quais avec le vent de face de 20 nds, cela donne quelques chaleurs au cap’tain. Il s’en tire pas mal et nous faisons une belle arrivée de quai. Après préparation d’une prise de quai adaptée, branchement de l’eau , nettoyage du bateau et des vêtements, il nous reste à découvrir ce gros caillou qui représente déjà une belle aventure pour l’équipage et 751 milles pour Brise dhe Mar.

La marina ...
... de Gibraltar

Canet - Palma

Aller couper la ligne là où est né le projet il y a trente ans est le moins que nous pouvions faire pour associer pleinement Brise dhe Mar à notre périple. Nous allons essayer d’y arriver.

Avant de partir, il faut procéder à l’avitaillement avec élimination des emballages superflus, marquage des aliments pour s ‘y retrouver. La réserve spéciale du cap’tain est mise de côté.

Avitaillement
La réserve

Le 25 à 8 heures nous quittons le port du Canet en Roussillon où depuis deux mois, les finitions du bateau n’en finissent pas de finir. C’est le début de l’aventure, et ce n’est pas sans émotion que nous franchissons la passe sous un ciel bas. Des avis de grand frais sont annoncé pour le lendemain sur toutes les zones qui nous concernent et nous ne voulons pas manquer la fenêtre météo.

Ciel bas
La passe

Direction Salou en Espagne où nous devons être avant le lendemain midi pour dire au revoir à Emeric. Compte tenu des calmes, nous alternons moteur et GV et gennaker pour essayer de garder une moyenne nous permettant d’arriver à temps. Vers le cap Béar, nous voyons un bande de requins, qui nous paraissent mutant, n’ayant pratiquement pas de queue et un poitrail très développé.

Les cap défilent les uns après les autres, cap Bear, cap Creus, cap Morfeu puis les premiers caps espagnols Bagur et San Sébastian.

Avec la nuit qui arrive s’organisent les quarts, qui pour nous seront des tiers. Cela permet de partager la nuit en quatre quart de 3 heures (c’est de la rytmétique).

Vent variable qui oblige des adaptations fréquentes. Vers 4 heures du matin, il est évident que nous ne serons pas à Salou à temps : décision est prise de piquer vers Les Baléares, d’autant plus que les avis de coup de vent se multiplient sur les divers bulletins météo en fFançais et en Espagnol. Eh, oui Mano, je comprends la météo espagnole…

On va alterner moteur et voile, car compte tenu d’un bateau encore mal maitrisé et d’un équipage à l’estomac encore peu solide, je préfère ne pas me trouver dans des conditions trop difficiles.

Au matin, visite d’un ban de marsouins qui viennent jouer avec nos coques.

Vers le milieu de l’après-midi on aperçoit les falaises de Palma, émergeant sous les cumulus qui nous avait déjà signalé l’île.

Un nouveau ban de marsouins vient réveiller la torpeur qui gagne l’équipage sur une mer lisse et un ciel voilé. Un peu plus loin deux baleines ondulent tranquillement. C’est décidément le jour des visites, un piaf vient faire escale à bord. Il visite le carré, fait une pause sur le pont et requinqué repart vivre sa vie.

Baleine
Marsouins
Piaf

Le vent qui a du entendre le chant des marsouins, arrive. On renvoie le gennaker.

Une nouvelle nuit se prépare : mettre les gilets, prendre les frontales, préparer la liste des feux rencontrés. Pendant que l’homme, et la femme de quart veillent, les autres essaient de récupérer un peu de la fatigue. L’amarinage se fait mais n’est pas encore totalement opérationnel. On prend toutefois un repas solide préparé par la cap’tine qui a veillé à une alimentation régulière depuis l’appareillage.

Nous parons la pointe de l’île et embouquons le chenal entre Majorque et Ibiza. Une bonne brise de 15 nœuds permet à Brise dhe Mar de montrer ses qualité avec des vitesse de 7 à 8 nds au près. Nous rentrons dans la baie de Palma à 5h30 où l’on tire des bords pour rejoindre le mouillage prévu à côté du Puerto de Cala Gomba.

Lever de soleil
sur Palma

A 8h30, l’ancre croche le sable, 48 heures après notre départ.

L’équipage est fatigué et a peu dormi car il faut le temps de trouver ses marques et de s’habituer à tous les bruits qui donne le ton à bord.

Un bon petit déjeuner, et chacun rejoint sa couchette pour un petit sommeil réparateur.

Après un déjeuner breton, cidre et crêpes préparées par Mélanie. On met l’annexe à l’eau ce qui est un peu sportif compte tenu de petites vagues qui nous font danser. C’est l’occasion de tester le moteur électrique en situation. A quatre dans l’annexe, on attaque les vagues avec 15 nds de vent. Il nous mène à bon port avec une consommation qui laisse envisager quatre allers et retour dans les mêmes conditions. Cela répond aux besoins attendus.


En attendant l’amélioration météo pour notre étape vers Lisbonne, la journée du lendemain va nous permettre de faire quelques travaux d’accastillage qui se sont révélés nécessaires comme notamment tendre un bout pour faire une main courante sur les côtés du bimini. L’option d’avoir choisi une main courante de soutien du bimini se révèle très utile. Un constat les dérives battent dans le puits. Il faudra trouver une solution pour remédier à ce problème qui à la longue pourrait entraîner une usure rapide.

La soirée se terminera autour d’un rôti de porc arrosé d’un petit Rioja pour fêter la première traversée de Brise dhe Mar. Le lendemain, premier bain matinal qui réveille sur fond de sable fin. Plusieurs allers et retours sont nécessaires avec l’annexe pour s'approvisionner en gaz-oil; il nous faut en gros, deux heures pour faire le plein. L’après-midi sera consacrée à faire le plein d’eau avec le dessalinisateur.

Déjeuner
1er bain
Terrasse vue sur mer

C’est l’occasion de se rendre compte qu’il y a des fuites sur le circuit de remplissage du réservoir tribord. Après avoir épongé et fait l’inventaire des causes probables, il s’avère que c’est certainement une fuite sur un tuyau dans un endroit peu accessible qu’il nous faudra réparer à Lisbonne. A priori, là comme pour beaucoup d’autres choses, aucune vérification n’a été réalisée par le chantier. Puis c’est le tour des toilettes qu’il faut démonter pour se rendre compte que la pompe fuit également. Après démontage complet, la fuite persiste. On condamne les WC jusqu’à Lisbonne.

Après cet après-midi bien rempli, petit moment de détente avant de faire une bonne nuit en perspective de l’appareillage du lendemain.

23/05/2009

L'Almanach - Mai 2009


Mai 2009
Prensée du mois

Pour voir loin, il faut y regarder de près - Pierre Dac

Nouvelles de Brise dhe Mar

Le mois de mai voit notre installation à bord avec notre première soirée le 7 mai C’est l’occasion de déboucher une bouteille de crémant avec notre préparateur Thibault, après une bonne journée d'emménagement.

Un petit Crémant
Après de belles caisses

Nous avons procédé aux essais de voiles la veille ce qui nous permet de voir le bateau répondre à la moindre brise avec toutes les modifications mises en place.

A la barre sous le Canigou
Un beau spi

Avec deux mois de retard, le chantier nous livre un bateau où de nombreuses finitions doivent encore être revues. Tous les jours c’est un défilé, des divers corps de métier pour une fuite par ci, un éclairage défectueux par là. L’électronique se fait également attendre pour avoir une configuration terminée telle qu’elle était prévue avec des petits soucis sur un pilote. Petite équation Française : pour immatriculer le bateau, il faut qu’il soit livré par le chantier, ce qui en clair signifie que si on veut pouvoir commencer à naviguer il faut acquitter un bateau qui n’est pas entièrement fini. C’est la que l’aphorisme de Pierre Dac prend tout son sens. Tous les détails doivent être passés au peigne fin.

Heureusement, il y a une équipe d’ouvrier très qualifiée avec des professionnels ayant à cœur de fournir un bateau le mieux fini possible. Entre les travaux, nous pouvons procéder à des manœuvres moteur pour se mettre le bateau dans l’œil en compagnie de Bruno, le skipper du chantier qui nous fait partager son expérience des Catana.

Préparation de la cave
Matelotage

Nous mettons à profit ces retards, pour faire du matelotage et divers travaux pour optimiser les rangements. Mise en place de sangles pour les coffre avant, passage à l’huile de teck des boiseries. La cave est aménagée au frais en fond de cale et l’échantillonnage de vins de Bourgogne (et d’ailleurs) peut se reposer au frais avant de tester le tangage comme mode de vieillissement.

Profitant d’un bon 25nds de vent de Sud-est, nous sortons avec Bruno pour faire les essais de prises de ris et étalonner drisses et bosses de ris. Avec une mer qui brasse un peu, une fois les divers réglages effectués, nous remontons au près avec deux ris et solent. Le bateau se cale et file entre 8 et 9 nds à 40° du vent. Le pilote prend la relève et se  montre meilleur barreur que moi. Il faudra encore un peu de temps pour prendre la mesure à la barre. Le retour est l’occasion d’un nouveau créneau avec un peu de vent. Les moteurs Volvo répondent bien et donnent une bonne capacité de manœuvre.Une première inspection montre que rien n’a bougé dans le bateau, il y juste un peu d’eau dans les fonds qui viennent de passants de coque insuffisamment serré. On procède aux réparations et à un test par arrosage sérieux.

Pour l’Ascension, l’essentiel de la préparation est réalisé. Il reste quelques questions en suspend qui seront résolu le dernier jour avant le départ. Il restera bien sur tout ce à quoi nous n’avons pas pensé et qui occupera nos réflexions durant les traversées pour alimenter la rubrique du livre de bord : « A faire à l’escale ».

Nous avons juste le temps de faire l’acquisition d’un petit stock de bouquins qui viennent compléter la bibliothèque du bord et de procéder à l’avitaillement avant d’aller accueillir le 23 nos équipiers, Raphaël et son épouse Mélanie, en droite ligne de la Bretagne. Le cidre les a précédés. Ils vont nous accompagner jusqu’aux côtes Bretonnes que Brise dhe Mar rallie en passant par Gibraltar pour faire connaissance avec son premier Archipel, celui des Glénans. Une petite escale est prévue à Salou (Espagne) où nous rejoindrons Emeric pour une paire d’heures.

L’appareillage est fixé au lundi 25 mai.

Evènements du monde

Absorbé à 100% par la préparation du bateau, nous n’avons pas le temps d’écouter les informations, ni de lire de journaux. Par contre, on peut remarquer que le Canigou quitte rapidement en quelques jours sa pelisse blanche pour un costume rayé plus printanier. Les goélands sont toujours aussi gouailleurs et nous avons la visite tous les matins de beaux poissons que nous pouvons admirer à travers notre hublot de sécurité : un aquarium en direct.

La meilleure nouvelle du mois : Benoist qui s’était offert malgré lui une plongée avec un gros tuba mécanique au pays des songes, a retrouvé les plaisirs de la vie et regagne son home pour respirer à pleins poumons l’air de sa campagne vendéenne.

Avis de recherche : Thibault a perdu son short de rugby envolé dans une rafale de tramontane dans le port de Canet en Roussillon.


Météo du mois

Entre tramontane et vent marin, les températures ont du mal à grimper au–delà de 20°. Comme dit un autochtone : quand il y a du vent, c’est bien parce qu’il ne pleut pas, et quand il pleut, c’est bien parce qu’il n’y a pas de vent. Vers le milieu du mois, légère amélioration qui permet quelques petits-déjeuners en terrasse.

En mai, fais ce qu'il te plaît ...

20090506sousvoile1.jpg

19/11/2008

1987 - Le Belem - 40 ans des Glénans

Pour le 40éme anniversaire des Glénans en 1987, une croisière sur le Belem au départ de Lorient avec escale à l’Archipel et remontée à Brest avant retour au point de départ, avait rassemblé une quarantaine de chefs de bord de l’association.

J’eus le bonheur d’en faire partie et d’en rapporter des souvenirs inoubliables de moments forts de navigation. J’avais à l’époque fait des prises de vue que je n’avais jamais pris le temps de mettre en forme. Cette note sera l’occasion de remédier à cette lacune.

Belem au large
Mouillage à l'Archipel

L’arrivée sur le Belem est impressionnante avec cette coque à la fois massive et élancée. La première impression en montant à bord est la complexité des manœuvres. Rapidement grâce à un équipage très au point et près à partager son savoir, nous allons nous familiariser avec le gréement et les manoeuvres qui nécessitent une bonne coordination de l’équipage sous la houlette du commandant Jean Randier et de son bosco Daniel Jéhanno qui nous réserveront quelques bons moments de navigation.

Découverte et premières manoeuvres

L’escale à l’Archipel est l’occasion d'inaugurer un bas-relief en l’honneur de Philippe Viannay, fondateur du centre de Formation International, qui deviendra le Centre nautique des Glénans, avec son épouse Hélène qui est présente. C’est l’occasion pour tous les présents d’assister à l’inauguration d’une éoliénne.

Quelques moments de la cérémonie des 40 ans

tasdepois.jpg

 

Ce sera ensuite un nouveau départ avec un équipage déjà amariné et motivé pour les manœuvres. Le commandant nous offrira une remontée du goulet de Brest par bonne brise sur un bord. Puis ce sera un grand moment que je n’ai jamais oublié : La traversée des Tas de Pois, situés dans le prolongement de la pointe de Pen-Hir à proximité du cap de la Chèvre. Je vous laisse apprécier l’intensité du moment.

 

La traversée des Tas de Pois sous voile

Le lendemain, après avoir mouillé derrière le cap de la Chèvre, nous ferons un départ du mouillage sous voile seule. Une manœuvre complexe qui fait culer le bateau sur près d’un mille avant de repartir après avoir décroisé les vergues.

Appareillage du mouillage sous voile

Comme toute croisière qui se respecte, après avoir briqué le pont et mis de l'ordre dans le gréement, nous fêterons tous ces évènements un verre à la main, l'alcool ayant été banni pendant la navigation. Certains se reconnaîtront peut-être. J’aurai une petite pensée pour celle qui chantait si bien "Et pourtant je ne suis qu'un fille" Jeanne, une très bonne navigatrice présente sur ces images. Ceux qui l’ont connu comprendront.

Les derniers bords avant le pot de l'amitié

00:00 Publié dans 05 Rencontres | Commentaires (1) | Tags : glenans, croisieres

18/11/2008

Antilles - Noël 2000

Après cinq ans sans naviguer, pris pas les impératifs professionnels et familiaux, il est temps d’entonner un bel air d’opéra en retrouvant sur « Tosca » les airs chauds des Antilles. Il y a 20 ans, l’aîné des mousses naviguait dans les eaux maternelles, réchauffé dans les eaux Grenadines. Le mousse a grandi, rejoint par les autres membres de l’équipe. C’est avec un équipage physiquement solide, que nous embarquons au Marin, en Martinique,sur un Venezia 42 en cette veille de Noël.

Découverte du Tosca
Aube au marin
Découverte du Tosca

Romain, Yolande, Quentin et Erwan arrivé depuis deux jours, nous attendent au bateau avec un petit punch et des acras qui nous remettent du décalage horaire. La première nuit sera bercée au son d’un orchestre antillais proche.

Après les formalités d’usage, nous pouvons appareiller le lendemain après un déjeuner à bord en direction de Grenade. L’alizé est bien établi et soufflera entre 15 et 30 nds toute la nuit avec grains. Nous mettons rapidement deux ris dans la grand voile avec le génois.

Départ du Marin
Réglages avant la nuit
Petit matin sur Grenade

Le bateau file au petit largue avec des pointes à 10 nds. Je tire au large des îles pour limiter les effets des canaux entre les îles.

L’équipage n’est pas dans la meilleure forme, la mer étant un peu agitée pour s’amariner. Le réveillon de Noël sera frugal, sauf pour les poissons. Après les grains, le ciel nous offrira une belle nuit étoilée ou Capella brille au zénith.

Après avoir laissé dans l’est, Ste Lucie, St Vincent, Bequia, Canouan, Union, Cariacou, à 6 heures avec le lever du jour, Grenade est en vue dans le sud. Nous longeons Grenade par l’ouest et remontons ensuite au près sur Prickly Bay où nous mouillons à 11 heures le jour de Noël. Nous sommes descendus à sept nœuds de moyenne.

Petite fatigue du matin
Grosse fatigue du marin
Réveil du marin

Dans le calme de la baie, sous le soleil, le moral de l’équipage remonte au beau fixe et les estomacs se remplissent avec un petit punch pour arroser la première grande traversée de nos amis.

La douane étant fermée pour cause de « christmas day », il nous faudra attendre le lendemain pour faire la clearance. C’est l’occasion des premiers bains alternant avec les siestes pour récupérer de la traversée et du décalage horaire.

Diner de Noël
St Georges
Diner de Noël

La clearance peut être faîte le lendemain, où le douanier sera présent à neuf heures, bien que nous soyons jour férié. A juste titre, dans un cadre aussi enchanteur, il demande, d’un ton sévère « somebody smoking ? » et une femme fumeuse de redescendre de la terrasse du cabanon qui sert de douane, ce qui nous permettra de passer remplit nos 8 exemplaires de liste d’équipage. Nous en profitons pour faire également la clearance de sortie, pour nous éviter un nouveau passage en douane lorsque nous quitterons les eaux de Grenade après la Petite Martinique.

Dans les rues
de
St Georges

Nous partons ensuite en minibus pour un tour dans l’île. Après arrêt à St George, la capitale avec ses rues en pente, où nous accompagne un grand gars en planche à roulette, nous partons pour Annandal falls. De solides gaillards, plonge d’une quinzaine de mètres dans la vasque sous la cascade. Les nôtres se lancent mais de plus bas.

Rencontre musicale
Annandal
Falls

On poursuit à travers de petites routes jusqu’à un lac d’altitude dont les eaux douces et la chaleur ambiante incitent au bain.

Noël
sous les tropiques
un hôte des lieux

Nous retrouvons des quantités importantes de noix de muscade dont Grande est le 2éme producteur mondial.
Les jeunes jouent à tarzan avec les lianes et rencontre Chita à proximité.

Affaire
de
lianes

La première soirée est l'occasion de prendre en main l'annexe pour les jeunes équipiers.

D'annexe
en
annexe

C'est l'occasion de quelques parties de cartes devant de belles unités comme Velesdha.

Velesdha
Matelotage
Coucher de soleil

Après cette bonne journée à Grenade, nous mettons le cap sur La Petite Martinique par 20 nds d’est.

Cap sur Petite Martinique
La vaisselle
Le matelotage

Cette fois l’équipage est amariné et profite pleinement de la navigation sous un soleil radieux.
Lectures, farniente et  quelques leçons de matelotage pour les novices.

Lecture
Farniente
Cariacou devant

Nous naviguons sous Grand voile haute et génois, partant de bonne heure pour profiter pleinement de la journée à l’arrivée. Il ne faut pas oublier que sous ces latitudes, le jour dure une douzaine d’heures avec lever à 6 heures et coucher à 18 heures.

Le catamaran nous offre des moyennes de 8 nds qui nous permettent d’abattre de la route dans d’excellentes conditions.

Cariacou
Déjeuner en mer
Systers Rock

Nous mouillerons à Albert Bay. Après une chasse au lambis sur fond de sable noir et visite d’un petit chantier naval où deux bateaux sont en cours de construction, nous finirons la soirée au Palétuvier Beach pour déguster nos premières langoustes de la croisière.

Petite Martinique
Albert Bay
Départ de Petite Martinique

Direction Union, après être passé entre Morpion et Punaise. Deux petits îlots de sable avec son parasol unique pour Morpion.

La traversée est rapide, et ce sera pour nous une escale technique. Nous nous amarrons au quai pour procéder à un certain nombre de réparations avec un technicien de l’agence que j’avais contacté par radio. Nouvelle Clearance qui nous fait défiler devant de nombreux agents en uniforme aux galons nombreux.

Velesdha
Goelette
Mayereau

Nous repartons rapidement après avoir refait le plein d’eau et de pain  en direction de Mayereau. Nous retrouvons avec plaisir Salt Whistle Bay où nous avions fait escale il y a 20 ans. La baie n’a pas changé avec sa langue de sable bordée de cocotier qui la sépare à l’est des Tobago Cayes. L’ancre bien accrochée à 20 mètres de la plage, c’est l’occasion pour chacun de mettre les masques et de partir à la recherche des poissons. A défaut de poissons , peu nombreux, les enfants rencontrent le Zizou national qui vient de débarquer d’un monocoque sur lequel il navigue.

La baie
La chapelle
Petit matin

Nous ferons la visite de cette petite île de 200 âmes, avec sa chapelle au sommet de la colline qui domine le village. Montée par un chemin ombragé et descente par une rue bétonnée avec vue sur Union. Les maisons comportent un système de récupération d’eau de pluie sur le toit. Le  Paquebot voilier du Club Med, mouillé dans la baie devant la plage du village déverse à grand renfort de navettes les transat et les matériels de plage pour les premiers GM qui débarquent pour la journée. Nous rejoignons notre petite baie beaucoup plus calme.

Après une sortie un peu difficile du mouillage en raison d’un bateau qui a collé son mouillage à côté du notre, nous gagnons les Togago en une heure.

Les Tobago
Langoustes à vendre
Cayes

Un premier essai de mouillage derrière Petit Rameau se solde avec un filin dans l’hélice qu’il faut aller débrider au couteau. Nous repartons pour mouiller au sud de Barabal, derrière la Horse Shoc reef. Cette fois-ci, contrairement à il y a 20 ans nous avons un moteur d’annexe et nous pouvons débarquer sur les îlots, dont Jamesby. Dans une eau turquoise, visite aux poissons coffre et aux tortues marines qui viennent tourner autour du bateau.

Nous avons la visite du vendeur de langouste et c’est un dîner festif qui nous attend.

De belles bêtes
Une bonne soirée
annoncée

La barrière arrête la mer mais pas l’alizé. Nous serons bercés toute la nuit par le vent qui joue sa musique entre les coques.

Sous 1 ris , génois avec un ou deux tours, nous allons tirer quelques bords par 20 à 30 nds en direction de Mustique où nous mouillons à Grand Bay après une traversée à 7 nds de moyenne.

Pour le dernier jour de l’année, du siècle, du millénaire, nous nous offrons une escale à l’île des milliardaires. (Bowie, Jagger, Welsh…).

Nous visitons cette île aux pelouses tondues ras entourant des villas rivalisant en surface et en architecture. Le seul établissement de l’île « le Basil Bar » rassemble une foule cosmopolite de l’américain aux scandinaves, en passant par les italiens et les anglais typiques. Les orchestres affinent leurs décibels pour la soirée.

Mustique
Voisin de palier
Baie de Bequia

Dès la tombée de la nuit, les trompes de brume, les pétards et les fusées de détresses illuminent le ciel. Les français fêtent le passage de l’année en France, Vers 20 heures, ce sont les Anglais. Vers minuit, tout le monde remet cela.

De nombreux bateaux ont sorti les guirlandes et les lumières et ce sont autant de sapins de Noël qui illuminent la baie.

Pour le cap’tain, le deuxième coup de semonce pour annoncer la nouvelle année passera totalement inaperçu. La fatigue du début de croisière cumulé avec celle de l’année, a laquelle se rajoute un ou deux punch ont eu raison de son état d’éveil.

Après une grasse matinée, en ce premier jour de l’année, on met le cap sur Port Elisabeth de Bequia que nous allons atteindre en deux heures avec de belles pointes à 10 nds, terminant au louvoyage par 30 nds de vent. Qui dit que les catamarans ne remontent pas au près.

L’après-midi permet la plongée avec PMT qui donne l’occasion de voir de beaux oursins noirs ainsi qu’une murène en ballade. La nuit sera calme.

C’est l’occasion de refaire du frais en visitant les étals et le marché de Port Elisabeth le lendemain. On traîne un peu le long des boutiques des vendeurs d’artisanat.

Les marchés
Côtes de baleine
Plage de Bequia

L’après-midi donne l’occasion de baignade sur la plage.

Lever de bonne heure, nous partons en direction de Ste Lucie. Le vent reste soutenu, et nous naviguons sous 1 à 2 ris et quelques tours dans le génois par 15 à 25 nds. Laissant st Vincent sur notre ouest, nous sommes obligés de faire un peu de moteur sous le dévent de l’île. Le canal entre St Vincent et Ste Lucie est avalé au près avec une houle régulière. Nous arrivons à Marigot Baie en milieu d’après-midi.

Les amis
Vers St Lucie
Les équipiers

La clearance faîte, nous pouvons constater la dégradation de cet endroit qui était si plaisant il y a 20 ans. De nombreux voiliers se bousculent sur une eau noire peu engageante. Une seule idée : quitter rapidement cet endroit promu, à tort, dans tous les dépliants touristiques.

Les pitoons
Marigot Bay
Derniers milles

Nous quittons la moiteur de Marigot bay, après la clearance, en direction de Rodney bay. Nous retrouvons un bon air marin. Nous voyons défiler le complexe pétrolier de Port Castries avant d’atteindre l’anse de Rodney Bay à 10 milles de notre point de départ.

L’anse est délimitée au nord par la presqu’île du Pigeon. Le national landmark est une zone protégée qui se visite.

Un hôtel assez vaste au toit bleu borde la plage calme près de laquelle nous mouillerons notre ancre. D’énormes étoiles de mer sont posées sur le sable sous le bateau.

Après un petit tour en haut du mat, pour vérifier les drisses, nous finissons l’après-midi en baignades et visite de la presqu’île du Pigeon où les arrivées de plage sont un peu sportives avec les rouleaux.

Après un magnifique départ sous voile du mouillage, pour le plaisir d’une belle manœuvre, nous mettons le cap sur la Martinique pour une traversée à 5 nds par 15 nds de vent. Le canal est avalé rapidement et nous mouillons devant St Anne pour une soirée calme sans être gêné par les Club-Med proches. C’est l’occasion de mettre un peu d’ordre dans les affaires et de procéder au nettoyage du bateau, en alternant avec les baignades.

Bricolage
Vieille marine
Ohé du mat

Après un dernier bain du matin, retour du marin au Marin.

La croisière va se terminer comme elle a commencé avec Ti-punch et accras.

Je remercie Romain et Yolande pour les commentaires transcrits sur le livre de bord, qui concluent cette première partie de ma courte expérience de navigation, avant de passer à la grande aventure.

Prise de quai
Au revoir

« La maîtrise du bateau par notre skipper et le catamaran m’ont réconcilié avec les voiliers.Même si la mer est forte, le bateau ne gîte pas, c’est tant mieux pour l’estomac. La navigation aux Antilles, c’est super ! »

« Avec discrétion et modestie, Dominique est l’artisan de ces belles vacances. Les formules magiques du skipper ont guidé le bateau en toutes circonstances et sans encombre. C’est donc un vrai sorcier de la mer caraïbe (en Bretagne on appelle cela un marin) »

Moralité : « le chef a toujours raison, même quand il gueule un peu ! … PS : ne pas confondre mauvaise humeur et fermeté…

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