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12/06/2010

La vision de la cap'tine

Si depuis le nouveau départ de Brise Dhe Mar, la cap'tine est restée discrète, ce n'est pas qu'elle n'avait rien à dire mais elle se réservait pour des passages forts. Eh bien, question moment intense, j'ai été servie !

Si les deux aller et retour, Canet-Les Baléares, ont apporté leurs premiers lots d'expériences à deux, la nuit à Soller fut l'apothéose.  Le capitaine vous a conté par le menu les péripéties de cette nuit. Je ne veux pas refaire l'histoire mais vous relater comment j'ai perçu la situation.

Loin d'être encore une navigatrice confirmée, mile après mile, l'apprentissage s'affine et les gestes se confirment. Toutefois je ne pensais pas devoir mettre en pratique mes connaissances dans l'urgence.

20100610mouillage.jpgAprès une journée tranquille au mouillage, précautions prises pour la nuit, c'est l'heure du dîner, papillotes de lotte sur lit de courgettes et poivrons mijotés, fromage et melon. L'esprit en repos, une tisane apaisante pour digestif, j'admire le majestueux coucher de soleil sur l'horizon et  regagne la couchette pour un sommeil réparateur. En pleine méditation j'entends soudain un bruit de moteur. L'espace d'une seconde comprenant que c'est notre bateau, tel un zébulon, je jaillis hors de la couchette. Cheveux en bataille, petite robe de nuit mais chaussure de pont, je prends la mesure du problème en voyant le capitaine. A la barre, dans un costume surprenant, caleçon, polaire ouverte au vent, pieds nus, il a les yeux rivés sur l'avant du bateau et me lance « on dérape ». Ciel d'encre, vent sifflant, mer agitée le bateau louvoie au milieu des voiliers endormis, inconscients du danger qui peut les guetter. Alors tout s'enchaîne, j'allume le guindeau, vérifie que tout est clair et sur ordre du capitaine, dont la tonalité de l'organe vocal, connu de tous est le bienvenu dans ce vent, je remonte le mouillage. Tout va bien quand d'un seul coup plus rien, la chaine reste bloquée et j'ai beau appuyer, plus de courant. Dans le même temps le capitaine a ses soucis de moteur et chacun doit agir. Je remets en manuel et évidemment le frein est impossible à débloquer pour mes petits bras ! Aide du capitaine qui comprend que j'ai oublié de décrocher la patte d'oie ce qui bloque tout. L'urgence et l'inexpérience ont fait que j'ai zappé ce point pensant déjà à beaucoup de choses. Comme m'a gentiment dit un compagnon voilier, on apprend tous les jours. Qui n'a jamais commis d'erreur !  En tout cas impossible de solutionner le problème à ce moment et il faut faire avec. Brise dhe mar suit sa route en crabe grâce à la maîtrise du capitaine. Il faut préparer la suite pour un accostage difficile sans s'affoler. Mais le récit vous a été déjà narré. L'important est que tout se soit bien terminé. Seuls bobos, une légère éraflure sur la jupe  pour le bateau et un bleu à l'œil pour la cap'tine. En effet la porte vitrée a dû se refermer et dans le noir lorsque rapidement je suis allée chercher un pare-battage pour protéger le bateau j'ai goulument embrassé la vitre ! Je jure que ce n'est pas le capitaine en représailles...

20100612portrait.jpg

Je pense que tous les gens de mer comprendront aisément ce que furent ces deux heures pour nous, les non initiés peuvent imaginer.
En tout état de cause, la solidarité en mer reste réelle et c'est bien devant les difficultés et l'urgence que l'humain se révèle. Si je ne souhaite pas revivre ce moment, je suis satisfaite de savoir que je peux seconder dans la mesure de mes moyens le capitaine, qui a toute ma confiance, ce qui est indispensable dans ce genre d'aventure.
La mer est dit-on une école de vie et cela est bien vrai car entre le virtuel d'une situation dans son salon et la réalité, c'est un grand écart.

J'espère vous retracer d'autres moments forts mais plus ludiques dans les prochaines semaines.

16:49 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (3) | Tags : cap'tine, escale

16/07/2009

La vie à Bord à Portimao

La journée à bord n’est-elle soumise qu’à des obligations techniques et organisationnelles ? Que nenni. Si ces éléments décrits par le cap’tain sont un passage obligé, ne vous méprenez pas. Le plaisir de l’arrivée est aussi une détente : découverte de la baie où les plages de sable fin s’entrelacent entre rochers et falaises donnant envie de baignade. La couleur ocre et blanc de la côte, pigmentée du vert de la végétation environnante que nous irons peut être parcourir aux heures plus fraîches. Le plaisir d’un déjeuner ou d’un dîner de poissons grillés sur le brasero du petit quai de Ferrugado, pots face à la baie. C’est aussi la douceur des lumières le soir au couchant, l’arrivée d’un plaisancier avec qui peut être nous trinquerons à bord en évoquant nos anciennes et nos prochaines escales, le passage des pêcheurs, les odeurs mêlées de mer et de terre. C’est chaque fois différent et toujours attirant. Je vous parlais de l’appel du bain certes il est réel mais au Portugal il se mérite ! L’eau passée de 17°à 19°depuis notre arrivée,contraste avec la chaleur extérieure, 35° et oblige à une certaine motivation non regrettée après coup.

La journée est différente selon que l’option est mouillage ou marina. Pour la première, tous déplacements nécessiteront l’utilisation de l’annexe avec l’attente du vent favorable, les mouvements du bateau sont plus soumis au rythme de la mer. Pour la seconde un emplacement au ponton permet une plus grande souplesse et l’amarrage du bateau entraîne peu de balancement. Dans ce cas aussi le confort est renforcé par les raccords à l’eau et électricité qui permettent d’être plus souple dans l’utilisation, sans pour autant gaspiller (pour le respect de la planète pas de souci pour nous). Dans les deux cas la convivialité reste de rigueur. C’est un monde où les relations sont éphémères mais où tous partagent la vie de la mer qu’elle soit hauturière, côtière ou tout simplement au port et la solidarité garde encore toute sa valeur. Il est par contre nécessaire de se familiariser avec les langues car sans anglais point de salut. Quand on voyage, on se rend compte combien ce peuple a su étendre son égémonie linguistique ! De l’Anglais, un peu d’Espagnol, quelques mots de Portugais appris au fil des jours et tout va bien.

Mais les heures passent, je vais préparer la séance coloration cheveux qui nécessitera la participation du cap’tain…. Vous voyez, on fait tout à bord car même en mer on reste coquet !

Salle d'attente
Coiffeur pour dames

 

17:07 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (0) | Tags : escales, cap'tine

16/06/2009

De Gibraltar a Lisboa

Le cap’tain vous ayant déjà fait le récit du parcours , je ne ferai que mettre ma petite note personnelle. Je voudrais déjà te rassurer cher François, les bords de près ne t’étaient pas réservés lors de nos croisières. Eole et le cap’tain se seraient-ils ligués pour faire louvoyer Brise dhe mar tout au long du trajet ? Si la Méditerranée nous avaient accueilli en tee shirt, l’Atlantique fidèle à lui- même nous a fait revenir au polaire et ciré.

La remontée sur la côte portugaise nous a obligé à ouvrir grands, yeux et oreilles car entre les cargos, les pêcheurs, les filets, la vigilance était gage de sécurité. Mais le vent frais, la houle, la veille n’ont pas entamé le moral de l’équipage. C’est un scintillement de lumières qui nous a accueilli pour franchir au petit matin l’entrée de la marina d’Oeiras où le cap’tain nous a fait glissé tranquillement jusqu’au ponton. Là, j’avoue humblement que mon sommeil ayant été largement amputé durant les jours précédents, l’appel de l’oreiller n’a pas tardé et je me suis plongée avec délice dans un sommeil réparateur. Les jours suivants, le temps s’est échelonné entre toilette du petit, ballades et visites avec repérage du nécessaire point d’approvisionnement, eh oui, en bateau on ne vit pas que d‘amour et d’eau fraîche !

Début de découverte de Lisbonne, ville à l’illustre passé maritime, avec la Tour Bélem, d’autres monuments nous attendent pour parfaire notre culture portugaise. Mais les filles ne croyez pas que le sport est mis à l’index au profit de la nonchalance, pas du tout, car il faut les mériter ces sites et le soir nous sommes bien contents de poser les chaussures et reposer les jambes. De plus en bateau, côté entraînement step, pas de souci, avec les régulières descentes en cabine, les cuisses sont en action. Lors de la journée dominicale, le capt’ain a négligé la méditation, pour s’adonner à la couture, mais celle des voiles, je vous rassure.

Quant à la capt’ine, inauguration de la super table pliante et du fer à repasser, il faut bien renouer un peu avec les habitudes de la vie classique. Donc pour le moment Brise dhe mar et son équipage étant au repos si vous avez soif d’aventures mettez votre clic sur les récits passionnants et imagés de Brice. Plongé depuis un mois dans l’outback australien, il vit au rythme de Bumbo, son van, en allant de découvertes en merveilles insoupçonnées dans ce pays qui est un monde en soi. ( http://austrabri.unblog.fr/ )

05/06/2009

De la terre à la mer

Depuis le 6 Mai au soir nous avions pris possession de notre nouvelle résidence mais tous les problèmes n’étant pas résolus il a fallu faire face à un défilé permanent d’ouvriers ne permettant pas de se sentir vraiment chez soi, la cap’tine ne pouvant pas créer son petit univers à sa guise ! La vie à bord s’est installée dans un environnement très stable tant que Brise dhe mar était au ponton en attente de son départ. Depuis il a fallu s’adapter à un milieu plus remuant  Les journées en mer se rythment en fonction de la météo et des quarts pour diriger notre étrave vers d’autres lieux et selon le vent le plus favorable.

Que dire de ce début de changement de vie ? C’est sans conteste un tournant. Tout ce que nous faisons à terre par réflexe devient sur un bateau, source de réflexion et d’anticipation. Faire sans gaspillage est le maître mot. Ranger devient un acte de bravoure car tout doit être à sa place pour le moment opportun et dans un espace qui est bien différent de la maison. Prévoir l’avitaillement en suffisance et adapté aux différents moments de navigation pour que l’équipage garde bonne forme et bon caractère ! Surtout le cap’tain….Garder bon pied »marin » et surtout bon œil pendant la navigation.

L’espace de vie de Brise dhe Mar m’a permis de me sentir très vite à l’aise. Un carré large et clair, une cuisine fonctionnelle, des instruments de navigation avec lesquels je me familiarise m’ont permis de mieux appréhender les débuts de cette nouvelle étape dans le monde marin. Je n’ai pas encore l’étoffe d’une grande navigatrice mais je vais m’y employer et j’espère qu’au retour je pourrai rivaliser avec le cap’tain ! …Tout un programme...

L’appréhension du départ s’est volatilisée plus vite que je ne l’aurais pensé. Le début du parcours plus long que prévu, météo oblige, a permis de s’adapter à plusieurs jours en mer et de trouver ses nouveaux repères. Loin du cadre de vie qu’était le mien jusque là, je redécouvre la vie en bateau avec ses exigences et ses bonheurs simples : arriver dans un lieu nouveau et découvrir, croiser des dauphins venant jouer avec l’étrave, une baleine soufflant au loin, des globicéphales mystérieux (n’est-ce pas Mélanie ?), un ciel étoilé en pleine nuit, un petit déjeuner face à la grande piscine.

A cela s’ajoute le plaisir des rencontres, nos voisins de ponton à la marina sont des bretons en partance pour la Crête, nous avons échangé quelques mots sympathiques, cela se fait bien plus naturellement que dans notre vie citadine. Ce qui est aussi très agréable c’est de prendre le temps, même si le vent et la mer nous imposent leur tempo, la sensation de liberté est plus présente. On change de références car les heures s’écoulent à un autre rythme, loin des sempiternelles nouvelles négatives. Depuis notre départ, à part la météo marine, nous n’avons pas écouté les infos et il est vrai que cela ne nous manque pas beaucoup.

La lecture des mails est par contre un grand plaisir et je suis ravie de voir que beaucoup nous suivent depuis notre projet et notre départ. Je n’oublie pas pour autant les copines et pense à elles, mais j’aurai tant de choses à leur raconter que cette absence sera riche de nouvelles et d’expériences. Ce n’est bien sûr que le début mais il est pour moi déjà positif.

Alors les filles si vous voulez tenter l’aventure même quelques jours je vous attends, n’hésitez pas. Quant à nos garçons je suis ravie de voir qu’ils sont partie prenante à cette aventure et nous soutiennent dans ce projet. Brice nous a dit avant son départ pour l’Australie que ce projet lui montrait qu’à tout moment et à tout âge on peut réaliser ses rêves, bousculer sa vie. Nous sommes heureux de voir que chacun à leur manière, ils ont acquis l’indépendance, la volonté d’entreprendre, de faire des choix, la curiosité, la mobilité et de vivre au mieux leurs passions. C’est un grand réconfort qui fait que ce départ ne me laisse pas de regrets.Voilà quelques premières impressions «d’ une fille en bateau ». Je vous quitte pour cette fois et pour un après midi très chargé : farniente et ballades à la découverte du Rocher !

Au revoir. Good bye. Adios.

Car en plus du bateau, les révisions Anglais, Espagnol s’imposent à bord.

La Cap'tine

05/03/2009

Atelier informatique avec le webmaster ;-)

La préparation d’un tour du monde suppose un engagement total dans tous les domaines. Rien ne doit être laissé au hasard et surtout pas les problèmes informatiques. Nous avons donc sacrifié une nouvelle soirée pour les dernières mises au point techniques en compagnie de Paquito dit Picsou, le webmaster de brisedhemar.com.

Ci-dessous une photo où l’on voit le cap’tain et la cap’tine affairés à lire et relire fébrilement l’ordre du jour et la documentation technique, dans le cadre trompeur d’une guinguette du nord de la Saône-et-Loire, qui pourrait laisser à penser la soirée fut une partie de plaisir.

Que nenni, il ne faut pas se fier aux appâts rances : nous avons dans un premier temps alimenté le débat avec « les deux fois gras, l’un poêlé aux fruits secs et croûtons de pain d’épice, l’autre froid au vin rouge ». Après ce préambule, nous sommes entrés dans le vif du sujet avec « une noix de ris de veau rôtie, zestes d'agrumes torréfiés, déclinaison de pommes de terre » suivie d’une « grande assiette pour les amateurs de chocolat »

Je vous passe les breuvages succulents, les amuse-gueules, mignardises, mises en bouche et autres friandises qui ont ponctués tous les chapitres traités.

L’ordre du jour étant épuisé (et nous aussi …), nous avons clôturé cette réunion de travail studieuse et  particulièrement  chaleureuse au cours de laquelle la cap'tine a fait montre d'un grand intéret pour le sujet et de sa parfaite maîtrise des thèmes abordés.

La pensée du jour : Ne jamais faire de pari stupide avec le cap'tain ... (Paquito)

23:55 Publié dans 05 Rencontres | Commentaires (0) | Tags : amis, rencontres, cap'tain, cap'tine

24/11/2008

Désirs et appréhension

20020504Martine001.jpgLa Cap’tine
Juriste, Epouse, Mère et dans quelques mois Navigatrice.

De belles pages pour le livre d’une vie, ne trouvez vous pas ?

Qui eut dit qu’un jour, je partirais voguer sur ces eaux tour à tour caressantes et tumultueuses pour approcher de terres si lointaines en empruntant « le plus lent, le plus inconfortable, le plus coûteux des moyens de transport » dixit  un marin.
Rien ne me prédestinait à cette échappée liquide. Je ne connaissais de cet élément mouvant que les baignades, les parties de plage et à l’adolescence les rencontres troublantes des soirs d’été.
Bien que  la mer me soit apparue sous son jour le plus noir, je ne l’ai pas laissé m’effrayer. Totalement néophyte, je me suis laissé embarquer, amoureuse et confiante dans l’aventure marine par le futur Cap’tain.
Quelle entrée en matière ! Partie pour la première fois fin décembre avec quelques copains pour une traversée vers la Corse, tranquille et sympathique nous avons fini « en fuite » (terme marin appris ensuite) sous un vent de force 10,faisant des allers et retours au large pour éviter les écueils de la côte, toute une nuit attachée dans le cockpit et regardant avec le calme de l’ignorance se déchaîner les éléments. Cette expérience allait-elle être le début et la fin d’une histoire ?
Tous les marins disent que jamais ils n’y retourneront, quand cette grande dame ou ce géant déploient toute la panoplie du cauchemar. Et pourtant tous repartent. Ne voulant pas m’avouer vaincue dès la première fois et poussée par le Cap’tain je me suis remise « en selle ». Je dois reconnaître humblement que la mer a dû m’apprivoiser car au cours des croisières qui suivirent l’appréhension  résiduelle s’estompa.
Un petit tour aux Glénans pour parfaire mon éducation marine. Puis de multiples croisières entre amis et en famille se succèdent. Chacune est différente et procure son lot de sensations, l’envie d’évasion en est l’aiguillon.
La première grande expédition fut notre escapade sous voile aux Antilles. Ce fut l’occasion, pour tous les deux, de passer les fêtes de Noël sous le soleil et les éclats d’écume avec un passager clandestin niché dans son milieu aquatique personnel, notre futur petit mousse. Puis sont venus les deux autres moussaillons, force vive de nos futures croisières.
Et voilà qu’approche ce jour tant imaginé, parfois idéalisé, parfois rejeté, parfois craint mais je suis sûr au fond de moi qu’il sera plein de promesses et de découvertes, de liberté et d’harmonie, de rencontres autochtones et marines, de solitude acceptée et recherchée. Ce sera surtout une histoire forte et unique loin des faux-semblant , le début d’une grande aventure à deux d’où nos garçons ne seront jamais très loin de nos pensées.

La Cap'tine vous salue bien

 

20081119martine.jpg

 

 

00:00 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (0) | Tags : cap'tine, famille

09/11/2008

Sirocco 26

27/06/1982 – 9/07/1982 : Atlantique: Croisière sur SIROCCO 26, premier essai de catamaran

Equipage : Cap’tain, cap’tine, Jean François N., François L.

Nous décidons de faire une croisière avec François et pour des raisons de stabilité et d’équilibre, je m’oriente vers un catamaran. Mon expérience sur ce type de bateau est nulle et a cette époque et le nombre de bateaux disponibles est assez limités. Après recherche, nous trouvons un loueur à Etel, Cazenove Catamaran qui peut nous louer un Sirocco de 8,50 mètres.

198207sirocco.jpgAccompagné de Jean François, qui venait aux réunions du groupe des Glénans, nous découvrons la rivière d’Etel au Magouer et Monsieur Cazenove. C’est un personnage qui a fait toutes les côtes sur catamaran de sport avec camping. Sa notion des besoins en navigation se résume à l’essentiel et il possède un fort sens du bricolage qui fait penser à Berrurier et sa traction.
Après quelques essais infructueux de démarrage du moteur, on s’aperçoit qu’il suffit de pomper, puis de tirer sur une languette métallique en faisant je ne sais plus quoi encore et alors le moteur démarre sans problème. Tout est à l’avenant, mais les voiles sont propres, le mouillage correct ce qui représente les seuls éléments nécessaires pour naviguer et assurer les mouillages. Nous allons faire une belle virée avec cette caravane de la mer qui fait 3 nds dans le vent.


L’avitaillement terminé, nous partons en fin de matinée par 15 à 20 nds de SW vers Sauzon de Belle-Ile. Nous ne sommes pas à la meilleure allure pour ce petit crapaud de la mer, mais malgré tout, nous mouillons pour une petite escale en début d’après-midi. Mieux amarinés, nous repartons en direction de l’île d’Arz dans le golfe du Morbihan. Après passage de la Teignouse, que François n’a pas encore eu le temps d’étudier, nous mouillons en début de nuit devant la Grange, base des Glénans dans le Golfe. Nous sommes fiers de nos premiers 45 miles sur un type de bateau qui pour le moment ne paraît pas très performant.


Première journée avec grasse matinée pour profiter de la marée qui nous éjecte du Golfe en direction de Hoedic par 20 nds W. Nous échouons en fin d’après-midi et nous découvrons le plaisir de débarquer à sec, sans annexe à gonfler. Nous mettons à profit les longues journées d’été pour se promener dans ce petit joyau. A cette date il n’y a presque personne.
Après cette journée de détente, nous décidons d’allonger la foulée et de rejoindre l’Archipel des Glénans. Une petite brise de 15 nds d’W nous accompagne toute la journée. Cette fois-ci, François a eue le temps de potasser les instructions nautiques et le passage de la Teignouse est plus tendu en raison de mes libertés avec le chenal. Compte tenu de l’axe du vent et des capacités au près de l’embarcation, nous ferons halte à Douelan en début de soirée. Nous avons fait nos 85 miles en 13 heures, soit 6 nds de moyenne route fond. Je suis assez content.
Le lendemain, le vent est insignifiant et nous mettons 6 heures pour atteindre Penfret. Nous faisons un petit tour dans l’archipel avant de prendre la direction de Concarneau où nous arrivons en début de nuit au moteur sans vent.
Le calme plat se poursuit mais nous voulons avancer. Après cap sur l’embouchure de l’Odet, c’est au moteur que nous rejoignons Le Guilvinec.
Après ces mornes journées, le Nord de 10 nds, nous permet de faire une bonne journée de 80 mile avec une moyenne de 6,5 nds. Nous rejoignons Camaret avec passage du Raz de Sein. L’îlot de Tevennec laisse un bon souvenir à François resté à l’intérieur, car avec le vent contre le courant de fin de flot, la mer est un peu dure et submerge notre petit esquif, ce qui lui donne l’impression de naviguer en sous-marin.
Il nous restera cette belle expression : «  vive la Vieille » (parlant bien sur du Phare que nous aurons le temps d’admirer)
Après ce petit périple, nous faisons en tour en rade de Brest le lendemain après-midi avec retour sur Camaret.


198207siroccovoile.jpgDe l’W/SW étant annoncé pour le lendemain nous remontons la mer d’Iroise pour aller mouiller à Ouessant dans la baie du Stif.45 miles en 7 heures, nous  maintenons notre moyenne de 6,5 nds ce qui n’est pas mal pour un petit bateau. Nous profitons de la soirée pour faire le tour de l’île en vélo. Les mollets de quelques uns s’en souviendront le lendemain.
Après Ouessant, les vents faibles nous incitent à tenter un tour à Sein par la passe nord. Les alignements dérivants sont très impressionnants, et nous sommes fiers de s’échouer le nez à quai pour prendre un pot bien mérité. Quand on se promène dans les ruelles étroites, de la largeur d’un tonneau de cidre, on comprend mieux la vie rude lorsque les tempêtes d’hiver soufflent sur l’île, qui a forgé de si solides marins.
Réveil matinal pour les 30 miles, par vent NNW-10 nds, qui nous séparent de Bénodet, où nous arrivons le soir.
Retour sur l’Archipel après avitaillement. Après une petite traversée tranquille nous mouillons devant l’ïle de Guignenec. Le lendemain, mouillages successifs à Fort Cigogne, puis à St Nicolas pour pêcher dans le vivier une belle langouste qui fera le bonheur de l’équipage. Départ en fin d’après midi pour Brigneau en passant devant Port Manech où j’allais passer quelques années plus tard, un de mes plus mauvais mouillage dans le cadre d’une croisière entre chefs de bord glénans.


Nous terminons notre périple sous Noroît 15 nds qui, après une escale à Port Tudy de Groix, nous porte jusqu’à Etel à la moyenne de 7 nds. Le catamaran est définitivement adopté.

08/11/2008

Premières croisières

Décembre 1978 : Première croisière comme chef de bord : un grand moment.

198012carter33M.jpg

 

 

Après mon stage de chef de bord sur Nautile aux Glénans, nous décidons avec mes deux compères de stage, Denis  et Pierrick, de louer pour la première fois un bateau. Comme nos moyens ne sont pas extensibles, nous décidons de louer pendant  les vacances de Noël, pour une semaine, à un tarif intéressant.
Ne doutant de rien et confiant dans nos nouvelles connaissances, et avec le recul un peu inconscients, nous établissons un programme ambitieux : Depuis Mandelieu-la-Napoule où nous avons loué notre Carter 33, nous prévoyons d’aller en Corse et retour par Monaco. Notre "Cibade " nous mènera à bon port malgré des traversées agitées.


Pour nos trois équipières, Martine, Sophie, Elisabeth, c’est le baptême de la mer. Elles seront bien baptisées. Comme matériel sophistiqué de navigation nous avons que la gonio, qui sera l’occasion de nos premières nausées.

Une traversée fraiche
Les joies de la gonio
Corse en vue

Le cap est mis sur Calvi. Très rapidement, nous nous trouvons au près sous 35 nœuds de vent. Dans mes souvenirs,  la nuit fût assez difficile, alternant vent et calme plat. L’arrivée sur Calvi, sous le soleil d’hiver, nous valide notre première traversée. Après avoir admiré les montagnes enneigées qui s’encadrent dans la descente, c’est l’occasion d’une bonne douche au jet sur un port déserté. La remontée sur Saint Florent, se fait au portant sous 15 nds de vent pour le plus grand plaisir de l’équipage.

Les pieds dans l'eau, la tête dans la neige
Une bonne douche fraîche
L'équipage direction St Florent

Le départ vers le cap Corse se fait portant par une douce brise hivernale. Le retour sur Monaco est assez venté et nous sommes heureux de faire une pause dans un port de Monaco très calme. Ce n’est plus la saison des grands Yacht.

Nous devons rendre le bateau le lendemain, et dans l’impossibilité de trouver une météo, nous appareillons, sereins, par calme plat.
A l’entrée de la nuit, montée rapide en puissance du vent  et nous ne cessons de réduire la toile avec une grand’voile à rouleaux non adaptée, qui poche de plus en plus. Cerise sur le gâteau, il y a un cour-circuit quelque part et nous prenons du 12 volt chaque fois que nous touchons l’étai. Cela aide énormément à crocheter rapidement les mousquetons de foc.

Départ vers le continent
Petit matin vers Monaco
Navigation en escadre

Devant le creux qui se forme, elle finit par exploser et nous nous trouvons sous tourmentin seul. Devant Antibes, il n’est plus possible d’avancer dans le vent et nous décidons de partir en fuite après un empannage sur une crête de vague.
Nous filons plus de 12 nœuds, speedo bloqué. Nous arrivons a accrocher la Marina Baie des Anges où nous tournons les aussières en fin de nuit. Nous apprenons le lendemain, que le vent soufflait à 55 nds dans la zone où nous étions.
Pour notre première expérience de gros temps, nous avons ressenti une certaine peur physique face aux éléments, mais nous sortons conforté de l’excellente formation que nous avons reçu qui nous a permis de prendre les bonnes décisions et de réaliser les manœuvres appropriées. Depuis cette date, je ne rate plus les bulletins météo.

Pour l’équipage, le ressenti est un peu plus délicat. Martine  a été sanglée dans le cockpit toute la nuit et ressent une bonne contracture au bras car elle a du barrer un moment pendant que nous manoeuvrions à l’avant. Dans une mer formée, Elle s’est appliquée à garder le cap au degré près.

Il faudra une petite année pour oublier ces moments difficiles.

En 1979, j’enchaînais les stages aux Glénans comme moniteur puis chef de bord, ce qui me permettait d’acquérir une bonne expérience liée à l’organisation des navigations et aux erreurs des stagiaires à anticiper.

Avril 1980 : Les équipiers à fuir

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon sur Dijon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas avec Jean Jacques, dont je fais la connaissance de louer un bateau avec des amis et un couple rencontré lors du repas.. Je suis très impatient de naviguer avec eux, car ils nous ont relaté des expériences de navigation en Manche qui me laisse augurer d’une expérience qui pourra m’enrichir. Nous avons retenu un Melody, du doux nom de « Val » pour naviguer entre Hyères et St Tropez, dont je serai le skipper.

198004melody.jpgDès l’arrivée à bord, alors que chacun participe à l’avitaillement, nous sommes surpris de les voir s’installer dans la cabine avant sans se préoccuper de qui que ce soit.
Dès les premiers bords, notre étonnement va grandissant. En effet, alors que nous préparons les ris, je m’aperçois que les nœuds sont « originaux ». A ma question, sur la manière particulière de faire le nœud de chaise, il m’est répondu que c’est comme cela que l’on pratique en Manche. Puis vînt l’instant de barrer, qui nous permit de faire de magnifiques zig-zag qui auraient surpris plus d’un barreur de l’América cup. Heureusement la cp'tine tient bon le cap.

 


198004melodyval.jpgLa goutte qui fait déborder le vase de la tolérance survient à St Tropez. La caisse du bord étant serrée pour se mettre au niveau des nombreux étudiants un peu raides financièrement, nous sommes sidérés de voir revenir notre couple d’enfer avec du Foie Gras.  Alors qu’ils s’absentent, le cap’tain donne l’ordre de sortir le pain et de se goinfrer le foie gars, qui, ma foi, était fort bon. La mine dépitée du couple à son retour réjouit l’équipage, d’autant plus que navigateur en eau froide a la bonne idée le soir de fumer sa pipe dans le carré, où dorment quatre équipiers, avant de rejoindre tranquillement sa cabine.

Le dernier jour arrivé, alors que tout l’équipage s’affaire à nettoyer le bateau, notre joli couple se préoccupe de sa toilette et de ses affaires. Il me devient impossible de me retenir et devant ma colère, et pour me montrer mon mauvais esprit, la dame se met à astiquer consciencieusement l’étambeau d’une manière qui fait penser à une activité intime sur un mamouth. Le vase déborde et je les débarque. Heureusement, je vais pouvoir me rattraper avec la semaine qui suit où j’embarque sur le Pen Duick III.

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Pend Duick III : Croisière en Corse (diaporama)

L’arrivée sur ce bateau est un nouveau rêve qui se réalise. La goélette noire nous attend au Port de St Mandrier. Sa ligne superbe attire le regard. Après un avitaillement rapide, nous prenons large avec quatre autres stagiaires  sous le commandement de Jean Benoît Sangnier: cap sur la Corse. Dès la sortie de la rade de Toulon, après des manœuvres d’homme à la mer, une bonne brise de 15 à 20 nds nous démontre les qualités marines  de ce voilier le plus titré en régate.  Après être parti sous yankee III et un ris, le vent mollissant nous permet de renvoyer la grand voile et le génois.  En fin de nuit, le vent se renforce à 25 nds. Nous amenons la grand voile,prenons 2 ris dans l’artimon et envoyons le foc 2.Nous alternerons Yankee lourd, Yankee III et foc 2 toute la journée avec un vent qui oscille entre 15 et 25 nds. La nuit suivante voit le vent tomber et une brise faible ne se lève que le lendemain ;A 16 heures les Iles sanguinaires qui protége la baie d’Ajaccio sont reconnues. Après avoir défilé, une bonne partie du jeu de voile nous accostons au quai Napoléon à Ajaccio à 23 heures.Nous appareillons en fin d’après-midi par ESE 15 nds qui vire au NW en milieu de nuit en se renforçant à 25 nds avec une mer peu agitée et une visibilité médiocre avec averses. En matinée, la mer devient forte avec 30 nds d’est. Le bateau taille sa route et nous accostons à Port Cogolin en mileu d’après-midi après une traversée à 7 nds de moyenne.

Nous allons remonter la côte jusqu’au port d’attache avec un vent qui ira en mollissant amis qui nous permettra de sortir spi et ghoster.

Il faut vivre un peu courbé à bord, car Eric Tabarly  avait calculé la hauteur sous barrot en fonction de sa taille. Nous pouvons, par contre, apprécier la table à carte à cardan ainsi que les couchettes réglables, idéales à la gîte.

Je garde le souvenir de l’envoi du spi qui réclame deux personnes pour le sortir de la soute. Lorsque je verrai Pen Duick III à couple de Pen DuickVI, je mesurerai encore plus l’exploit d’Eric Tabarly qui avait mené à la victoire,seul, un tel bateau qui nécessitait des qualités physiques et  techniques hors du commun.

Cette semaine de navigation sera un véritable enchantement. Elle sera le germe du projet de participation, plus tard, au Tour de France à la Voile.

En 1981, je poursuis mon activité bénévole aux Glénans. Nous avons la chance de participer à la SNIM en avril sur Palynodie, puis mon mois de vacance en septembre me voit prendre les responsabilités de patron des liaisons et de chef d’île sur Fort Cigogne.

198112ginfizz.jpg 26 Décembre 1981 - 2 Janvier 1982 : Croisière hivernale en Méditerrannée

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas de louer un bateau pour la période de Noël. Nous naviguerons du 26 décembre au 2 janvier avec jour de l’an à bord.
Nous louons un Gin Fizz (L.11,70 m, Tirant d’eau :1,90 m), très bon bateau avec sa cabine arrière séparée offrant un bon abri au poste de barre.
L’équipage est constitué du cap’tain et de la cap’tine , Ghylaine,Christine, Jean-François, Henri-Paul, François et Yves qui me succédera à la tête de l’association qui sera crée une année plus tard.
Le bateau est pris à St Maxime. La météo est un peu perturbée avec un passage de front dans le nord générant un vent d’est qui doit passer au NW dans la nuit.
Nous quittons le port avec de l’Es-25 nds pour des manœuvres de prise en main qui s’avèrent utiles puisque l’écoute de grand voile nous lâche au cours d’un empannage. Après un retour pour réparer, nous repartons l’après-midi pour St Tropez sous 30 nds de vent. La traversée est rapide et nous nous amarrons en fin d’après-midi.

Le lendemain, avis de coup de vent force 8 à 9. Nous restons sagement visiter St Tropez et ses alentours.
Le 29, peu de vent le matin, nous faisons un tour à St Raphaël que nous rejoignons sous GV 2 ris et Foc 2 devant un vent qui monte en puissance.
Le 30, nouvel avis de coup de vent : visite de St Raphaël
Le 31 du SSW est annoncé mollissant.Nous mettons le cap sur Porquerolles, où nous arrivons  après neuf heures de navigation par 10 à 15 nds de sud. Nous profitons de ce cadre magnifique, relativement calme à cette saison pour faire un bon réveillon avec les moyens du bord.
Le lendemain, retour sur St Maxime avec un vent qui fraîchit jusqu’à 35 nds , heureusement pour nous venant du NW. Nous finissons notre croisière sous 3 ris, tourmentin au près dans la baie de St Tropez.
Cette croisière qui nous fait côtoyer tous les type de temps, bien gérés avec une parfaite couverture météo permet de réconcilier la Cap’tine avec la mer.

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