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05/10/2013

Brise Dhe Mar reprend la mer

201310depart.jpgVoyez vous, dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : Il faut les créer et les solutions suivent. Antoine de St Exupéry - (Vol de nuit - Chapitre XIX)

Dans mes propos préliminaires à la création de ce blog, je rappelais cette citation de St Exupéry.

Depuis notre retour, tirant les enseignements de nos expériences et des difficultés qui nous avaient fait mettre le projet en stand-by, nous avons pris le temps de la réflexion. Cette période m'a permis d'accompagner ma mère pour la dernière année de sa longue vie et de renouer avec les racines familiales. De nouvelles opportunités se sont présentées,riches de nouvelles expériences, mais le temps déroulant son tapis inexorable, il est temps de reprendre le large.


20120817salou.jpgLe contact avec la mer n'a pas été rompu. De petites navigations le long des côtes espagnoles avec Brice, Emeric et leurs compagnes, ont permis à Brisedhemar, de rester en forme, d'entretenir ses petits bobos et de le garder prêt à repartir.

20120821puertescala.jpgMais, le désir de poursuivre le projet, restait au fond de la tête, tout en tenant Mais, le désir de poursuivre le projet, restait au fond de la tête, tout en tenant compte des aléas qui devaient le faire aborder sous une autre forme. La cap'tine, qui avait affronté sans arrière-pensée les deux premières tentatives, ne se sentait pas de repartir en équipage restreint. Il fallait donc trouver d'autre solutions.


Les forces étant restées en marche, les solutions suivent.

20130523canet.jpg

Une petite croisière printanière sous les chaleurs "clémentes" du Roussillon, nous permettait de profiter de ce temps, pas si clément que cela, pour faire les menues réparations qui s'imposent. Prendre sa douche en doudoune, ce n'est pas si fréquent à cette saison sous ces latitudes! Certaines mauvaises langues disent qu'il y aurait une relation entre mes venues et ce type de temps...

 

20130424FLORES.jpgThibault après une année de travail en Nouvelle-Calédonie, partait pour la Polynésie, achetait avec des copains un vieux Damien 40 et travaillait plusieurs mois avec Anne-Sophie et leur couple d'amis à sa remise en état. Les premières navigations, permettaient de voir que la co-habitation serait difficile entre les deux couples. C'est la faute à personne, juste 4 caractères qui se frottent dans 10 m2.

Abrégeant le projet, le retour anticipé vers la France  va permettre pour le plus grand bonheur du cap'tain de repartir avec un équipage familial et amical.

Le bateau a été sorti de l'eau, car bien qu'ayant été caréné en mai, il avait de grande algues qui lui donnaient un air de tenue de soirée, et qui surtout nous ralentiraient et boucheraient les crépines. Tous les bateaux du port avaient été frappé dans l'été de cette attaque: Pollution?

En un mois, après un tour au bateau pour revoir les derniers préparatifs, nous allons pouvoir appareiller.

L'équipage reposant sur les deux marins de la famille, va se compléter des amis, puis des compagnes respectives des pauv'es marins!!!.

La cap'tine après réflexion(s), ne laissera pas très longtemps le cap'tain seul, le rejoignant aux Canaries. Elle sera heureuse de ne pas être la seule femme, puisque Anne-Sophie sera aussi de la partie. Elles pourront papoter entre les quarts, pendant que les hommes discuteront de choses sérieuses. (C'est pour mettre un peu d'ambiance dès le début!!!!!!)

Nous laisserons Madère, que nous avions bien visitée lors de précédent départ, à Tribord, pour profiter plus longuement des Canaries que nous ne connaissons pas.

Puis suivant le vent, nous continuerons le descente vers le sud en passant par le Cap Vert.

A suivre....

18:12 Publié dans 03 Chez le Cap'tain | Commentaires (0) | Tags : cap'tain

07/07/2009

Messages de Brise dhe Mar

7 juillet 2009
Nous sommes partis de Sines à 6h30, portant grand largue avec 18 nds de vent (gennaker + 1 ris dans la grand-voile) forçant en arrivant au cap St Vincent où nous avons empanné, changé le gennaker pour le solent et pris un deuxième ris pour faire un second bord au bon plein avec 25 à 30nds de vent. Nous avons fait des pointes à 12nds au surf et des bords réguliers entre 8 et 10nds. Une moyenne de 7 nds sur la traversée avec arrivée au mouillage à Portimao à 18h (74,26 milles nautiques au compteur).
A+ Dom

10 juin 2009

Brise dhe Mar amarré à la marina d'Oeiras à 7h45. Belle remontée depuis le cap St Vincent avec des pointes à 9 nds au bon plein par 13 nds de vent. Belle houle. Le catway tangue un peu à l'arrivée.
A+ Dom

9 juin 2009
Brise dhe Mar a franchi la barre des 1000 milles nautiques le 8 juin à 20h30 à 5 milles nautiques au sud du Cabo de Santa Maria (au sud de la ville de Faro) par mer agitée avec houle de sud-ouest et vent de sud-ouest à 16 nds. Point : 36°53'722 N et 7°51'751W. Il tirait des bords pour se dégager du cap en direction de l'ouest. Contrôle police maritime Portuguaise à 4 h du matin au sud de Vilamoura.
L'équipage ayant passé une meilleure nuit avec un peu de sommeil et le cap'tain également (certaines mauvaises langues disent même qu'il a ronflé). Après avoir étudié la météo qui laisse envisager du SW portant jusqu'à Lisbonne, le cap'tain soumet avis de l'équipage et décide de pousser jusqu'à l'étape prévue. A midi nous sommes dans le sud du Cap de Sagres puis nous laissons le Cap St-Vincent dans notre est. Le Saint patron des vignerons s'est fait beau avec une belle houle Atlantique et une mer d'un bleu profond pour laisser passer Brise dhe Mar aux couleurs de la Bourgogne et de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin. Le tastevin en proue de Brise dhe Mar goûte aux eaux Atlantiques à défaut d'un Côtes de Nuits ou d'un Côtes de Beaune (ne faisons pas de jaloux).
A+ Dom

8 juin 2009
Nuit un peu fatiguante, beaucoup de bateaux de pêche et de filets. Nous tirons des bords depuis Gibraltar pour essayer de passer le Cap St-Vincent. Après s'être extrait difficilement des courants du détroit de Gibraltar et avoir tiré un grand bord le long des côtes du Maroc, le deuxième bord nous a emmené voir la Baie(le) de Cadiz, entre le Cap St Vincent et Rio Guadanie au sud du Portugal. Elle ne nous a pas fait les yeux  de l'amour et c'est sous un ciel bas et gris et avec un vent de 18 à 20 nds, que nous tirons des bords en direction du cap St-Vincent. La météo est instable Nous ferons certainement un arrêt à Lagos, car compte tenu des temps de route nous serions trop tard à Lisbonne pour le retour de Raphael. Cela devrait correspondre aux premiers 1000 milles de Brise de Mar qui a besoin de révisions. Cela permettra également à la cap'tine et au cap'tain de souffler un peu après ces longs mois assez denses. Arrivée normalement prévue demain.
A+ Dom

1er juin 2009
Le 31/05, en milieu d'après-midi, nous sommes dans l'est du cap de Gata où nous devons ruser avec les courants et un vent qui vire au SW. Grâce au système AIS (Automatic Identification System) embarqué sur notre logiciel de navigation, il est possible de connaître en temps réel le nom, la position, la direction et la vitesse des navires de commerce qui nous cernent dans les deux sens lors du passage du rail maritime que nous croisons.
La nuit déroule sa voie lactée et nous nous engageons dans la baie d'Alméria. La nuit sera plus calme que la précédente et Colombine a pris ses quartiers de nuit, bien à l'abri du bimini pendant que les femmes et les hommes de quart veillent.
Ce matin, les vents variables dans la baie nous obligent à adapter cap et voiles pour gagner dans l'W. Dans la matinée la brume nous entoure dans son coton léger et incite à la veille radar et visuelle.
Profitant des brises de mer nous tirons des grands bords sur mer plate avec le courant que nous sommes allés chercher près de la côte.
A+ Dom

31 mai 2009
Cette nuit Brise dhe Mar a subi le baptême du feu. A 1h30, le ciel s'illumine par intermittence tout autour du bateau. On fait des tours dans le solent et prend un ris. A 2h la fête commence avec des éclairs qui cernent le bateau tout autour. Le vent monte et sous pluie battante il faut barrer devant les changements incessants de direction du vent.
Sous 26 nds, Brise dhe Mar s'envole à près de 10 nds. La fête dure une heure; impressionnant ! Une deuxième tournée deux heures plus tard, puis la fin de nuit se calme. Colombine, notre tourterelle adoptive depuis deux jours s'est abritée en pied de mat et réapparaît ce matin pour un petit en cas. Le temps est encore incertain avec des vents variables faibles. A 11h : 36°45N / 0°43 W.
A+ Dom

30 mai 2009
Position 37°47 N, 1°26 E. Nuit avec des vents variables de NE. 100 miles en 24 heures. On descend un peu sud avant de tirer W pour rejoindre les côtes Espagnoles. On a un courant favorable. On marche à 6,5 nds au travers avec 12 nds de vent WN, on va mettre plus de temps que prévu pour rejoindre Lisbonne vu la météo.
A+ Dom

29 mai 2009
On quitte Palma. Mouillage à bord à 8H. Vent NE 5 à 8 nds. Sortie de la baie tranquille au portant.
Direction Ibiza à laisser à Tribord.
So long - Dom

27 mai 2009
Après une traversée sans problème nous avons mouillés à 8h30 sur une plage à Palma de Majorque pour laisser passer le coup de vent (48 h de traversée). Traversée un peu longue car nous étions parti pour Salou, nous avons obliqué Barcelone n'étant plus dans les temps pour voir Emeric.
248 milles au compteur pour Brise dhe Mar. Vent 0 à 20 nds. Nous avons évité les zones à coup de vent.
Rencontres : marsouin, baleine, requin et autres...
On reste là jusqu'à demain ou après-demain selon évolution météo.
So long - Dom

05/03/2009

Atelier informatique avec le webmaster ;-)

La préparation d’un tour du monde suppose un engagement total dans tous les domaines. Rien ne doit être laissé au hasard et surtout pas les problèmes informatiques. Nous avons donc sacrifié une nouvelle soirée pour les dernières mises au point techniques en compagnie de Paquito dit Picsou, le webmaster de brisedhemar.com.

Ci-dessous une photo où l’on voit le cap’tain et la cap’tine affairés à lire et relire fébrilement l’ordre du jour et la documentation technique, dans le cadre trompeur d’une guinguette du nord de la Saône-et-Loire, qui pourrait laisser à penser la soirée fut une partie de plaisir.

Que nenni, il ne faut pas se fier aux appâts rances : nous avons dans un premier temps alimenté le débat avec « les deux fois gras, l’un poêlé aux fruits secs et croûtons de pain d’épice, l’autre froid au vin rouge ». Après ce préambule, nous sommes entrés dans le vif du sujet avec « une noix de ris de veau rôtie, zestes d'agrumes torréfiés, déclinaison de pommes de terre » suivie d’une « grande assiette pour les amateurs de chocolat »

Je vous passe les breuvages succulents, les amuse-gueules, mignardises, mises en bouche et autres friandises qui ont ponctués tous les chapitres traités.

L’ordre du jour étant épuisé (et nous aussi …), nous avons clôturé cette réunion de travail studieuse et  particulièrement  chaleureuse au cours de laquelle la cap'tine a fait montre d'un grand intéret pour le sujet et de sa parfaite maîtrise des thèmes abordés.

La pensée du jour : Ne jamais faire de pari stupide avec le cap'tain ... (Paquito)

23:55 Publié dans 05 Rencontres | Commentaires (0) | Tags : amis, rencontres, cap'tain, cap'tine

26/11/2008

31 du mois d'Août

Nous vîmes venir sous le vent d’à nous, une frégate d’Angleterre, qui fendait la mer et les flots, c’était pour attaquer Bordeaux……..

Ecoutez cette vieille chanson de marins

podcast


C’est sur cet air, chanté par mon père, qu’enfant je m’endormais. Cette belle chanson de mer s’est ancrée profondément en moi et allait progressivement me conduire vers des voies (maritimes) qui paraissaient bien éloignées de ma Bourgogne natale.
Plus tard, aux récits d’aventures que me contait parfois mon père, je me suis plongé dans les lectures de voyage qui foisonnaient dans la bibliothèque familiale. Mon père, dont la vocation de marin avait semble-t-il, été contrecarrée par ses parents, avait accumulé une littérature importante en ce domaine. Après les aventures de Thor Heyerdahl sur le Kon Tiki, ce fut Henri de Monfreid, puis Alain Bardiaux. Ce qui m’avait frappé, c’est que ce dernier avait effectué son tour du monde l’année de ma naissance.
Mon premier contact à la mer eu lieu lors d’un camp scout à l’age de 12 ans, dans la rade de Brest. Nous avions construit pendant un an des équivalents d’Optimiste et, déjà, des catamarans, avec comme flotteur, des réservoirs d’avion de récupération. Nous étions amené à nous frotter aux scouts marins et nous n’étions pas peu fièr de pouvoir de temps en temps les gratter en régate. Au cours de ce séjour sur l’Ile aux Morts en face l’île Longue , j’ai pu découvrir les longues heures de rame sur des baleinières qui nous donnait un aperçu de ce qu’avait du être les galères.
Pendant plusieurs années, je ne reverrai plus la mer. Je tâtais du dériveur sur un simplet, sur le réservoir de Panthier, petit lac qui sert à approvisionner en eau le canal de Bourgogne.
La mer était un peu délaissée en faveur de la montagne avec un service militaire aux chasseurs alpins : Annecy puis Chamonix, permettant de faire de belles courses en montagne. Puis, avec la reprise des études de Masso-kinésithérapie, les loisirs étaient partagés entre les sorties de ski avec les amis et les premiers grands voyages : Grèce, Yougoslavie en Ami6.
Dans les années 1970, lors de mes premières vacances en compagnie de Martine, nous faisons un séjour en Bretagne à Concarneau. C’est la première fois que je rencontre des groupes dépenaillés, traînants dans Concarneau avec des vareuses élimées et des pantalons souvent plein d’accrocs. Je me demandais alors qui pouvaient bien être ces êtres hirsutes à la démarche chaloupée. Je venais de rencontrer pour la première fois « un glénanais » pur souche.
Dans les années qui suivirent, je m’élançai sur les premières planches à voile avec des débuts un peu réfrigérants, en avril sur le lac Kir à Dijon. Il faisait environ 15°dehors, l’eau était à 14° et je n’avais comme seul équipement qu’un pull en laine qui dès le premier plongeon se transformait en lest glacé. Cela incite à trouver rapidement l’équilibre, pour passer le moins de temps possible dans l’eau. Très rapidement, des régates locales s’organisèrent et après la Dufour, belle planche plate, on passait à des planches plus profilées permettant de faire un très beau cap au près. On ne parlait pas encore de glisse. La régate était une régate de dériveur entre trois bouées avec un bord de près qui faisait la différence. Souvenir de belles empoignades.
Puis le diplôme en poche, je partis travailler comme assistant dans un cabinet de kinésithérapie à Autun,capitale du Morvan, laissant Martine à Dijon. Mes soirées étant particulièrement calmes, je me remis à la lecture. Le premier livre qui me tomba dans les mains, allait, comme pour tant d’autres, décider de la suite : C’était la longue Route de Bernard Moitessier.
Le livre dévoré, j’achetais le meilleur cours de navigation à savoir « le cours de navigation des Glénans ».
Je partageais mes soirées entre la lecture de cette bible et la méthode assimil en Portugais car je projetais de partir au Brésil pour y exercer mon métier.
La préparation de mon émigration était bien avancée, quand l’état brésilien décida de cesser les possibilités d’émigration pour ma profession.
Devant l’impossibilité de réaliser mes projets initiaux, je décidai approfondir ce beau métier qui apporte une aide très importante dans le domaine du handicap et dont je sentais des limites à mes connaissances. J’allais compléter ma formation en reprenant des études de Médecine.
Pour cela, il va falloir passer le concours de première année, puis s’engager pour au moins dix ans d’études pour exercer pleinement cette activité de réadaptation dans toutes ses composantes.
Après avoir remis mon cabinet à un ami, je m’octroie deux semaines de vacances avant une année qui s’annonce difficile (j’ai quitté le lycée et son programme, il y a déjà cinq ans) et il va falloir se remettre à niveau.
Je m’offre mon premier stage de voile « Aux glénans » .
L’aventure qui allait me mener à mes projets actuels était lancée sans que je le sache encore.

25/11/2008

La vague

Septembre 1976

L’arrivée à Bananec, sur l’Archipel (bateau des liaisons du Centre Nautique des Glénans) reste inoubliable. Cette petite langue de terre, qui se transforme en presqu’île à marée basse, avec ses bâtiments au raz de terre, était en prise directe sur l’océan.

cavalenurbs-450x337.jpgAlors que ce stage représentait un vrai plaisir pour moi, je n’ai pas oublié cette jeune stagiaire qui avait été envoyée en punition dans ce stage par son père, car elle n’avait pas suffisamment travaillé. Il faut dire que son père possédait une goélette de 16 mètres, et qu’elle aurait dû naviguer avec lui sous des cieux plus chauds que l’air vivifiant des côtes de Bretagne sud.

Très vite, un peu plus âgé que les autres, et ayant bien potassé la théorie, j’en vins à prendre les responsabilités de chef de bord à la journée sur Cavale construit par le chantier Stephan en Contre Plaqué Marine.  Ce petit bateau-école des Glénans, de 5,50 m de long avec un tirant d'eau de 0,80 m avec dérives, était très vif et très marin avec beaucoup de plaisir à la barre.

cavalevagueR.jpgAu cours d’une « expédition » à l’ile aux Moutons, à cinq milles de l’Ile de Bananec, nous avons mouillé dans une petite anse. Très rapidement,avec les effets de brise, le vent a tourné, et a commencé à rentrer dans la baie. Cafouillage de débutant oblige, il faut relever les mouillages, qui bien sur,sont emmêlés . J’y laisserai trois orteils, écrasés entre deux plats bord (première leçon : ne jamais manier les mouillages sans chaussures). Ces déboires sont vite oubliés devant les sensations  d’un retour portant au largue pendant lequel la cavale a pu exprimer ses qualités, avec des surfs fantastiques.

C’est là que je l’ai rencontrée, pour la première fois : La vague. Celle qui vous fait basculer vers le monde des sensations, des émotions physiques, des perceptions indescriptibles. Celle que vous recherchez, avec parfois une certaine crainte au creux de l’estomac, mais qui pourra vous donner un plaisir insondable. Cette première fois reste aussi vivante aujourd’hui qu’en ce jour de septembre, où je l’ai vécue sous les lumières d’une soirée d’automne débutante.

Cette Vague me conduira à modifier ma vie future et à la transformer, sans renier  mes engagements.

 

09/11/2008

Avril 1983 - EDHEC à Brest

Le tour de France à la voile se profilant pour l’été nous décidons comme entraînement de participer à la Course de l’EDHEC qui se déroule pour les vacances de Pâques à Brest.

Montage d’un dossier de sponsoring et soutien de la faculté de médecine de Dijon qui permettra à trois bateaux de participer.

L’équipage sera formé d’une bande de carabins renforcé par une équipière expérimentée et motivée.

Nous partons dans une camionnette aménagée en camping car rustique et quelque 15 heures plus tard nous arrivons au Crouesty pour récupérer notre Rush Royale en location.

 
 
 
Dans la camionnette
Escale au Palais
Cap sur Brest

 

Nous allons le convoyer à Brest pour se faire la main et affiner les réglages. Nous sommes des régatiers assez néophytes et nous avons beaucoup à apprendre.

La remontée sur Brest, après une escale à Belle-île, donnera l’occasion de beaux bords de largue et de franches rigolades dont celle qui me revient en mémoire. Daniel nous propose un concours loufoque de celui qui fera vomir le premier les autres. Chacun y va de son évocation, et Daniel nous fait une magnifique description d’une choucroute bien grasse arrosée de chocolat chaud. Au fur et à mesure de sa description, nous le voyons changer de couleur et il sera le gagnant du concours.

 
 
 
Sur les pontons
Préparatifs
Vers le départ

Arrivée à Brest. Les choses sérieuses commencent avec inscription, récupération des cagnards, briefings. Une jeune équipe de FR3 se promène sur les pontons avec comme journaliste une jeune du nom de Lise Blanchet, animatrice de Thalassa depuis cette époque.

C’est l’occasion de faire le tour du gréement et de l’accastillage avant les premiers départs.

Cette année sera fraîche et nous verrons plusieurs fois la neige sur les pontons le matin.

Les différentes manches vont s’enchaîner avec des classements tout à fait à la hauteur des compétences de l’équipage en régate. Mais cela n’a que peu d’importance, car cela est très riche d’expérience.

 
 
 
Départ
En course
Bord de Largue

Après une bonne semaine, nous ferons le convoyage de retour avec une bonne brise et en attendant l’été la participation au Tour de France à la voile sous le nom de Nivernais-Bourgogne.

 
 
 
Arrivée sou spi
 
Au surf

 

Sirocco 26

27/06/1982 – 9/07/1982 : Atlantique: Croisière sur SIROCCO 26, premier essai de catamaran

Equipage : Cap’tain, cap’tine, Jean François N., François L.

Nous décidons de faire une croisière avec François et pour des raisons de stabilité et d’équilibre, je m’oriente vers un catamaran. Mon expérience sur ce type de bateau est nulle et a cette époque et le nombre de bateaux disponibles est assez limités. Après recherche, nous trouvons un loueur à Etel, Cazenove Catamaran qui peut nous louer un Sirocco de 8,50 mètres.

198207sirocco.jpgAccompagné de Jean François, qui venait aux réunions du groupe des Glénans, nous découvrons la rivière d’Etel au Magouer et Monsieur Cazenove. C’est un personnage qui a fait toutes les côtes sur catamaran de sport avec camping. Sa notion des besoins en navigation se résume à l’essentiel et il possède un fort sens du bricolage qui fait penser à Berrurier et sa traction.
Après quelques essais infructueux de démarrage du moteur, on s’aperçoit qu’il suffit de pomper, puis de tirer sur une languette métallique en faisant je ne sais plus quoi encore et alors le moteur démarre sans problème. Tout est à l’avenant, mais les voiles sont propres, le mouillage correct ce qui représente les seuls éléments nécessaires pour naviguer et assurer les mouillages. Nous allons faire une belle virée avec cette caravane de la mer qui fait 3 nds dans le vent.


L’avitaillement terminé, nous partons en fin de matinée par 15 à 20 nds de SW vers Sauzon de Belle-Ile. Nous ne sommes pas à la meilleure allure pour ce petit crapaud de la mer, mais malgré tout, nous mouillons pour une petite escale en début d’après-midi. Mieux amarinés, nous repartons en direction de l’île d’Arz dans le golfe du Morbihan. Après passage de la Teignouse, que François n’a pas encore eu le temps d’étudier, nous mouillons en début de nuit devant la Grange, base des Glénans dans le Golfe. Nous sommes fiers de nos premiers 45 miles sur un type de bateau qui pour le moment ne paraît pas très performant.


Première journée avec grasse matinée pour profiter de la marée qui nous éjecte du Golfe en direction de Hoedic par 20 nds W. Nous échouons en fin d’après-midi et nous découvrons le plaisir de débarquer à sec, sans annexe à gonfler. Nous mettons à profit les longues journées d’été pour se promener dans ce petit joyau. A cette date il n’y a presque personne.
Après cette journée de détente, nous décidons d’allonger la foulée et de rejoindre l’Archipel des Glénans. Une petite brise de 15 nds d’W nous accompagne toute la journée. Cette fois-ci, François a eue le temps de potasser les instructions nautiques et le passage de la Teignouse est plus tendu en raison de mes libertés avec le chenal. Compte tenu de l’axe du vent et des capacités au près de l’embarcation, nous ferons halte à Douelan en début de soirée. Nous avons fait nos 85 miles en 13 heures, soit 6 nds de moyenne route fond. Je suis assez content.
Le lendemain, le vent est insignifiant et nous mettons 6 heures pour atteindre Penfret. Nous faisons un petit tour dans l’archipel avant de prendre la direction de Concarneau où nous arrivons en début de nuit au moteur sans vent.
Le calme plat se poursuit mais nous voulons avancer. Après cap sur l’embouchure de l’Odet, c’est au moteur que nous rejoignons Le Guilvinec.
Après ces mornes journées, le Nord de 10 nds, nous permet de faire une bonne journée de 80 mile avec une moyenne de 6,5 nds. Nous rejoignons Camaret avec passage du Raz de Sein. L’îlot de Tevennec laisse un bon souvenir à François resté à l’intérieur, car avec le vent contre le courant de fin de flot, la mer est un peu dure et submerge notre petit esquif, ce qui lui donne l’impression de naviguer en sous-marin.
Il nous restera cette belle expression : «  vive la Vieille » (parlant bien sur du Phare que nous aurons le temps d’admirer)
Après ce petit périple, nous faisons en tour en rade de Brest le lendemain après-midi avec retour sur Camaret.


198207siroccovoile.jpgDe l’W/SW étant annoncé pour le lendemain nous remontons la mer d’Iroise pour aller mouiller à Ouessant dans la baie du Stif.45 miles en 7 heures, nous  maintenons notre moyenne de 6,5 nds ce qui n’est pas mal pour un petit bateau. Nous profitons de la soirée pour faire le tour de l’île en vélo. Les mollets de quelques uns s’en souviendront le lendemain.
Après Ouessant, les vents faibles nous incitent à tenter un tour à Sein par la passe nord. Les alignements dérivants sont très impressionnants, et nous sommes fiers de s’échouer le nez à quai pour prendre un pot bien mérité. Quand on se promène dans les ruelles étroites, de la largeur d’un tonneau de cidre, on comprend mieux la vie rude lorsque les tempêtes d’hiver soufflent sur l’île, qui a forgé de si solides marins.
Réveil matinal pour les 30 miles, par vent NNW-10 nds, qui nous séparent de Bénodet, où nous arrivons le soir.
Retour sur l’Archipel après avitaillement. Après une petite traversée tranquille nous mouillons devant l’ïle de Guignenec. Le lendemain, mouillages successifs à Fort Cigogne, puis à St Nicolas pour pêcher dans le vivier une belle langouste qui fera le bonheur de l’équipage. Départ en fin d’après midi pour Brigneau en passant devant Port Manech où j’allais passer quelques années plus tard, un de mes plus mauvais mouillage dans le cadre d’une croisière entre chefs de bord glénans.


Nous terminons notre périple sous Noroît 15 nds qui, après une escale à Port Tudy de Groix, nous porte jusqu’à Etel à la moyenne de 7 nds. Le catamaran est définitivement adopté.

08/11/2008

Avril 1981 - SNIM Marseille

En avril 1981, les glénans ont acquis depuis peu un superbe navire de course croisière de 14,60 mètres de long, le Palynodie qui appartenait à Gaston Deferre. Le bateau est engagé dans la SNIM. Cette course crée en 1965 par la Nautique se court tous les ans à Pâques.

L’impression de puissance est immédiate en arrivant sur le quai en voyant ses lignes très élancées. C’est rapidement la prise de contact avec la grande soute avant qui sert à la fois de soute à voile et de couchette. L’avitaillement est rondement mené dans un carré très fonctionnel puis c’est la découverte du plan de pont et le détail de la voilure très fournie.

Une belle ligne
Soute à voile
Avitaillement et carré

L’équipage constitué de chef de bord des Glénans et de jeunes stagiaires va s’entraîner quelques jours avant de participer à la course. Se trouvait à bord, Alain qui allait devenir pour un temps chef de base à Marseillan et que je retrouverais pour nos entraînement d’hiver avec les Rush Royal et Luc, jeune stagiaire très présent.

Prise en main
Appareillage vieux Port
Premier bord

Nous quittons le vieux port par petit temps pour se mettre en main un beau gréement avec spis de 200 m2, triradial et gennaker. Tout le mode est sur le pont pour se familiariser avec les manœuvres.

Envoyer le spi
Réglages spi
A affaler le spi

Les entraînements se poursuivent avec un temps parfois couvert jusqu’à la nuit avant retour au port.

Au largue
sous Triradial
Fin d'entraînement

Le premier jour de course va débuter par une calmasse compète avec un départ qui se fait attendre .

Direction la ligne
Stand by
Attente du top

Les autres jours seront plus intéressants avec une bonne brise qui va permettre au bateau de donner toute sa puissance. L’intérieur se transforme rapidement en soute à voile.

Dans la plume
Au lest
Cherchez l'erreur

Nous aurons l’occasion de belles empoignades avec quelques coups bas dont un refus de priorité qui nous enverra au lof avec rupture des drosses de barre sous spi et gennaker. L’équipage très réactif, mettra rapidement la barre de secours en place et poursuivra la manche avec un classement honorable.

Du monde derrière
A la barre
Sous spi et gennaker

Le bateau étant sans moteur, nous aurons l’occasion de faire une belle manœuvre de port sous voile avec un créneau entre les catways avec foc à contre pour culer entre deux places. Avec un bateau de plus de 14 mètres, la manœuvre fût appréciée des autres compétiteurs.

Calanque droit devant
Entrée
Une belle sensation

La course se terminera par une remise des prix au cours de laquelle nous avons pu assister à un spectacle mémorable. Devant la terrasse où était rassemblé l’ensemble des compétiteurs (marins dit aguerris), un propriétaire avait mis le cap sur le quai entre deux catways avec son foc qui portait en plein. Les quolibets allaient bon train. Après quelques manœuvres peu orthodoxes pour retourner le bateau et partir vers le large, le skipper et son navire passent devant la terrasse et ses centaines de personnes hilares. Il salue alors l’assemblée en tournant le dos et en baissant son pantalon, ce qui lui vaut les applaudissements de l’assemblée. Où comment retourner son bateau et la situation.

Nous finirons la semaine par une petite ballade vers les calanques de Marseille ce qui permettra de faire de belles photos de ce superbe navire.

Pour le plaisir des yeux

 

 

Premières croisières

Décembre 1978 : Première croisière comme chef de bord : un grand moment.

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Après mon stage de chef de bord sur Nautile aux Glénans, nous décidons avec mes deux compères de stage, Denis  et Pierrick, de louer pour la première fois un bateau. Comme nos moyens ne sont pas extensibles, nous décidons de louer pendant  les vacances de Noël, pour une semaine, à un tarif intéressant.
Ne doutant de rien et confiant dans nos nouvelles connaissances, et avec le recul un peu inconscients, nous établissons un programme ambitieux : Depuis Mandelieu-la-Napoule où nous avons loué notre Carter 33, nous prévoyons d’aller en Corse et retour par Monaco. Notre "Cibade " nous mènera à bon port malgré des traversées agitées.


Pour nos trois équipières, Martine, Sophie, Elisabeth, c’est le baptême de la mer. Elles seront bien baptisées. Comme matériel sophistiqué de navigation nous avons que la gonio, qui sera l’occasion de nos premières nausées.

Une traversée fraiche
Les joies de la gonio
Corse en vue

Le cap est mis sur Calvi. Très rapidement, nous nous trouvons au près sous 35 nœuds de vent. Dans mes souvenirs,  la nuit fût assez difficile, alternant vent et calme plat. L’arrivée sur Calvi, sous le soleil d’hiver, nous valide notre première traversée. Après avoir admiré les montagnes enneigées qui s’encadrent dans la descente, c’est l’occasion d’une bonne douche au jet sur un port déserté. La remontée sur Saint Florent, se fait au portant sous 15 nds de vent pour le plus grand plaisir de l’équipage.

Les pieds dans l'eau, la tête dans la neige
Une bonne douche fraîche
L'équipage direction St Florent

Le départ vers le cap Corse se fait portant par une douce brise hivernale. Le retour sur Monaco est assez venté et nous sommes heureux de faire une pause dans un port de Monaco très calme. Ce n’est plus la saison des grands Yacht.

Nous devons rendre le bateau le lendemain, et dans l’impossibilité de trouver une météo, nous appareillons, sereins, par calme plat.
A l’entrée de la nuit, montée rapide en puissance du vent  et nous ne cessons de réduire la toile avec une grand’voile à rouleaux non adaptée, qui poche de plus en plus. Cerise sur le gâteau, il y a un cour-circuit quelque part et nous prenons du 12 volt chaque fois que nous touchons l’étai. Cela aide énormément à crocheter rapidement les mousquetons de foc.

Départ vers le continent
Petit matin vers Monaco
Navigation en escadre

Devant le creux qui se forme, elle finit par exploser et nous nous trouvons sous tourmentin seul. Devant Antibes, il n’est plus possible d’avancer dans le vent et nous décidons de partir en fuite après un empannage sur une crête de vague.
Nous filons plus de 12 nœuds, speedo bloqué. Nous arrivons a accrocher la Marina Baie des Anges où nous tournons les aussières en fin de nuit. Nous apprenons le lendemain, que le vent soufflait à 55 nds dans la zone où nous étions.
Pour notre première expérience de gros temps, nous avons ressenti une certaine peur physique face aux éléments, mais nous sortons conforté de l’excellente formation que nous avons reçu qui nous a permis de prendre les bonnes décisions et de réaliser les manœuvres appropriées. Depuis cette date, je ne rate plus les bulletins météo.

Pour l’équipage, le ressenti est un peu plus délicat. Martine  a été sanglée dans le cockpit toute la nuit et ressent une bonne contracture au bras car elle a du barrer un moment pendant que nous manoeuvrions à l’avant. Dans une mer formée, Elle s’est appliquée à garder le cap au degré près.

Il faudra une petite année pour oublier ces moments difficiles.

En 1979, j’enchaînais les stages aux Glénans comme moniteur puis chef de bord, ce qui me permettait d’acquérir une bonne expérience liée à l’organisation des navigations et aux erreurs des stagiaires à anticiper.

Avril 1980 : Les équipiers à fuir

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon sur Dijon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas avec Jean Jacques, dont je fais la connaissance de louer un bateau avec des amis et un couple rencontré lors du repas.. Je suis très impatient de naviguer avec eux, car ils nous ont relaté des expériences de navigation en Manche qui me laisse augurer d’une expérience qui pourra m’enrichir. Nous avons retenu un Melody, du doux nom de « Val » pour naviguer entre Hyères et St Tropez, dont je serai le skipper.

198004melody.jpgDès l’arrivée à bord, alors que chacun participe à l’avitaillement, nous sommes surpris de les voir s’installer dans la cabine avant sans se préoccuper de qui que ce soit.
Dès les premiers bords, notre étonnement va grandissant. En effet, alors que nous préparons les ris, je m’aperçois que les nœuds sont « originaux ». A ma question, sur la manière particulière de faire le nœud de chaise, il m’est répondu que c’est comme cela que l’on pratique en Manche. Puis vînt l’instant de barrer, qui nous permit de faire de magnifiques zig-zag qui auraient surpris plus d’un barreur de l’América cup. Heureusement la cp'tine tient bon le cap.

 


198004melodyval.jpgLa goutte qui fait déborder le vase de la tolérance survient à St Tropez. La caisse du bord étant serrée pour se mettre au niveau des nombreux étudiants un peu raides financièrement, nous sommes sidérés de voir revenir notre couple d’enfer avec du Foie Gras.  Alors qu’ils s’absentent, le cap’tain donne l’ordre de sortir le pain et de se goinfrer le foie gars, qui, ma foi, était fort bon. La mine dépitée du couple à son retour réjouit l’équipage, d’autant plus que navigateur en eau froide a la bonne idée le soir de fumer sa pipe dans le carré, où dorment quatre équipiers, avant de rejoindre tranquillement sa cabine.

Le dernier jour arrivé, alors que tout l’équipage s’affaire à nettoyer le bateau, notre joli couple se préoccupe de sa toilette et de ses affaires. Il me devient impossible de me retenir et devant ma colère, et pour me montrer mon mauvais esprit, la dame se met à astiquer consciencieusement l’étambeau d’une manière qui fait penser à une activité intime sur un mamouth. Le vase déborde et je les débarque. Heureusement, je vais pouvoir me rattraper avec la semaine qui suit où j’embarque sur le Pen Duick III.

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Pend Duick III : Croisière en Corse (diaporama)

L’arrivée sur ce bateau est un nouveau rêve qui se réalise. La goélette noire nous attend au Port de St Mandrier. Sa ligne superbe attire le regard. Après un avitaillement rapide, nous prenons large avec quatre autres stagiaires  sous le commandement de Jean Benoît Sangnier: cap sur la Corse. Dès la sortie de la rade de Toulon, après des manœuvres d’homme à la mer, une bonne brise de 15 à 20 nds nous démontre les qualités marines  de ce voilier le plus titré en régate.  Après être parti sous yankee III et un ris, le vent mollissant nous permet de renvoyer la grand voile et le génois.  En fin de nuit, le vent se renforce à 25 nds. Nous amenons la grand voile,prenons 2 ris dans l’artimon et envoyons le foc 2.Nous alternerons Yankee lourd, Yankee III et foc 2 toute la journée avec un vent qui oscille entre 15 et 25 nds. La nuit suivante voit le vent tomber et une brise faible ne se lève que le lendemain ;A 16 heures les Iles sanguinaires qui protége la baie d’Ajaccio sont reconnues. Après avoir défilé, une bonne partie du jeu de voile nous accostons au quai Napoléon à Ajaccio à 23 heures.Nous appareillons en fin d’après-midi par ESE 15 nds qui vire au NW en milieu de nuit en se renforçant à 25 nds avec une mer peu agitée et une visibilité médiocre avec averses. En matinée, la mer devient forte avec 30 nds d’est. Le bateau taille sa route et nous accostons à Port Cogolin en mileu d’après-midi après une traversée à 7 nds de moyenne.

Nous allons remonter la côte jusqu’au port d’attache avec un vent qui ira en mollissant amis qui nous permettra de sortir spi et ghoster.

Il faut vivre un peu courbé à bord, car Eric Tabarly  avait calculé la hauteur sous barrot en fonction de sa taille. Nous pouvons, par contre, apprécier la table à carte à cardan ainsi que les couchettes réglables, idéales à la gîte.

Je garde le souvenir de l’envoi du spi qui réclame deux personnes pour le sortir de la soute. Lorsque je verrai Pen Duick III à couple de Pen DuickVI, je mesurerai encore plus l’exploit d’Eric Tabarly qui avait mené à la victoire,seul, un tel bateau qui nécessitait des qualités physiques et  techniques hors du commun.

Cette semaine de navigation sera un véritable enchantement. Elle sera le germe du projet de participation, plus tard, au Tour de France à la Voile.

En 1981, je poursuis mon activité bénévole aux Glénans. Nous avons la chance de participer à la SNIM en avril sur Palynodie, puis mon mois de vacance en septembre me voit prendre les responsabilités de patron des liaisons et de chef d’île sur Fort Cigogne.

198112ginfizz.jpg 26 Décembre 1981 - 2 Janvier 1982 : Croisière hivernale en Méditerrannée

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas de louer un bateau pour la période de Noël. Nous naviguerons du 26 décembre au 2 janvier avec jour de l’an à bord.
Nous louons un Gin Fizz (L.11,70 m, Tirant d’eau :1,90 m), très bon bateau avec sa cabine arrière séparée offrant un bon abri au poste de barre.
L’équipage est constitué du cap’tain et de la cap’tine , Ghylaine,Christine, Jean-François, Henri-Paul, François et Yves qui me succédera à la tête de l’association qui sera crée une année plus tard.
Le bateau est pris à St Maxime. La météo est un peu perturbée avec un passage de front dans le nord générant un vent d’est qui doit passer au NW dans la nuit.
Nous quittons le port avec de l’Es-25 nds pour des manœuvres de prise en main qui s’avèrent utiles puisque l’écoute de grand voile nous lâche au cours d’un empannage. Après un retour pour réparer, nous repartons l’après-midi pour St Tropez sous 30 nds de vent. La traversée est rapide et nous nous amarrons en fin d’après-midi.

Le lendemain, avis de coup de vent force 8 à 9. Nous restons sagement visiter St Tropez et ses alentours.
Le 29, peu de vent le matin, nous faisons un tour à St Raphaël que nous rejoignons sous GV 2 ris et Foc 2 devant un vent qui monte en puissance.
Le 30, nouvel avis de coup de vent : visite de St Raphaël
Le 31 du SSW est annoncé mollissant.Nous mettons le cap sur Porquerolles, où nous arrivons  après neuf heures de navigation par 10 à 15 nds de sud. Nous profitons de ce cadre magnifique, relativement calme à cette saison pour faire un bon réveillon avec les moyens du bord.
Le lendemain, retour sur St Maxime avec un vent qui fraîchit jusqu’à 35 nds , heureusement pour nous venant du NW. Nous finissons notre croisière sous 3 ris, tourmentin au près dans la baie de St Tropez.
Cette croisière qui nous fait côtoyer tous les type de temps, bien gérés avec une parfaite couverture météo permet de réconcilier la Cap’tine avec la mer.

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07/11/2008

Les Glénans

Faire face aux éléments, lorsqu’ils sont déchaînés, n’est certes pas une petite affaire. Il faut alors connaître la mer, savoir que vous la connaissez, et ne pas oublier qu’elle a été faite pour qu’on navigue dessus. Joshua Slocum (Sailing alone around the world).

20081119captainglenans.jpgC’est dans la diversité des situations que l’on acquiert l’expérience, la mienne débute au Centre Nautique des Glénans.

Stage à terre
(en savoir plus)
Après deux stages à terre, j’ai la chance de me former au monitorat avec un homme remarquable qui se cache derrière des coups de gueule fantastiques : Jean-Louis Goldschmidt, dit Goldo.
Il disait : « Le stage à terre prépare la navigation. Fautes ou laxisme dans la manœuvre engendrent les pépins. Cela dit, relever une erreur ne met pas en cause la personnalité ou l’honneur du stagiaire. Le débutant est là pour faire des bêtises, nous, pour y parer. »

Des bêtises, j’en ai fait, dont la perte de mon mat sur ma première croisière comme chef de bord sur Mousquetaire car je n’avais pas pris garde au courant traversier en remontant l’Odet avec le flux. Depuis, je prête une attention toute particulière à l’observation de la surface de l’eau pour m’imprégner des rivières marines engendrées par les marées.

Monitorat (en savoir plus)
20081119dogre.jpgLes années passées comme moniteur puis chef de bord et chef d’île au Glénans m’ont apporté une richesse d’expérience. Prévoir, éviter ou réparer les erreurs accumulées par les stagiaires, représente des années de navigation. La diversité des bateaux et des gréements contribue également à s’imprégner du sens marin : De la Cavale au Dogre des îles en passant par la Caravelle puis les Choses pour revenir au dériveur avec le Vaurien ; du Corsaire à la Goélette des îles au doux nom de Folavoahl, tous les gréements nous passe entre les mains (sloop, voile au tiers, voile à corne…..)

Le bateau des liaisons (en savoir plus)
20081119PENAMEN.jpg L’Archipel (12,50 m) et le Pen a Men (12 m) peuvent embarquer chacun 50 passagers et des vivres. Ces deux bateaux assurent les transports en tout genres entre Concarneau et les îles. C’est une formidable école de mer, que de se voir confier la bonne marche de ses bateaux et d’en assurer les manœuvres tant au port qu’au mouillage. Une saison durant, j’ai pu assumer la fonction prodigieuse de patron des Liaisons. Au delà de l’expérience maritime, la notoriété de la fonction qui consistait notamment à livrer le cidre sur les îles, débouchait sur un accueil chaleureux sur les différents stages.

20081119bequillage.jpgInitiation Croisière et stages chef de bord (en savoir plus)
Après les stages à terre, vient la croisière avec les stages sur Mousquetaire, Dogre, Cotre des Glénans, Nautile, où l’on apprend à manœuvrer au bon moment, faute de winch. On apprend également à anticiper ses atterrissages, faute de moteur. On apprend également la vie à bord, le respect des autres et la sécurité.

La Sécurité
S’il était demandé à ceux qui, vaille que vaille, tentent, jour après jour, de recréer aux Glénans l’esprit de sécurité « Qu’est-ce que la sécurité en mer ? », ils pourraient répondre : « C’est quand il y a suffisamment de gens qui respectent la mer ».
Ce combat mené depuis l’origine des Glénans, est d’autant plus nécessaire que s’est établie une alliance objective entre des administrations qui s’alignent sur les fantasmes et les peurs du public et des marchands qui exploitent l’éventaire des nouvelles amulettes obligatoires. (extrait de la mer vue des Glénans- Ed. Seuil 1978)

La Croisière et la course-croisière
198211stanneappareillage.jpgLa navigation sur Sereine et Saint-Anne VII, c’est déjà le rêve aboutit du glénanais de base. Sereine, belle dame de 12,50 m lancée en 1952, pèse ses 12 tonnes que l’on mesure à leur juste valeur lorsqu’il faut ramener le bateau à la godille par faute de vent. Sereine est désormais classée au Monument historique du patrimoine français depuis 2001 et à reçu plus de 300000 stagiaires. Un regret, je n’ai jamais eu l’occasion de naviguer sur Glénan, sloop de 13,07 m aux lignes racées.


198104snimmarseille.jpgUn bon souvenir, la participation à la SNIM (Semaine nautique internationale de Marseille) sur le magnifique sloop dénommé Palinodie avec humour par son ancien propriétaire, Monsieur Gaston Deferre, avant qu’il ne devienne pour quelques années propriétés des Glénans. Ce fut l'occasion de découvrir la course croisière et et l'euphorie des départs et du passage de la première bouée.

Voir le DIAPORAMA

 

Cotre et Dogres des Glénans
Le Folavoahl
Cotre des Glénans
Mousquetaire

06/11/2008

Stages à terre

Stages à terre

De mes stages à terre, je n’ai pas gardé de souvenirs précis tant j’étais occupé à prendre du plaisir sur tous les types d’embarcations différentes sur lesquelles nous avons pu naviguer.


1979cavaleaupres.jpgAprès la cavale de mes débuts, ce fût les vauriens, dériveurs d’avant garde qui permettaient de se familiariser avec les manœuvres et le sens du vent. Puis, les gréements anciens des cotres et des dogres où l’art de tourner une écoute s’apprenait rapidement si on ne voulait pas avoir les bras en compote pour étarquer secondairement la voile au virement de bord. Pas de winch à bord. Puis les goélettes des Glénans avec leur voile à wishbone qui étaient très véloces et dont le pont découvert, avec place pour la table à carte, permettait de s’initier aux joies du pilotage et des alignements dans un archipel aux nombreuses passes agrémentées de courants.
Rapidement, très motivé, je pus m’inscrire à un stage moniteur.


1980penfretvaurienreglage.jpgA cette époque pas de BAFA, les seules conditions étaient d’être reconnu capable d’y accéder. La philosophie de l’expérience primant sur celle du diplôme qui en voile ne veut pas dire grand chose. En effet, dans ce milieu, il est plus important de connaître les capacités d’adaptation et les compétences apprises dans de réelles conditions de mer que de savoir si on a suivi des cours de pédagogie.

Stage Moniteur

Mon stage moniteur se déroula en avril 1977. Les fronts se suivaient assez serrés avec un froid piquant accompagné souvent de giboulées de neige. Avec pour tout équipement un bon ciré Cotten jaune et des bottes qui se remplissaient d’eau, on enchaînait les ronds dans l’eau avec les vauriens. Compte tenu de la température de l’eau, on apprit très vite à ne plus dessaler.

1979dogresdesiles.jpgLa vie aux glénans se partage entre les activités nautiques, les activités de quart (surveillance, cuisine, vaisselle) et les activités destinées à entretenir le patrimoine de l’association.

Durant ce stage, nous avions un spécialiste en la personne de Jean Louis Goldschmidt, dit Goldo. Deux jours après le début du stage, nous avions comme programme de la journée les arrivées de plage, qui devaient se dérouler sur l’île de St Nicolas en face de Drenec où nous étions hébergé. Ce qui ne nous avait pas été dit, c’est que le programme comprenait également la réception d’une bétonnière destinée à l’extension de la cale de Drenec.

1979goldo.jpgC’est dans de tels moments que l’on reconnaît les spécialistes.

En attente, à marée haute, sur le quai de St Nicolas, nous vîmes arrivé l’Archipel, bateau des liaisons avec deux madriers qui dépassaient d’un bon mètre par le travers et sur lesquels était posée une énorme bétonnière sanglée par des haussières. Elle avait fait le trajet depuis Concarneau.


1980Lliaisonbetonniere.jpgLe déchargement donna lieu à quelques expressions marines bien senties. La moitié du travail était faite. Il ne restait plus qu’à lui faire traverser la distance entre les deux îles. Tout naturellement un radeau constitué de planches tendues entre deux prames, sur lequel le chargement depuis la plage fût assez sportif, permit à cet engin d’arriver à bon port.

Le retour des entraînements aux manœuvres de l’après-midi nous donna l’occasion de procéder au déchargement.

Nous allions très vite sympathiser avec cet outil superbe puisque durant les quarts à terre, on préparait le ciment qui était étalé à l’emplacement prévu. Cela permettait à ceux qui rentraient de navigation de passer obligatoirement, avec leurs bottes, une bonne demi-heure à gâcher le ciment sur place avant de pouvoir aller boire un petit coup de vin chaud. 
Je pourrai vérifier, lorsque je passerai prochainement aux Glénans avant mon grand départ, si elle a résisté aux assauts de la mer.

Au delà, de ces anecdotes qui ont émaillées les stages à terre de nombreux glénanais, je me souviens de deux bonnes leçons de navigation.

1980penfretmouillageprame.jpgLa première était l’entraînement à la godille dans les prames. Pour nous permettre d’acquérir une bonne maîtrise de l’instrument, Goldo nous faisait remonter le courant de marée avec cinq à six personnes debout pour avoir une meilleure prise au vent. L’enseignement fut payant. Je pus m’en rendre compte en passant dernièrement sur la base de Marseillan, sur l’étang de Thau. Il n’est possible de traverser le canal qui donne accès à la base qu’avec une prame maniée à la godille. Alors que je n’avais pas godillé depuis près de 20 ans, les gestes sont revenus spontanément et malgré une forte Tramontane par le travers les manœuvres ont été impeccables.

1980dogreappareillage.jpgLa deuxième avait pour objectif de nous démontrer que le sang froid est plus important que la précipitation. Alors que nous étions sur un Dogre, mouillé dans le chenal entre Drenec et St Nicolas pour déjeuner, Notre ami Goldo arrive très calmement en nous disant d’un air détaché : « vous êtes largué, le bateau dérive ». Bien sur, pas de moteur. Il faut hisser les voiles rapidement, garder le bateau qui cule dans l’axe du vent puis abattre en grand pour prendre de la vitesse et devenir manoeuvrant. La côte était toute proche, mais nous avons pu nous en tirer sans problème.

Cette expérience allait me servir plus tard, alors que nous dérapions d’un mouillage en catamaran dans le petit port de Sauzon à Belle-île. Après un manque à virer, je n’ai eu d’autre solution que d’abattre en grand en me dirigeant droit sur le môle ce qui me permit d’empanner et de repartir tranquillement. Merci Goldo.

05/11/2008

Stages embarqués

Premier stage embarqué
Mon premier stage embarqué se passa sur Mousquetaire, l’année précédant mon stage moniteur. Ces petits bateaux, très marins, permettaient de faire du cabotage dans les petits ports et les rivières de Bretagne.

Nous naviguions en escadre avec un chef d’escadre. Je me retrouvai chef de bord ce qui compte tenu de mes compétences était un bien grand nom.  Ce fût l’occasion de ma première, et je souhaite dernière, fortune de mer.
1977mousquetaireglenans.jpgNous avions décidé de remonter l’Odet car le vent était dans le sens de la marée. Nous avions fait une première escale dans une vire de la rivière qui nous avait offert une belle partie de fou rire. En effet, deux équipières avaient été prises d’une envie subite. Evidemment, pas de toilette à bord hormis le seau ou le balcon arrière. Le temps étant au beau, elles choisissent le balcon, d’autant plus que le courant mettait la poupe vers la forêt qui bordait la berge. C’est là que dame nature, qui parfois aime plaisanter, se prit à inverser le courant et le bateau à commencer une lente rotation qui devait amener la poupe vers le lit de la rivière. Pas de chance, à ce moment, un promène-touriste remontait la rivière. Il nous fût permis de voir un beau mouvement d’ensemble sur le pont avec jaillissement des appareils photos, sous les hurlements de nos deux équipières, demandant de faire quelque chose. Bien entendu, en équipiers zélés, hormis partir dans un grand fou rire, nous sommes restés stoïques.
Une mauvaise action est soit-disant toujours punie, j’allais l’apprendre à mes dépends. La remontée ayant repris son cours, une petite régate se mettait spontanément en place entre les bateaux de l’escadre. Pris par la course, j’oubliais d’intégrer la notion de courant dans ma démarche récente de navigation. Le courant nous portait vers une balise de chenal qui inexorablement glissait le long de la grand’voile avant de finir se fixer dans les pataras… et patatras… le mat tombait. Je n’ai toujours pas oublié ce bruit de corde qui se tend et le craquement qui s’en suivi.
Le mat en bas, il fallu repêcher tout cela puis tour arrimer à bord. Ensuite nous allions apprendre le remorquage sous voile en redescendant la rivière avec le courant remorqué par un autre mousquetaire, puis retour à Concarneau « sous les ovations du public ».

Première croisière autonome
Après un stage comme moniteur sur Penfret, j’embarquais comme chef de bord et chef d’escadre pour une croisière sur Mousquetaire au départ de Concarneau. Le programme consistait à naviguer jusqu’à Belle-Ile en faisant les petits ports de la côte.

1977mousquetaireglenans2.jpgUn bon moyen de se familiariser avec les courants de marée et les arrivages à la voile pure. Selon la bonne règle Glénans, un mètre, un homme nous étions 5 à bord. Le fait de naviguer en escadre apportait l’avantage de la sécurité et impliquait une bonne explication des programmes de navigations. De cette croisière, je retiens l’épisode tragico-comique qui nous est arrivé au port de Douelan.
Le bateau étant à quai, je m’en étais éloigné, mes équipiers étant restés à bord. Tout à coup, j’entends des hurlements en provenance de la cale proche. Je me précipite et je vois deux de mes équipiers dans l’eau à côté d’un homme qui flotte les bras en croix. Je veux aller les aider, mais ils m’arrêtent à temps, car la cale à marée descendante est une vraie piste de glace ce qui explique la chute de l’homme et le barbotage de mes équipiers. Un équipier est parti appeler de l’aide et avec précautions nous ramenons la personne sur le bord. Il est inanimé, vraisemblablement assommé en tombant.
A cette époque, mes connaissance médicales d’urgence se résument à la pratique du secourisme que j’avais mené de manière active dans les équipes de la Croix-Rouge à partir de l’age de 17 ans. Je commence à lui faire une réanimation cardio-respiratoire.
C’est alors que la situation prend un tour particulier. Son neveu qui l’accompagne me demande de faire attention quand je le manipule, mais en fin de compte on se rend compte que c’est de la montre dont il parle. Il est jeune et n’a pas du percevoir la gravité de la situation.
Les pompiers bénévoles qui ont été appelé arrivent, malheureusement de l’autre côté de la rivière ce qui les obligent à faire demi-tour pour récupérer le pont en amont.
Lorsqu’ils arrivent, cela devient du cirque. Derrière l’ambulance, suivent les voitures, puis les mobylettes, puis les vélos, puis les piétons. Tout le village semble s’être donné rendez-vous.
Rapidement je demande au pompier bénévole de l’oxygène et il me rapporte une bouteille d’eau oxygénée car il y a une petite plaie au crâne.  L’ambulance est encore en cours d’aménagement avec les plaques de contreplaqué vierge et juste un brancard.
En fin tout se met en place, l’homme a recouvré connaissance et respire à nouveau. Il est chargé dans l’ambulance pour être dirigé vers un hôpital. Je pense qu’il s’en tirera.
Mes co-équipiers trempés et moi-même deviennent alors les nouvelles attractions. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous sommes à bord et nous larguons les amarres.
Le spectacle est terminé.

Bretagne nord
Pour changer de la Bretagne sud, je décide de faire mon stage suivant comme équipier sur un bateau plus lourd pour goûter à la navigation dans les courants. Sitôt débarqué de ma croisière en Mousquetaire, je pars pour Paimpol embarquer sur un Dogre de croisière (8 mètres, 8 équipiers) pour une croisière qui va nous emmener aux anglo-normandes. Nous avons le bonheur de profiter de véritables couchettes cercueil se situant sous la descente ce qui permet d’être lavé avant d’être levé.
C’est la découverte d’une véritable estime qui doit intégrer la dérive dans les calculs. Nous ferons un beau périple. Après arrivée à Jersey et un passage à Guernesey, nous ferons une escale à Serc avec son système médiéval. Le retour se fera par St Malo avec un passage d’écluse juste avec la marée qui nous permettra de manger de bonnes crêpes pendant que l’autre bateau tirera des bords au large en attendant la renverse. Lors du retour sur Paimpol, nous ferons une escale à l’Ile Verte pour un travail d’entretien, toujours dans le même esprit Glénans.

Stage chef de bord
197804alainmercier.jpgEn avril 1978, j’ai été jugé apte à suivre un stage de chef de bord  qui se déroule sur Nautile. Nous partons toujours en escadre au départ de Concarneau en direction de Brest avec passage du Raz de Sein. C’est l’occasion pour moi de mouiller sur un grappin relié à un filin d’une centaine de mètres en plein Raz pour éviter de reculer car le vent est faible et nous avons un courant de jusant qui nous sort.  Nous avons ensuite l’occasion de visiter Camaret (son curé, ses filles…). Un petit tour en rade de Brest, l'occasion d'admirer le Sir Winston Churchill, puis on remonte en mer d’Iroise avec une escale  à Molène. Le chenal du Four est vite passé avec un courant favorable et vent portant de Sud. L’escale à Ouessant laisse un bon souvenir avant d’aller faire un tour à l’Aberwrach qui nous accueille dans de bonnes conditions.
197804nautilesoir.jpgLe retour sera un peu plus difficile. A l’entrée du Four nous attend un brouillard très épais qui nous laisse à peine voir les feux de navigation à l’avant du bateau. Nous allons tirer des bords toute la nuit en se calant sur le son de la boue sifflante d’entrée du chenal. Nous nous éloignons vers l’ouest jusqu’à la limite de l’audition puis retour vers l’est jusqu’à une sonorité nous incitant à recommencer le manège. Au petit jour, avec la marée nous pourrons enfin descendre sur la pointe St Mathieu.


Le retour sur Concarneau sera sans problème. ce sera l'occasion de croiser Sereine, le fleuron de la flotte des Glénans

Sir Winston Churchill
Nautile sous spi
La Sereine

04/11/2008

Encadrements

Chef de Centre

Le passage de chef moniteur à chef de centre puis chef d’île se fait par volontariat apprécié par les responsables de stage. La non plus pas de diplôme, mais une forte évaluation des compétences avec un sens des responsabilités réciproque.

penfret.jpgMon premier stage comme chef de centre s’est déroulé sur l’île de Penfret. Ile allongée qui s’étire du nord illuminé par son phare vers le sud avec son sémaphore. Le village de Penfret est constitué de deux petites maisons en pierre et de bâtiments annexes situés au pied du phare. Très vite le rythme est pris par l’organisation des quarts à terre : surveillance météo et mouillage des prames, le programme d’embarquement et la progression du dériveur au croiseur plus lourd, Dogre et Goélette des îles.

Nous sommes le dernier stage de la saison et nous devons fermer le site après l’avoir nettoyé.

L’aspect humain est également une composante importante, comme en navigation et je me souviens particulièrement d’un stagiaire. Alors que tout son quart était à la vaisselle, je demande où il est passé et n’obtient qu’une réponse évasive. Faisant le tour des bâtiments, je le trouve allongé sur sa bannette. Un peu surpris, je lui demande ce qu’il fait. Il me répond que ne sachant pas faire la vaisselle, il est venu se reposer. Qu’à cela ne tienne, en accord avec les autres membres du quart, nos allons lui apprendre et pour cela il sera amené à faire la vaisselle de tout le stage pendant que les autres commençaient une partie de carte. Bizarrement, il a appris très vite.

Une bonne ambiance régnait dans ce stage, et je décide d’une petite croisière de deux jours avec les moyens nautiques à notre disposition. En escadre, nous prenons la direction de Bénodet, où, après un accostage et une mise à couple impeccable, nous finirons la soirée chez une stagiaire qui y réside. Nous passerons sur la soirée animée qui ne nous empêchera pas de se lever de bonne heure le lendemain pour profiter de la marée. Notre retour sur les îles sera l’occasion de donner l’illusion de responsabilité à bord pour les choix d’options en simulant une sieste.

Ce stage m’avait donné l’occasion de faire la connaissance de Jacques, qui à la trentaine, changeait de vie. Suite à son séjour, il s’orientait définitivement vers la mer et devait monter ensuite un magasin d’accastillage à Ste Maxime où je le retrouverais plus tard lors de mes croisières.

 

Chef d'île

cigogne.jpgUne autre année, je pris les responsabilités de chef d’île sur Fort Cigogne. L'Archipel des Glénans, de par sa position stratégique, a longtemps été un repère de corsaires. Leur présence créait une insécurité constante pour les pêcheurs et plus encore pour les navires marchands. Un fort fut donc bâti sur l'Ile Cigogne durant la seconde moitié du XVIIIème siècle. Au plus fort, la garnison compta une centaine d'hommes, mais les conditions de vie particulièrement difficiles et l'insalubrité conduisirent quelques années plus tard à désaffecter le fort.

C’est dans cet espace balayé par les vents que nous avons passés encore d’excellents moments avec Martine qui me secondait comme maîtresse de maison. Cette fonction avait pour objectif de suivre l’approvisionnement et de veiller à la bonne marche des repas.

Lors du premier repas, elle avait mis un point d’honneur à soigner la présentation, mais au bout de deux jours, il fallu se rendre compte qu’il fallait mieux amener deux gamelles bien pleines qu’une bien présentée. L’air du large creuse.

En cette fin septembre, les fronts se succèdent ce qui donne lieu à des aménagements réguliers des programmes de pilotage au milieu des îles. Surveiller une flotte de plusieurs bateaux avec des niveaux différents contribue une fois encore à s’enrichir.

Le retour de stage sera mouvementé, puis qu’un avis de coup de vent force 8 est annoncé pour le jour du retour. On attend le passage du front qui souffle dans la nuit et le matin l’embarquement des bagages par les prames est très sportif.

Nous redescendons à la voile et heureusement le vent passe à l’ouest ce qui va nous pousser vers Concarneau.

Nous arrivons juste pour prendre les bus qui nous emmènent à la gare, sans avoir le temps ni de se laver, ni de se changer.

C’est une tribu hirsute, sentant l’air du large qui prend possession des wagons, égouttant les bottes par les fenêtres.

Nous n’aurons aucun problème de place jusqu’à Paris.

A Cigogne rien ne change (voir article)

 

Mauvais souvenir, bonne expérience

1980penfretplageest.jpgUn souvenir qui aurait pu être fatal me revient lors d’un autre stage à Penfret. Alors que je faisais le tour de l’île, je remarque une annexe qui commence à dériver gentiment depuis la plage est. A cet endroit, l’île présente un col entre les deux « sommets ». Pas très content que quelqu’un ait oublié de porter un mouillage à terre, je me précipite pour la récupérer. Je plonge et commence à nager. Il faut préciser que je ne suis pas un nageur émérite. L’annexe paraît proche et je pense l’atteindre rapidement. Je n’ai pas pris en compte que au fur et à mesure qu’elle dérive le vent passant par le col la rattrape et la pousse et cela de plus en plus. Nous nous éloignons de conserve sans que je m’en rende compte. Commençant à fatiguer, je me retourne et me rends compte que j’ai fait un tel chemin que je ne me sens plus la force de pouvoir revenir. Dans un dernier sursaut, j’accélère et je réussis à m’accrocher sur le bord. Un rétablissement me permet de monter à bord et de jeter le grappin de mouillage qui se trouve dans chaque embarcation. Cela me permet de souffler.

Il faut maintenant revenir. Etant à l’heure du repas, il n’y a personne à l’extérieur. Intérieurement ma fierté s’en félicite, car j’imagine les quolibets si on trouvait le chef de centre mouillé au large sans moyens de revenir. Je me sers alors du grappin comme dune fronde et je gagne ainsi mètres après mètres la distance qui me sépare de la plage.

Une fois arrivé, je croche solidement le grappin dans le sable et je m’éloigne discrètement. J’ai pris une nouvelle belle leçon sur la dérive et sur les capacités humaines.

03/11/2008

Patron des Liaisons

Patrons des Liaisons

Les liaisons, un service qui paraît un peu mystérieux pour le stagiaire qui arrive pour la première fois à Concarneau : livraisons en tout genre, du baril de cidre à la bétonnière, en passant par le stagiaire fraîchement arrivé. C’est également, le remorqueur et le bateau de sécurité. C’est aussi une très bonne école de la manœuvre avec des bateaux à moteur de 9 à 12 mètres.

Livraison
Amitié et convivialité
Avitaillement

Le patron des liaisons jouit d’un prestige particulier car c’est lui qui livre le cidre brut (au sens vrai du terme) qui est débarqué directement dans l’eau et remorqué par les prames. Heureusement, il livre d’autres douceurs moins rudes pour le palais et les intestins. Il est également le facteur, le Samu en cas de blessé. On comprend facilement qu’il soit en général bien accueilli sur les îles, ce qui en fait un métier éprouvant entre les nombreuses vacations entre Concarneau et les îles et les soirées qui s’en suivent.

Livraison des brassières
Un passager stoique
Poste de pilotage

Rien de mieux que de passer quelque temps sur l’Archipel ou le Pen a Men pour devenir expert en amarres : Manœuvre de remorquage des voiliers en départ pour les îles, navigation à couple.

Les nombreux allers et retour au port de Concarneau sont aussi l’occasion de côtoyer les pêcheurs et d’apprendre à connaître leur difficile métier.

D'une île à l'autre
Contact avec la prame
Paré à mouiller

Il m’a été donné de m’occuper des liaisons à chaque fois en fin de saison. Ce fût l’occasion de nombreuses manœuvres car il faut nettoyer les îles, lever les corps mort, finir les travaux en cours. Mais ce fût également l’occasion de profiter des lumières de septembre, lorsque les fronts dépressionnaires se succèdent.

Manoeuvre de débarquement
Une bétonnière à livrer
et le reste

Pour ceux qui voudraient approcher au plus près l’esprit qui régnait alors aux Glénans, initié par Philippe et Hélène Vianney, je conseille la lecture de « La mer vue des Glénans » aux éditions Seuil.

 

Passage à Drenec
Débarquement par prame
Fin de journée
Départ de l'Archipel
Arrivée à Concarneau