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25/07/2010

Calme à Porto Santo

20100719CColomb.jpgDécouverte un an avant Madère en 1418 par un bateau portugais en route pour les côte d’Afrique, qui s’était réfugié dans la baie lors d’une tempête, d’où le nom de Porto Santo (Port béni). De la, ils avaient aperçu une ile plus montagneuse visible au sud-ouest , qu’après un retour rapide à Lisbonne fut explorée lors d’un nouveau voyage l’année suivante. Bartolomeu Perestrelo qui accompagnait les  navigateurs lors du deuxième voyage fut le premier gouverneur de l’ile et devint le beau-père de Christophe Colomb.

Comme Madère, elle est d’origine volcanique et reste très désertique à l’intérieur, sa côte est s’étalant sur une longue plage de sable de plus de 9 km.

C’est sur cette ile que fut construit le premier aéroport de l’Archipel en 1960 qui traverse toute l’ile d’ouest en est. Après un afflux de touristes dans ces années la, l’ile retrouva une vie plus calme après l’ouverture de l’aéroport de Madère. Le rythme de vie s’écoule lentement et les touristes qui occupent les hôtels le long de la plage restent en nombre limité, ne troublant pas la quiétude des lieux.

La longue plage
vue du haut
et le port

La marina située dans le port où arrive deux fois par jour le ferry, est bien abritée de la mer, quelques rafales descendent des montagnes. Nous y avons été très bien accueilli, tant par les autorités douanières, que par Nelson, responsable de la marina dans un français impeccable. Nous assisterons à la mise à quai deux soir de suite d’un chimiquier guidé par deux remorqueurs, sous les commentaires éclairés du lieutenant du bord.

Vila Baleira
Maison de Colomb
Dans les rues

La plage de sable fin, débute de l’autre côté de la jetée du port, avec une eau limpide vert émeraude. Nous la longeons jusqu’à Vila Baleira, capital de 5000 hab, éloignée d’un quart d’heure à pied du port. Des jardins fleuris, s’étalent de la mer à la vieille ville où nous visitons la maison (présumée) de Christophe Colomb.

L'équipée sauvage
en quad
et scoot'

Nous nous motorisons pour faire le tour de l’ile qui ne fait que 11 km de long sur 6 de large. La pointe sud-ouest, fin de la longue plage, est rocheuse et découvre à marée basse une piscine naturelle.

La calheta
bleu azur
et piscine naturelle

Nous rejoignons la côte ouest par les chemins de terre où le quad est le scooter ont parfois du mal à grimper les côtes. Cette côte, très découpée, voit la roche plonger dans la mer. Anne-Sophie et Thibault sont très intéressés par la diversité des roches rencontrées qui dessinent des formes variées avec une palette de couleur du blanc au noir en passant par l’ocre.

Sur les hauteurs
une eau limpide
Tout terrain

Après rencontre d’animaux insolites sur fond d’ile sauvage, nous ferons une pause pique-nique à la vereda da fonta de Areia, où des lézards, en grand nombre, font preuve d’une insolence incroyable, montant dans les sacs, sur les casques sans aucune crainte. Nous vérifierons avant de partir que nous n’emmenons pas de passager clandestin.

Rencontre
Veredada da
fonte de Areia

Restaurés nous nous attaquerons à un des sommets de l’ile, le pico do Castelo (444 m) d’où nous aurons une belle vue sur l’ensemble de l’ile.

Côte Sud-Ouest
Pico do Castelo
Le jardin au sommet

Le lendemain, nous finirons notre périple à la pointe nord est de l’ile, où une baie rocheuse est balayée par les vagues venant du large : la Serra de fora. Une petite bière Coral et des patelles grillées nous permettront de parfaire notre connaissance du portugais sur les corrections de la serveuse.

Serra de Fora
Géologie
Restauration

Après ces journées agréables, nous partirons dans la matinée vers Madère éloignée de 30 MN. Après une traversée rapide, sous 15 à 18 nds de vent, nous virerons l’Ilheu de Fora, pointe est de l’ile de Madère 3 heures plus tard. Le vent forcissant et tournant dans la baie, nous tirerons un bord au près pour s’approcher de la côte.

Approche de Madère
Pointe est
Ilheu de Fora

La marina de Quinta do Lorde, nous enverra Bruno, un Marineros, pour nous guider vers notre place. Nous ferons connaissance de l’équipe de la marina avec un accueil très amical de Catia, la capitaine de la marina et de son équipe : Joanna, Carlos, Bruno, Orlando.  En début d’après-midi, nous étions amarrés devant l’immense falaise de roche noire qui protège la marina. A proximité de la sortie du port, nous avons la vue sur ce village en construction, actuellement inhabité et qui devrait devenir un complexe touristique respectueux de l’environnement.

La roche
Le phare
Au catway

17:28 Publié dans 11 Escales | Commentaires (0) | Tags : escale, navigation

18/07/2010

Cap sur Porto Santo

En larguant les aussières à 8 heures du quai de Gibraltar, Brise Dhe Mar et son équipage mettent le cap sur Porto Santo, ile de l’Archipel de Madeira à 570 MN (soit plus de 1000 km). C’est la première grande traversée océanique à la voile pour tout le monde. Nous avons estimé la traversée de trois à quatre jours. Les vents annoncés sont de NW à NNE 15 à 20 nds.

Départ de Gibraltar
dans le détroit
la cap'tine à la bare

Nous hissons la grand-voile à 1 ris et mettons le cap sur la Punta Carnéro pointe ouest de la baie. Nous sommes partis deux heures après la pleine mer pour profiter des courants favorables. Arrivé à la pointe la mer moutonne et devient une vraie marmite, le vent passe à l’ouest et forcit nous obligeant à prendre rapidement un deuxième ris. Le vent face au courant lève une mer courte. Nous allons nous appuyer au moteur pour tirer des bords serrés dans le courant près de côte qui nous emmène dans le bon sens. Jusqu’à Tarifa, nous devons jouer avec les veines de courants dont les limites se remarquent bien au bouillonnement de la mer.

Le phare de Tarifa
flotille de pêche
Cap Spartel

A Tarifa, limite ouest du détroit, il est possible d’abattre un peu et de serrer moins le vent qui diminue car l’effet goulet est moindre. Nous larguons le deuxième ris et c’est sous GV et Solent que nous essayons d’atteindre le waypoint que je me suis fixé pour tirer sur Porto Santo. Le courant encore fort commence à s’inverser et s’oppose à notre route, diminuant notre vitesse de près d’un nœud. Au large du Cap Spartel à la pointe du Maroc, il nous faut tirer assez ouest pour ensuite être à des allures portantes.  Nous passons au milieu d’une flottille de pêche qui est installée sur des hauts fonds. Nous aurons des vents d’W presque jusqu’à 15 heures, puis nous devrons attendre le milieu de nuit pour trouver les vents de NW qui soufflent entre 15 et 18 nds avec une  mer par le travers assez hachée.

La première nuit s’installe et les quarts se succèdent de trois heures avec une surveillance étroite du radar et de l’AIS car nous sommes encore proches du rail des cargos qui défilent à tribord et bâbord, impressionnants par leur masse.

Lever du soleil
Quart de jour
Au largue

Le lendemain matin, gratifié d’un magnifique lever de soleil, le vent reste NNW par notre travers et le bateau est bien équilibré avec un ris et le solent. Vers 11 heure mise en route du groupe électrogène pour recharger les batteries.  Ah ! Au passage la pompe tribord qui nous avait déjà causé souci, ne fonctionne à nouveau plus et nous finirons la traversés sous le tank bâbord. On n’use pas trop d’eau car la toilette est assez brève.

Et pendant ce temps-la, le vent est passé plus au nord car nous avons gagné dans l’ouest et nous pouvons commencer à entamer notre descente vers Porto Santo. Nous allons croiser plusieurs isobares qui génèrent à chaque passage, une remontée des vents qui oscillerons entre 15 et 23 nds, nous obligeant à passer du solent au gennaker, souvent rapidement, sous une variation rapide du vent. La mer nous présente à plusieurs reprises une houle de travers arrière atteignant 2 à 3 mètres. Sous la couverture nuageuse, elle est d’un bleu profond. Les crêtes blanchissent et lancent des reflets bleus turquoises. Le bateau glisse, dévalant les pentes avec aisance. Puis en s’éloignant de l’isobare la mer se calme et devient plus plate.

C’est l’anniversaire d’Anne-Sophie, que nous fêterons à l’arrivée, car notre bretonne est malade, mal de mer et coup de froid la rende peu disponible pour les festivités.  Des dauphins sont venus au matin lui souhaiter un bon anniversaire. Nous alternons quart de jour et quart de nuit avec période de sommeil pour récupérer de la fatigue qui s’installe insidieusement. La cap’tine et le lieutenant sont fidèles au fourneaux et nous assurent une alimentation simple mais régulière pour garder la forme. On se fera même des petits tournedos congelés, délicieux. Un gâteau de semoule au beurre salé agrémente nos petites faims des quarts de nuit.

Nous ne croisons plus depuis la veille aucun bateau, et seuls les poissons volants décollent devant notre étrave pour un vol de plusieurs dizaines de mètres. Nous verrons à nouveau des bans de dauphins qui seront notre seule compagnie durant deux jours. Ils glissent au surf sur la vague avant de rejaillir plus loin d’un coup de queue.

Le soleil se couche de plus en plus tard avec notre avancée vers l’ouest ce qui nous sera utile pour l’arrivée. Le 16 au matin, nous approchons d’une zone de haut fonds. De 3500 mètres de fonds, cela remonte à 168 mètres. Nous passons un peu sud pour éviter la mer qui doit se lever dans ces parages.

Au matin du 16, notre estimation d’arrivée s’affine et nous pensons pouvoir être à Porto Santo avant la nuit.  Nous recevons le vent sur la hanche arrière et pour optimiser la marche du bateau nous allons changer plusieurs fois de voile du gennaker au solent en fonction des variations de force du vent. Nous décidons de barrer plus souvent pour profiter au mieux des surfs que le pilote a plus de mal à assumer. Nous alternons les période de barre toutes les heures avec Thibault ce qui nous permet sur une mer plus régulière de faire de belles vitesses avec des pointes à 12 nds (max : 12,6nds). La moyenne horaire s’en ressent et nous devrions pointer à l’heure prévue à l’Ileu de Cima qui marque la pointe de la baie de Porto Santo.

La cap’tine a droit à la double (ration de rhum), car c’est elle qui voit la terre en premier à 18 heures. Elle nous refera la même quelques moments plus tard en apercevant au loin l’Ile de Madeira.

En approche
la côte
se précise

C’est une émotion particulière que de voir surgir la découpe de la terre dans le cap après trois jours sur l’eau. Je pense à ce moment à tous ceux qui nous ont précédés, mais qui ne naviguaient pas avec nos moyens modernes, adaptés à notre temps,  et qui avaient plaisir de se voir confirmé dans leur navigation avec leurs propres outils de navigation, modernes pour leur époque. Ce n’est pas Christophe Colomb dont nous allons découvrir la maison présumée à Porto Santo qui me contredira.

Les contours de l’ile se précisent et on repère progressivement les divers sommets qui nous permettent de nous confirmer notre cap par rapport à l’électronique. A 22 heures, nous contournons l’Ileu de Cima et rentrons dans la baie. Le soleil vient juste de se coucher, et il nous reste environ moins d’une heure avant la nuit. Nous passons les jetées du port et cherchons notre quai d’amarrage. Il faut faire attention aux bouées d’amarrage devant l’entrée des pontons de la marina. Une belle place nous attend le long du ponton d’accueil et nous accostons en marche arrière entre deux bateaux dont un catamaran breton devant lequel nous tournons nos aussières. Le loch indique 551 Mn au compteur.

Un gateau
d'anniversaire
bien mérité

Cela fait 94 heures que nous sommes partis, et les yeux marquent un  peu de fatigue. Mais nous n’irons pas nous coucher sans avoir fêter l’anniversaire à Anne Sophie avec un gâteau au chocolat fait maison, un crémant de Bourgogne et du bonheur dans les cœurs. Avec l’heure portugaise, nous avons une heure de moins ce qui nous permet de veiller sans s’en rendre compte. La bannette sera la bienvenue tout de même après avoir salué nos voisins qui semblent très heureux de cette escale.

La traversée se termine le lendemain matin avec la clearance à la douane et le passage au bureau de la marina. L’accueil est chaleureux. C’est l’occasion de tenter mes premières phrases en portugais acquises grâce à assimil. Il y a du travail pour les deux mois à venir. Une matinée est consacrée au bateau pour le dessaler au karcher, changer la pompe à eau par notre chef méca .

Au ponton
La baie
de Porto Santo

Ces menus travaux terminés, nous profitons d’un bon petit repas et d’une bonne douche avant de passer un après-midi tranquille pour récupérer. Thibault et Anne Sophie vont tâter de l’eau à la magnifique plage de sable blanc de 9 km qui jouxte le port. Des eaux turquoises engagent à la baignade, mais l’eau paraît fraiche (21°) en comparaison avec celle que nous avons quitté à Espalmador.

18:42 Publié dans 10 Carnets de navigation | Commentaires (4) | Tags : navigation

12/07/2010

D'Ibiza à Gibraltar

La grand voile hissée dès la sortie du mouillage nous mettons le cap au 232° sur le cap de Gata. Par 10nds de vent sur mer plate le bateau trace sa route sous Gennaker et GV. La vie s’organise avec les quarts. Dans la mesure où Anne-Sophie ne connaît pas bien le bateau, elle fera le quart avec la cap’tine, Thibault et le cap’tain se répartissent le reste. Nous ferons des quarts de 4 heures. Le diner pris, les hommes du bord vont se coucher tôt car ils feront la deuxième partie de nuit.

Départ d'Ibiza
Avec des barreurs
de qualité

Au matin, le vent s’oriente franchement vent arrière et nous affalons la GV pour filer sous gennaker seul. Plus on se rapproche du cap de Gata, plus le vent monte en puissance jusqu’à 25 nds de vent réel. La mer grossit et les crêtes des vagues se couvrent de trainées blanches. Le bateau est bien équilibré et part au surf sur les crêtes. Cela fera décrocher le pilote et je reprends la barre pour quelques heures en début de nuit. On recale le cap, permettant au pilote de reprendre assidûment son travail.

Chaque matin et chaque soir nous avons la visite de nos amis les dauphins qui viennent jouer quelques instants avec les étraves du bateau. Nous croiserons deux tortues qui nagent sous la surface. Espadons et thons sautent sous nos yeux de pêcheur encore néophite, poursuivant des bans de poissons. Thibault verra le bateau flotter sur une eau luminescente aux reflets d’émeraude sous l’effet du plancton.

Nous avons rejoint le cap de Gata sur un bord, puis le vent nous lâche progressivement en entrant dans la baie d’Alméria. Nous retrouvons un temps anticyclonique qui nous fait requérir la voile vapeur qui va recharger nos batteries. Pour profiter des courants favorables nous longeons la Costa del Sol surmontée de ses hauts sommets jusqu’à Gibraltar. Le diner est l’occasion de fêter la St Thibault avec au menu : Tomate Mozarella, quiche Lorraine et Miko au Chocolat conservé précieusement dans le congélateur du bord.

Repas de fête
Une bonne glace
Début de quart

Au petit matin, en approche la brume vue au loin nous rattrape. On la voit monter à l’assaut du Rocher et bientôt le submerger. Nous passons la pointe Europa à l’aveugle, au milieu des monstres marins, sur lesquels navigue Thibault, qui sont mouillés autour du cap. L’AIS et le radar s’avèrent très utile dans ces circonstances, venant utilement compléter les yeux des équipières placées à l’avant.

Petit Matin
en approche
de Gibraltar

A l’entrée dans la baie la brume se dissipe et sous le soleil nous rejoignons Marina Bay, où nous étions il y a un peu plus d’un an. L’accueil est toujours aussi convivial et une place nous attend en face nous, nez au vent le long du quai. J’avais réservé par mail depuis le bateau : la magie du progrès. Il faut se réhabituer aux marées dans les réglages de la tension des aussières. Après un bon repas, comme durant toute la traversée, tout l’équipage rejoint les couchettes pour une sieste réparatrice après deux nuits parfois courtes.

La rade
La marina
Le quai

Nous irons faire la rituelle visite aux singes du rocher et Anne-Sophie va essayer de retrouver ceux qu’elle avait connus il y a une quinzaine d’année lors de son passage en famille. Un petit tour dans la Cave San Michaels nous permettra de passer le plus gros de la chaleur au frais en admirant ces orgues de pierre. Nous finirons de nous rafraichir au Gibraltar oldest bar.

Anne-Sophie et ses singes
Orgues de pierre
The oldest bar

Tenue de soirée pour tout l’équipage pour fêter l’anniversaire de la cap’tine au Los Gauchos, spécialités de viandes argentine et New Zelande. Ce restaurant est situé dans les anciennes casemates qui protégeaient les portes de la ville. Nous y dinerons très bien d’une viande délicieuse.

Tenue de soirée sur le pont
Casemates Waterport
Le Gauchos

 

Les cadeaux
Le champ'
Le t'bone steack

Le plein de gaz-oil fait, notre chef méca répare la pompe à eau tribord qui nous faisait défaut depuis quelque temps. Un diagnostic sérieux est fait et il apparaît que c’est le relais de protection du pressostat qui pose problème. Il va falloir attendre Madeire pour le changer, car impossible de trouver la pièce à Gibraltar.  Sur les conseils du SAV, on peut se servir de la pompe en l’état pour le moment. Pendant que les hommes sont à la technique, les femmes sont au marché où elles font le plein de produit frais en vue de la traversée vers Madeire dont le départ est prévu pour le lendemain.

Et on souffle
les bougies

16:43 Publié dans 10 Carnets de navigation | Commentaires (1) | Tags : navigation