Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/07/2010

Palma sous le soleil

Après le départ regretté de Dominique, nous avons quelques jours d’escale à Palma pour attendre Thibault qui nous rejoint avec Anne-Sophie. Etape découverte avec son petit marché où le marchand de fruits et légumes s’exprime en français et nous fait des petits cadeaux en voyant que nous avons acheté deux steack de charolais chez son ami français qui tient l’étal de boucherie. Nous y trouvons même un vrai Brie, délicieux. La vie en bateau est faite de plaisirs simples : un bon steack, un bon Brie arrosé d’un rosé bien frais « Es Vermadors » conseillé à Dominique par la « petite » dame qui tient un étal de vin de pays qu’elle fait déguster et que nous retournerons voir.

La Boucherie et la cave
Le Mercat San Catalina
Un etal de poisson de rêve

C’est l’occasion pour les Bourguignons que nous sommes de continuer d’affiner nos connaissances sur les vins majorquins dans des boutiques bien achalandées. Bien échantillonnés en rouge et en blanc les vignobles majorquins s’étirent vers Binissalem, Inca, Consell au pied de la chaine montagneuse qui s’étend du Nord-est au Nord-ouest de l’ile.

20100628vins.jpgLes rouges marient sirah, merlot, cabernet, sauvignon auxquels s’ajoutent des cépages typiques comme le Monto Négro. Le chardonnay entre dans la composition des blancs de blancs comme le Macia Battle. Plus typique le Son Bordils est exclusivement composé du cépage Prensal Blanc, depuis sa fondation en 1434. Du même cépage, les vins de Sebastia Pastor dégagent des arômes variés de fruits tropicaux (ananas, melon,..).

Ces vins se boivent frais entre 6° et 8°, les rouges vers 18° ce qui nécessite de les laisser à fond de cale pour profiter de la fraicheur marine.

L'almeida
Les petites rues
La Cathédrale

Au hasard de nos déambulations, nous nous arrêtons pour diner au Provenzal attiré par les sons d’une guitare. Devant notre espagnol aux accents français, le patron nous aborde dans un français parfait pour nous apprendre qu’il est de Lille. Entre deux coups de bourre, car son établissement étant petit, il ne perd pas de temps pour pouvoir passer plusieurs services dans la soirée, nous discutons un peu.

Une belle table
Le héros de la fête
L'équipe du Provenzal

Nous y retournerons pour fêter l’anniversaire de Thibault, avec un peu de retard, sur une table décorée spécialement par le patron. Après des tapas excellents, nous verrons arriver en dessert un sorbet au cava avec feux scintillants, délicate attention de la maison.

Le Rotor en tort
La cap'tine et le tuyau
Le systéme D

Bien entendu nous avons eu notre récurrente étape réparation avec le changement du rotor de la pompe à eau de mer du groupe électrogène qui avait lâché ce qui est fréquent et nécessite d'en avoir une à bord ce qui est le cas.  En deux heures, cela est fait par un professionnel compétent et sympathique qui m’explique en anglais comment faire. Ce sera bon pour la révision dans 200 heures moteur. J’en profite pour trouver un système qui m’éviterait d’avoir de l’eau dans les fonds chaque fois que le chauffe-eau fonctionne avec les moteurs, la valve de sécurité jouant son rôle et évacuant l’eau sous pression. Le chantier laisse la sortie sans évacuation et l’eau part directement dans les fonds obligeant à éponger à chaque fois. Nous armant d’un tuyau d’arrosage, d’embouts de type Gardéna que j’avais emporté à profusion, nous cherchons à rejoindre la valve depuis les coques. Il y a, malheureusement, trois passages étroits sous les réservoirs d’eau à passer et le tuyau s’évertue à se rouler sur lui-même avant chaque passage. On réfléchit et avec un porte manteau, la pince flexible à long manche, un fil rigide on franchit progressivement tous les obstacles. La cap’tine fait coulisser le tuyau pendant que j’essaie de lui faire franchir les obstacles sur sa route. Deux heures après les tuyaux sont connectés à la sortie de la valve des chauffe-eaux. Il reste à affiner le système : un bidon d’eau de 5 litre servira de bac de décantation qu’il nous suffira de vider en conservant ainsi l’eau douce qui pourra nous servir pour la vaisselle. On verra à l’usage si on peut faire breveter le système et le soumettre au bureau d’étude du chantier.

Nous découvrons avec délice les petites rues étroites de la vieille ville qui serpentent derrière la cathédrale et l’imposante Almeida.

L'olivier centenaire
La Citadelle
Une maison moderniste

Pour accéder à internet et vous faire part de nos heurts et bonheurs, j’ai trouvé un hôtel avec un WIFI performant et non protégé que je capte aisément depuis le trottoir en face. Cela ne fait de mal a personne et nous facilite les échanges. Il nous restera à faire l’approvisionnement en frais au marché et en consommable longue durée au supermarché pour tenir jusqu’à la prochaine escale d’approvisionnement : Gibraltar ? À moins que cela soit ailleurs selon les humeurs de la météo.

Jeux de lumières
Le Faucon sommeille
Les grands Yacht

Les soirées sont douces et au hasard de nos promenades, nous bénéficions des jeux de lumières  autour du port. La cathédrale, jaillit de la nuit, pendant que les grand yacht sommeillent. Le « faucon Maltais » nous offre un jeux de lumières étonnant.

08:31 Publié dans 11 Escales | Commentaires (0) | Tags : escale

12/06/2010

La vision de la cap'tine

Si depuis le nouveau départ de Brise Dhe Mar, la cap'tine est restée discrète, ce n'est pas qu'elle n'avait rien à dire mais elle se réservait pour des passages forts. Eh bien, question moment intense, j'ai été servie !

Si les deux aller et retour, Canet-Les Baléares, ont apporté leurs premiers lots d'expériences à deux, la nuit à Soller fut l'apothéose.  Le capitaine vous a conté par le menu les péripéties de cette nuit. Je ne veux pas refaire l'histoire mais vous relater comment j'ai perçu la situation.

Loin d'être encore une navigatrice confirmée, mile après mile, l'apprentissage s'affine et les gestes se confirment. Toutefois je ne pensais pas devoir mettre en pratique mes connaissances dans l'urgence.

20100610mouillage.jpgAprès une journée tranquille au mouillage, précautions prises pour la nuit, c'est l'heure du dîner, papillotes de lotte sur lit de courgettes et poivrons mijotés, fromage et melon. L'esprit en repos, une tisane apaisante pour digestif, j'admire le majestueux coucher de soleil sur l'horizon et  regagne la couchette pour un sommeil réparateur. En pleine méditation j'entends soudain un bruit de moteur. L'espace d'une seconde comprenant que c'est notre bateau, tel un zébulon, je jaillis hors de la couchette. Cheveux en bataille, petite robe de nuit mais chaussure de pont, je prends la mesure du problème en voyant le capitaine. A la barre, dans un costume surprenant, caleçon, polaire ouverte au vent, pieds nus, il a les yeux rivés sur l'avant du bateau et me lance « on dérape ». Ciel d'encre, vent sifflant, mer agitée le bateau louvoie au milieu des voiliers endormis, inconscients du danger qui peut les guetter. Alors tout s'enchaîne, j'allume le guindeau, vérifie que tout est clair et sur ordre du capitaine, dont la tonalité de l'organe vocal, connu de tous est le bienvenu dans ce vent, je remonte le mouillage. Tout va bien quand d'un seul coup plus rien, la chaine reste bloquée et j'ai beau appuyer, plus de courant. Dans le même temps le capitaine a ses soucis de moteur et chacun doit agir. Je remets en manuel et évidemment le frein est impossible à débloquer pour mes petits bras ! Aide du capitaine qui comprend que j'ai oublié de décrocher la patte d'oie ce qui bloque tout. L'urgence et l'inexpérience ont fait que j'ai zappé ce point pensant déjà à beaucoup de choses. Comme m'a gentiment dit un compagnon voilier, on apprend tous les jours. Qui n'a jamais commis d'erreur !  En tout cas impossible de solutionner le problème à ce moment et il faut faire avec. Brise dhe mar suit sa route en crabe grâce à la maîtrise du capitaine. Il faut préparer la suite pour un accostage difficile sans s'affoler. Mais le récit vous a été déjà narré. L'important est que tout se soit bien terminé. Seuls bobos, une légère éraflure sur la jupe  pour le bateau et un bleu à l'œil pour la cap'tine. En effet la porte vitrée a dû se refermer et dans le noir lorsque rapidement je suis allée chercher un pare-battage pour protéger le bateau j'ai goulument embrassé la vitre ! Je jure que ce n'est pas le capitaine en représailles...

20100612portrait.jpg

Je pense que tous les gens de mer comprendront aisément ce que furent ces deux heures pour nous, les non initiés peuvent imaginer.
En tout état de cause, la solidarité en mer reste réelle et c'est bien devant les difficultés et l'urgence que l'humain se révèle. Si je ne souhaite pas revivre ce moment, je suis satisfaite de savoir que je peux seconder dans la mesure de mes moyens le capitaine, qui a toute ma confiance, ce qui est indispensable dans ce genre d'aventure.
La mer est dit-on une école de vie et cela est bien vrai car entre le virtuel d'une situation dans son salon et la réalité, c'est un grand écart.

J'espère vous retracer d'autres moments forts mais plus ludiques dans les prochaines semaines.

16:49 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (3) | Tags : cap'tine, escale

10/06/2010

Une nuit mouvementée

Au mouillage dans la baie de Soller depuis deux jours, j'avais pris mes repères terrestres de jour et de nuit qui me confortaient sur le fait que mon mouillage tenait bien.

20100610mouillagebaie.jpgLa soirée du 9 juin, le vent fraichit un peu entre 15 nds et 18 nds toute l'après-midi et, avant de se coucher, un dernier repérage est fait pour s'assurer que rien ne bouge.  La météo annonce le même type de vent pour la nuit. On s'endort tranquillement quand vers 3 heures du matin je me réveille sans raison particulière. Le vent est monté d'un cran et je jette un coup d'œil sur mes repères. Ceux-ci défilent sous le regard et je bondis sur le pont pour constater que nous dérapons sur l'ancre. Je mets les moteurs en route ce qui réveille la cap'tine qui me rejoint.

Nous sommes dans le fond de la baie d'où souffle le vent et nous dérivons très vite entre les bateaux au mouillage. J'essaie de reprendre la main au moteur  mais la marche avant ne s'enclenche pas. Je contrôle tant bien que mal en marche arrière. Pendant ce temps, je demande à la cap'tine de relever le mouillage. Dans l'empressement, elle oublie que la pate d'oie est enclenchée et la tension sur la chaine fait disjoncter le guindeau. Je laisse la barre quelques instants et décroche la pate d'oie. Nous n'avons plus le moyen de remonter la chaine car vu les bourrasques de vent il me faut contrôler la dérive du bateau dans le mouillage et je n'ai pas le temps de voir le problème du guindeau.

Nous dérivons vers la cale du port militaire de l'autre côté de la baie. Je réussi à relâcher de la chaine qui semble accrocher car nous avons un rappel. Je lance un appel sur le canal 16 et un bateau me réponde qu'il m'envoie deux personnes que nous voyons arriver sur leur annexe.

Compte tenu des bords que tire le bateau sur le mouillage, j'envisage de pouvoir me mettre au quai militaire. Je relâche un peu de chaine.

20100610quaimarine.jpgPendant ce temps la cap'tine a préparé les pare-battages et les aussières. Nos aides sont sur le quai et après deux tentatives, ils peuvent tourner nos amarres sur les bittes d'amarrages et nous nous rapprochons du quai avec le vent qui souffle parallèle à celui-ci. Sous sommes amarrés au quai et je complète l'amarrage avec les gardes. On apprendra le lendemain, par l'équipage sympa d'un cata venu prendre de nos nouvelles que le vent soufflait en rafales entre 32 et 35 nds.

Le bateau en sécurité, nous rejoignons nos couchettes pour récupérer un peu.

Le lendemain, un « holla » nous réveille de bonne heure. C'est un militaire qui nous dit qu'il est interdit de s'amarrer au quai. Je lui explique en Espagnanglais nos soucis de la nuit et lui indique que nous allons partir. Je m'aperçois alors qu'une aussière est passée dans l'hélice tribord, certainement peu de temps après l'amarrage.

Voyant cela, il me demande si je suis plongeur, ce que je ne suis pas vraiment. Il m'indique que lui l'est et qu'il va demander à son commandant s'il peut me dégager. Voyant nos ennuis, une relation sympathique s'établi. Nous attendons un petit moment en prenant le petit déjeuner puis il arrive avec son matériel de plongée. Le commandant vient nous rendre visite et en anglais je lui explique nos soucis. Je me demande si mon ancre ne s'est pas engagée sous une chaine car nous ne sommes pas loin des grosses pendilles des bateaux de tourisme. Le plongeur ira voir. Il balance son équipement depuis le quai et saute dans l'eau pour s'équiper. Pour l'aussière, pas de problème, elle est défaite rapidement et ne porte aucune trace de frottement. L'ancre paraît clair à ses dires. Deux bonnes bouteilles le remercieront.

Nous prenons contact avec la marina, et nous y trouvons une place avec le vent dans le dos ce qui compte tenu des problèmes de moteur devrait me faciliter la manœuvre.

On largue tout, on remonte la chaine qui force un peu en fin de course : une énorme poulie métallique est accrochée à son extrémité. Depuis quand l'avons nous ? Est-ce la cause de notre dérapage ? Nous verrons cela plus tard.

20100610marinatramontana.jpgEn entrant dans le port, La manoeuvre d'approche se fait sans trop de problèmes et « Santi » le marineros de la marina passe une énorme pendille à la cap'tine que je viens seconder pour la fixer à l'avant. Les aussières arrière sont tournées et on met un peu d'ordre dans le bateau.

Avant de déjeuner, je porte un petit tastevin, emblème du bateau, au commandant du poste de Soller pour le remercier de son hospitalité et de sa gentillesse pendant que la cap'tine donne un coup de jet sur le pont. Je descend l'annexe et emporte une bonne bouteille de Bourgogne aux anglais mouillés dans la baie qui nous ont si bien aidé dans la nuit.

Après cela, un déjeuner et une sieste commencent à réparer les nuisances nocturnes.

Il reste à voir ce problème de commande moteur et le sondeur.

Analyse à froid de la situation :

En négatif :

Nous avions mouillé environ 25 m de chaine, n'ayant pas de sondeur j'avais estimé la profondeur à 4 m alors que notre voisin en cata venu nous rendre visite  le lendemain m'indiquait 6m. j'aurais du sonder à main et mettre une dizaine de mètres de plus. L'ancre était-elle déjà engagée dans la poulie métallique ?

Je pouvais difficilement contrôler le problème de commande moteur.

La cap'tine, un peu encore abasourdie par le réveil rapide et le côté un peu effrayant du bateau dérivant dans la nuit sous les bourrasques et un ciel d'encre a entrainé le blocage du gindeau, rendant difficile les manœuvres de chaine.

En positif :

Nous avons eu une belle chance de ne crocher aucune ancre d'un autre bateau au mouillage et de pouvoir manœuvrer, presque tout en marche arrière (question qui reviendra le matin aux équipages venus nous rendre visite : pourquoi ?)

Nous avons su garder nos réflexes et pouvoir bénéficier d'un quai dégagé pour s'amarrer. La cap'tine a pleinement assuré son rôle de second

Nous avons trouvé une aide spontanée et sympathique tant de l'équipage venu nous aider que de la marine espagnole.

Globalement, à part un gros coup de frayeur, deux heures nocturnes assez pénibles, nous nous en tirons bien, cela aurait pu être nettement plus grave.

Nous allons essayer de régler les problèmes en suspend avant de recevoir notre équipier nantais.

19:54 Publié dans 11 Escales | Commentaires (7) | Tags : escale, croisieres