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12/11/2008

Iles d'Hyères - Bretagne sud - 1987

Après une année sans navigation pour cause de renforcement de l’équipage avec l’arrivée de Thibault dans l’été 1986, il est temps de reprendre la mer.

En mai, fait ce qu’il te plait, dit le dicton. Il nous plait de retourner naviguer sur un Louisiane (Architecte Joubert et Nivelt) (L.11 m,l.6m, T.eau :1,01m) en méditerranée dans le cadre de l’ASCOLA.

Nous allons naviguer en escadre entre les îles d’Hyères et St Tropez ce qui donnera lieu à de petites régates sympathiques.


Maurice, qui me succèdera à la présidence de l’association est le chef de bord du deuxième bateau.

C’est l’occasion d’embarquer avec une partie de la famille, Bernard mon frère et Jacques mon beau frère.
Nous aurons un temps magnifique, naviguant avec les brises marines et profitant de mouillages calmes et encore déserts.

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198707blueII.jpgL’été débutera de manière un peu plus sévère. Nous avons loué un Blue II de chez Bénéteau (L.10,50 m, l.6 m) au Crouesty. Après 12 heures de route, nous arrivons vers 4 heures du matin avec les deux mousses sous une pluie battante et cherchons notre bateau dont le loueur nous avait précisé l’emplacement : Pas de mat de cata à l’horizon bruineux après deux tours de port. Les enfants commencent à exprimer leur désaccord et il continue à pleuvoir. Poursuivant ma recherche, j’aperçois une coque en bas du quai à marée basse et je me rends compte qu’il s’agit de notre bateau, mais sans mat.

Vu l’heure et la fatigue nous descendons les échelons avec les enfants dans le dos pour arriver sur un carré inondé par le pied de mat qui, bien sur, n’est plus étanche. Après un bon coup de serpillière, tout le monde rejoint ses couchettes. On verra demain.

Réveillé de bonne heure, car les goélands du bord qui ont dormi sur tout le trajet sont en pleine forme et réclame leur pitance, je fais le tour du bateau et je m’aperçois que la grand voile est déchirée sur une grande longueur. Bien remonté, je remonte sur le quai avec moins d’échelons et plus d’énergie car nous sommes à marée haute.

La rencontre avec le loueur est un peu houleuse d’autant plus que j’apprends que le bateau est dématé depuis trois jours, et qu’il ne me l’a pas indiqué alors que je l’ai appelé la veille et que de plus nous sommes à la veille du week-end prolongé du 14 Juillet.

Nous allons devoir patienter quatre jours dans l’attente des réparations. Compte tenu du marnage, nous visiterons le quai de haute en bas toutes les six heures avec des mousses qui se transforment en alpinistes pour atteindre le quai. Le plus jeune abusant de la chaise à porteur du haut de ses un ans.

198707blueIIbrice.jpgNous visiterons les plages du golfe, et en compagnie de François qui nous a rejoint, quelques bons restaurants à l’excellent rapport qualité/prix.

Le mat enfin à la verticale, un jeu de voiles neuves qu’il a fallu âprement négocier, nous voilà prêt à appareiller. Nous décidons de faire un petit tour dans le golfe et dans la mesure où le vent est idéal de remonter la rivière d’Auray jusqu’à Auray. Cette remontée merveilleuse, porté par le flot avec un vent portant sans bruit de moteur, nous permet de rencontrer de nombreux oiseaux aquatiques.

198707portauray.jpgNous accostons à Saint Goustan, le port d’Auray et nous dînerons dans une petite crêperie pour fêter cela.

Le lendemain, nous avons la chance d’une rotation du vent qui nous permet de faire le chemin en sens inverse au portant avec le jusant.
A la sortie du golfe, on ne peut résister à l’envie de retourner à Hoedic où nous échouons le nez sur la plage au port d’Argoll.
Les mousses peuvent découvrir les secrets de l’estran et courir en toute sécurité dans l’île.
Nous en profitons pour refaire un petit tour au fort et sa vue sur le large et à l’église de St goustan qui abrite de nombreux ex-voto.


198707kurun.jpgDe la, nous tirons sur Le Croisic, patrie de Jacques-Yves Le Toumelin.(photo) Celui-ci a effectué son tour du Monde entre 1949 et 1952 sur son voilier Kurun, dont la lecture du récit a fait partie de ma culture maritime. C’est sur un trajet un peu similaire que nous allons bientôt nous lancer. La carte, qu’il avait tracé, a servi de fond d’écran de mon ordinateur pendant près de deux ans avant notre départ.

Une mésaventure va nous faire rencontrer une fois encore la bêtise humaine. Dans les darses du Croisic, il existe un courant de marée assez fort avec lequel il faut mieux être en phase. Arrivé en fin d’après-midi, je trouve un emplacement à quai facile d’accès avec les trois mousses. Sachant que je suis dans un port de pêche, je vais me renseigner à plusieurs endroits pour savoir si je ne dérange pas à cet endroit. A priori, il n’y a pas de problèmes. Après un petit dîner dans la crêperie en face, nous allons coucher tout l’équipage.

En pleine, nuit vers 4 heures du matin, je suis réveillé par des bruits sur le bateau. Je me précipite dehors pour me rendre compte que je suis à la dérive dans le courant qui m’entraîne vers les bancs de sable. Des pécheurs m’insultent, ce sont eux qui m’ont largués sans prévenir. Même chez les pêcheurs, il y a du maquereau. Parant à l’urgence, le mets le moteur en route et retourne m’amarrer un peu plus loin. Bien entendu les enfants sont réveillés et je rassure tout le monde, faisant appel au calme intérieur devant tant de stupidité.

198707lecroisic.jpgNous visiterons cette petite ville charmante par ailleurs, proche du centre de rééducation de Pen Bron où depuis 25 ans, mon ami François M., médecin chef, organise tous les ans une croisière de trois jours avec plus de 300 personnes handicapées qui rejoignent des valides sur des bateaux de toutes sortes pour relier le barrage d’Arzal et remonter la Vilaine. C’est un instant magique pour tous.

Nous poursuivrons la route vers Les Glénans avec escale à Houat pour un petit en cas où nous aurons l’impression de se trouver en plein débarquement. Il se déroule des manœuvres aériennes et navales qui font le bonheur des mousses.

Pour ne pas perturber le rythme des enfants et leur permettre de profiter au mieux du milieu et de l’apprécier nous avons décidé de faire les grands trajets de nuit. Nous appareillons pour les Glénans pour une belle traversée qui nous fait arriver au petit matin. Nous y restons quelques jours pour profiter de ce lagon des mers du sud …Bretagne. Le lagon a du séduire la cap’tine qui se transforme en sirène n’ayant pas froid aux yeux et nous fait la preuve de ses capacités aquatiques dans une eau à 16°, ce que nous encourageons fièrement une bonne bière à la main.

Ce sera un tour par Concarneau et retour par Belle-Ile.

Les deux mousses ont reçu le baptême de la mer et semblent y prendre goût. La navigation en catamaran leur laisse une grande liberté de mouvement en totale sécurité en navigation leur permettant de s’adapter facilement à la vie à bord.

Le golfe du Morbihan

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