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10/11/2008

Bretagne sud - 1984

L’année 1983 fut consacrée aux courses croisières (EDHEC, Tour de France à la Voile), la cap’tine restant à domicile en l’attente d’un heureux évènement. Nous en reparlerons dans un autre chapitre.

Le moussaillon ayant rejoint l’équipage,pour son premier anniversaire nous retrouvons notre bon vieux Sirocco au Magouer sur la rivière d’Etel. François est à bord et Philou, mon frère nous rejoins pour un petit tour en Bretagne sud, ses îles, ses rivières.

198407sauzon.jpgNous descendons vers le golfe du Morbihan avec une escale àSauzon de Belle-Ile et profitons de la marée pour rejoindre rapidement l’île d’Arz. C’est l’occasion de vérifier les alignements pour être certain que le mouillage est bien croché. Cela occasionnera un léger désaccord entre le cap’tain et la cap’tine compte tenu d’une incertitude qui occasionnera plusieurs mouillages.

Après une soirée à La Grange, base des Glénans, dans le Golfe, nous mettons le cap sur Hoedic. Cette perle de Bretagne sud est toujours un régal à déguster sana modération. Nous échouons le Sirocco et nous pouvons nous promener tranquillement en ce début de saison qui respecte encore le calme du lieu.

Avec le SW annoncé, nous remontons vers le nord avec une escale à Douelan et un bel orage nocturne.

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Puis direction de Bénodet pour remonter l’Odet. Après une escale pour avitaillement, nous profitons de la marée et du vent favorable pour remonter cette rivière bordée çà et là de châteaux, manoirs et parcs,. propriétés aux murs rugueux du granit breton .

Pour passer la nuit, nous prenons un coffre à côté de Pen Duick III devant Gouesnac’h où Eric Tabarly a sa demeure. Cela me rappelle de bons souvenirs.

Pour descendre à terre, il faut jouer avec le courant. Nous n’avons pas de moteur sur notre annexe, et une bonne aussière accrochée derrière le Bip, me permet à grands coups d’aviron de rejoindre la rive où je fixe l’aussière. Notre pont de singe est établi ce qui permettra de débarquer le mousse sans risque.

198407manRosulienvire-court.jpgNous poursuivons notre remontée avec le flux et passé les Vire Court, méandres encaissés dans une très belle vallée boisée, nous prenons à droite,un bras latéral, l’Anse de Toulven avec une entrée resserrée où le courant s’accélère qui nous emmène très loin dans les terres.
Quel sentiment étrange de naviguer au milieu des prés et des vaches qui nous regardent passer un peu étonnées. Notre faible tirant d’eau nous permet de s’échouer en pleine forêt et d’aller faire une petite promenade dans les bruyères.

Après une nuit calme à sec, la mer nous rejoint et profitant de l’étal nous faisons un petit tour en Baie de Kerogan, qui avait vu ma première fortune de mer (lien avec glénans). Le jusant nous permet sans difficulté avec un peu de vent dans les voiles de gagner Bénodet, puis Concarneau.

Nous décidons de passer la nuit au mouillage à Penfret, dans l’anse à l’est du Phare. Le vent est d’ouest, nous dégageant de la côte. François, toujours prévoyant me demande ce qui se passerait si le vent venait à tourner. Je le rassure par un bulletin météo qui paraît clair. C’était sans compter sur les effets de brise. Au petit matin, le vent opère une rotation de 180° ce qui met le cul du bateau quasiment sur la plage. Le bruit du ressac me réveille et c’est un départ un peu rapide et matinal qui nous fait débuter la journée ; cela restera un évènement qui me vaudra quelques sarcasmes futurs...

198407lepalais.jpgDirection vers Port-Tudy de Groix pour passer la nuit puis nous rejoignons Le Palais de Belle-Ile pour deux jours. A quai, c’est plus facile pour descendre le mousse dans le sac à dos et cela permet d’utiliser les douches du camping proche où l’on se rend en vélo .

Le lendemain, retour prévu vers Etel. Le temps est d’W-NW assez frais avec une bonne houle. Nous quittons Le Palais et le moussaillon délivre copieusement ses petits pots sur le ciré de sa maman. Nous marchons bien et nous risquons d’arriver trop tôt à Etel. Compte tenu de la houle et des conditions d’entrée dans la rivière d’Etel avec sa barre à mauvaise réputation, je décide de faire demi-tour en attendant l’accalmie ce qui réjouit l’équipage. Nous nous amarrons à une tonne de l’avant port et je vais en annexe revoir la météo.

198407barreetel.jpgPour mémoire : afin de tester un nouveau type de canot de sauvetage, Alain Bombard, en compagnie de six volontaires, tente le 3 octobre 1958, de franchir à bord d’un canot de survie de sa conception la barre d'Étel formée par la conjonction de la marée montante, le flot et les eaux qui s'écoulent de la rivière. Le canot se retourne alors, suivi peu après du Vice Amiral Schwerer II, le bateau de sauvetage présent sur zone.198407SemaphoreEtel.jpg
Le bilan est lourd : neuf morts dont 3 sur le canot de Bombard et 6 parmi les sauveteurs.

Le vent et la mer se calmant dans l’après-midi nous appareillons et nous présentons devant l’embouchure d’Etel. On doit attendre les signaux d’entrée du sémaphore.

Le sémaphore de la barre d'Etel (situé sur la rive droite, sur la commune de Plouhinec) assure la sécurité du passage de la barre. C'est le seul sémaphore de France tenu par une femme. Des vacations sont organisées 3 heures avant la pleine mer et 2 après la pleine mer

 

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Nous sommes à marée basse, proche de l’étal et la mer étant plus calme nous décidons de passer. Moment un peu tendu qui nous permet, après quelques surf sur les rouleaux, de rejoindre les eaux calmes de la rivière.

Puis nous retrouvons le Magouer et notre loueur, Mr Cazenove, ce personnage un peu rugueux mais très attachant.

 

La barre d'Etel vue par satellite

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