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05/11/2008

Stages embarqués

Premier stage embarqué
Mon premier stage embarqué se passa sur Mousquetaire, l’année précédant mon stage moniteur. Ces petits bateaux, très marins, permettaient de faire du cabotage dans les petits ports et les rivières de Bretagne.

Nous naviguions en escadre avec un chef d’escadre. Je me retrouvai chef de bord ce qui compte tenu de mes compétences était un bien grand nom.  Ce fût l’occasion de ma première, et je souhaite dernière, fortune de mer.
1977mousquetaireglenans.jpgNous avions décidé de remonter l’Odet car le vent était dans le sens de la marée. Nous avions fait une première escale dans une vire de la rivière qui nous avait offert une belle partie de fou rire. En effet, deux équipières avaient été prises d’une envie subite. Evidemment, pas de toilette à bord hormis le seau ou le balcon arrière. Le temps étant au beau, elles choisissent le balcon, d’autant plus que le courant mettait la poupe vers la forêt qui bordait la berge. C’est là que dame nature, qui parfois aime plaisanter, se prit à inverser le courant et le bateau à commencer une lente rotation qui devait amener la poupe vers le lit de la rivière. Pas de chance, à ce moment, un promène-touriste remontait la rivière. Il nous fût permis de voir un beau mouvement d’ensemble sur le pont avec jaillissement des appareils photos, sous les hurlements de nos deux équipières, demandant de faire quelque chose. Bien entendu, en équipiers zélés, hormis partir dans un grand fou rire, nous sommes restés stoïques.
Une mauvaise action est soit-disant toujours punie, j’allais l’apprendre à mes dépends. La remontée ayant repris son cours, une petite régate se mettait spontanément en place entre les bateaux de l’escadre. Pris par la course, j’oubliais d’intégrer la notion de courant dans ma démarche récente de navigation. Le courant nous portait vers une balise de chenal qui inexorablement glissait le long de la grand’voile avant de finir se fixer dans les pataras… et patatras… le mat tombait. Je n’ai toujours pas oublié ce bruit de corde qui se tend et le craquement qui s’en suivi.
Le mat en bas, il fallu repêcher tout cela puis tour arrimer à bord. Ensuite nous allions apprendre le remorquage sous voile en redescendant la rivière avec le courant remorqué par un autre mousquetaire, puis retour à Concarneau « sous les ovations du public ».

Première croisière autonome
Après un stage comme moniteur sur Penfret, j’embarquais comme chef de bord et chef d’escadre pour une croisière sur Mousquetaire au départ de Concarneau. Le programme consistait à naviguer jusqu’à Belle-Ile en faisant les petits ports de la côte.

1977mousquetaireglenans2.jpgUn bon moyen de se familiariser avec les courants de marée et les arrivages à la voile pure. Selon la bonne règle Glénans, un mètre, un homme nous étions 5 à bord. Le fait de naviguer en escadre apportait l’avantage de la sécurité et impliquait une bonne explication des programmes de navigations. De cette croisière, je retiens l’épisode tragico-comique qui nous est arrivé au port de Douelan.
Le bateau étant à quai, je m’en étais éloigné, mes équipiers étant restés à bord. Tout à coup, j’entends des hurlements en provenance de la cale proche. Je me précipite et je vois deux de mes équipiers dans l’eau à côté d’un homme qui flotte les bras en croix. Je veux aller les aider, mais ils m’arrêtent à temps, car la cale à marée descendante est une vraie piste de glace ce qui explique la chute de l’homme et le barbotage de mes équipiers. Un équipier est parti appeler de l’aide et avec précautions nous ramenons la personne sur le bord. Il est inanimé, vraisemblablement assommé en tombant.
A cette époque, mes connaissance médicales d’urgence se résument à la pratique du secourisme que j’avais mené de manière active dans les équipes de la Croix-Rouge à partir de l’age de 17 ans. Je commence à lui faire une réanimation cardio-respiratoire.
C’est alors que la situation prend un tour particulier. Son neveu qui l’accompagne me demande de faire attention quand je le manipule, mais en fin de compte on se rend compte que c’est de la montre dont il parle. Il est jeune et n’a pas du percevoir la gravité de la situation.
Les pompiers bénévoles qui ont été appelé arrivent, malheureusement de l’autre côté de la rivière ce qui les obligent à faire demi-tour pour récupérer le pont en amont.
Lorsqu’ils arrivent, cela devient du cirque. Derrière l’ambulance, suivent les voitures, puis les mobylettes, puis les vélos, puis les piétons. Tout le village semble s’être donné rendez-vous.
Rapidement je demande au pompier bénévole de l’oxygène et il me rapporte une bouteille d’eau oxygénée car il y a une petite plaie au crâne.  L’ambulance est encore en cours d’aménagement avec les plaques de contreplaqué vierge et juste un brancard.
En fin tout se met en place, l’homme a recouvré connaissance et respire à nouveau. Il est chargé dans l’ambulance pour être dirigé vers un hôpital. Je pense qu’il s’en tirera.
Mes co-équipiers trempés et moi-même deviennent alors les nouvelles attractions. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous sommes à bord et nous larguons les amarres.
Le spectacle est terminé.

Bretagne nord
Pour changer de la Bretagne sud, je décide de faire mon stage suivant comme équipier sur un bateau plus lourd pour goûter à la navigation dans les courants. Sitôt débarqué de ma croisière en Mousquetaire, je pars pour Paimpol embarquer sur un Dogre de croisière (8 mètres, 8 équipiers) pour une croisière qui va nous emmener aux anglo-normandes. Nous avons le bonheur de profiter de véritables couchettes cercueil se situant sous la descente ce qui permet d’être lavé avant d’être levé.
C’est la découverte d’une véritable estime qui doit intégrer la dérive dans les calculs. Nous ferons un beau périple. Après arrivée à Jersey et un passage à Guernesey, nous ferons une escale à Serc avec son système médiéval. Le retour se fera par St Malo avec un passage d’écluse juste avec la marée qui nous permettra de manger de bonnes crêpes pendant que l’autre bateau tirera des bords au large en attendant la renverse. Lors du retour sur Paimpol, nous ferons une escale à l’Ile Verte pour un travail d’entretien, toujours dans le même esprit Glénans.

Stage chef de bord
197804alainmercier.jpgEn avril 1978, j’ai été jugé apte à suivre un stage de chef de bord  qui se déroule sur Nautile. Nous partons toujours en escadre au départ de Concarneau en direction de Brest avec passage du Raz de Sein. C’est l’occasion pour moi de mouiller sur un grappin relié à un filin d’une centaine de mètres en plein Raz pour éviter de reculer car le vent est faible et nous avons un courant de jusant qui nous sort.  Nous avons ensuite l’occasion de visiter Camaret (son curé, ses filles…). Un petit tour en rade de Brest, l'occasion d'admirer le Sir Winston Churchill, puis on remonte en mer d’Iroise avec une escale  à Molène. Le chenal du Four est vite passé avec un courant favorable et vent portant de Sud. L’escale à Ouessant laisse un bon souvenir avant d’aller faire un tour à l’Aberwrach qui nous accueille dans de bonnes conditions.
197804nautilesoir.jpgLe retour sera un peu plus difficile. A l’entrée du Four nous attend un brouillard très épais qui nous laisse à peine voir les feux de navigation à l’avant du bateau. Nous allons tirer des bords toute la nuit en se calant sur le son de la boue sifflante d’entrée du chenal. Nous nous éloignons vers l’ouest jusqu’à la limite de l’audition puis retour vers l’est jusqu’à une sonorité nous incitant à recommencer le manège. Au petit jour, avec la marée nous pourrons enfin descendre sur la pointe St Mathieu.


Le retour sur Concarneau sera sans problème. ce sera l'occasion de croiser Sereine, le fleuron de la flotte des Glénans

Sir Winston Churchill
Nautile sous spi
La Sereine

Commentaires

Eh bien cela pourrait presque être mon histoire!

Écrit par : Philippe | 01/07/2012

Je parle de la "carrière" aux glénans pas du reste!

Écrit par : Philippe | 01/07/2012

Les commentaires sont fermés.