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06/11/2008

Stages à terre

Stages à terre

De mes stages à terre, je n’ai pas gardé de souvenirs précis tant j’étais occupé à prendre du plaisir sur tous les types d’embarcations différentes sur lesquelles nous avons pu naviguer.


1979cavaleaupres.jpgAprès la cavale de mes débuts, ce fût les vauriens, dériveurs d’avant garde qui permettaient de se familiariser avec les manœuvres et le sens du vent. Puis, les gréements anciens des cotres et des dogres où l’art de tourner une écoute s’apprenait rapidement si on ne voulait pas avoir les bras en compote pour étarquer secondairement la voile au virement de bord. Pas de winch à bord. Puis les goélettes des Glénans avec leur voile à wishbone qui étaient très véloces et dont le pont découvert, avec place pour la table à carte, permettait de s’initier aux joies du pilotage et des alignements dans un archipel aux nombreuses passes agrémentées de courants.
Rapidement, très motivé, je pus m’inscrire à un stage moniteur.


1980penfretvaurienreglage.jpgA cette époque pas de BAFA, les seules conditions étaient d’être reconnu capable d’y accéder. La philosophie de l’expérience primant sur celle du diplôme qui en voile ne veut pas dire grand chose. En effet, dans ce milieu, il est plus important de connaître les capacités d’adaptation et les compétences apprises dans de réelles conditions de mer que de savoir si on a suivi des cours de pédagogie.

Stage Moniteur

Mon stage moniteur se déroula en avril 1977. Les fronts se suivaient assez serrés avec un froid piquant accompagné souvent de giboulées de neige. Avec pour tout équipement un bon ciré Cotten jaune et des bottes qui se remplissaient d’eau, on enchaînait les ronds dans l’eau avec les vauriens. Compte tenu de la température de l’eau, on apprit très vite à ne plus dessaler.

1979dogresdesiles.jpgLa vie aux glénans se partage entre les activités nautiques, les activités de quart (surveillance, cuisine, vaisselle) et les activités destinées à entretenir le patrimoine de l’association.

Durant ce stage, nous avions un spécialiste en la personne de Jean Louis Goldschmidt, dit Goldo. Deux jours après le début du stage, nous avions comme programme de la journée les arrivées de plage, qui devaient se dérouler sur l’île de St Nicolas en face de Drenec où nous étions hébergé. Ce qui ne nous avait pas été dit, c’est que le programme comprenait également la réception d’une bétonnière destinée à l’extension de la cale de Drenec.

1979goldo.jpgC’est dans de tels moments que l’on reconnaît les spécialistes.

En attente, à marée haute, sur le quai de St Nicolas, nous vîmes arrivé l’Archipel, bateau des liaisons avec deux madriers qui dépassaient d’un bon mètre par le travers et sur lesquels était posée une énorme bétonnière sanglée par des haussières. Elle avait fait le trajet depuis Concarneau.


1980Lliaisonbetonniere.jpgLe déchargement donna lieu à quelques expressions marines bien senties. La moitié du travail était faite. Il ne restait plus qu’à lui faire traverser la distance entre les deux îles. Tout naturellement un radeau constitué de planches tendues entre deux prames, sur lequel le chargement depuis la plage fût assez sportif, permit à cet engin d’arriver à bon port.

Le retour des entraînements aux manœuvres de l’après-midi nous donna l’occasion de procéder au déchargement.

Nous allions très vite sympathiser avec cet outil superbe puisque durant les quarts à terre, on préparait le ciment qui était étalé à l’emplacement prévu. Cela permettait à ceux qui rentraient de navigation de passer obligatoirement, avec leurs bottes, une bonne demi-heure à gâcher le ciment sur place avant de pouvoir aller boire un petit coup de vin chaud. 
Je pourrai vérifier, lorsque je passerai prochainement aux Glénans avant mon grand départ, si elle a résisté aux assauts de la mer.

Au delà, de ces anecdotes qui ont émaillées les stages à terre de nombreux glénanais, je me souviens de deux bonnes leçons de navigation.

1980penfretmouillageprame.jpgLa première était l’entraînement à la godille dans les prames. Pour nous permettre d’acquérir une bonne maîtrise de l’instrument, Goldo nous faisait remonter le courant de marée avec cinq à six personnes debout pour avoir une meilleure prise au vent. L’enseignement fut payant. Je pus m’en rendre compte en passant dernièrement sur la base de Marseillan, sur l’étang de Thau. Il n’est possible de traverser le canal qui donne accès à la base qu’avec une prame maniée à la godille. Alors que je n’avais pas godillé depuis près de 20 ans, les gestes sont revenus spontanément et malgré une forte Tramontane par le travers les manœuvres ont été impeccables.

1980dogreappareillage.jpgLa deuxième avait pour objectif de nous démontrer que le sang froid est plus important que la précipitation. Alors que nous étions sur un Dogre, mouillé dans le chenal entre Drenec et St Nicolas pour déjeuner, Notre ami Goldo arrive très calmement en nous disant d’un air détaché : « vous êtes largué, le bateau dérive ». Bien sur, pas de moteur. Il faut hisser les voiles rapidement, garder le bateau qui cule dans l’axe du vent puis abattre en grand pour prendre de la vitesse et devenir manoeuvrant. La côte était toute proche, mais nous avons pu nous en tirer sans problème.

Cette expérience allait me servir plus tard, alors que nous dérapions d’un mouillage en catamaran dans le petit port de Sauzon à Belle-île. Après un manque à virer, je n’ai eu d’autre solution que d’abattre en grand en me dirigeant droit sur le môle ce qui me permit d’empanner et de repartir tranquillement. Merci Goldo.

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