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08/11/2008

Premières croisières

Décembre 1978 : Première croisière comme chef de bord : un grand moment.

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Après mon stage de chef de bord sur Nautile aux Glénans, nous décidons avec mes deux compères de stage, Denis  et Pierrick, de louer pour la première fois un bateau. Comme nos moyens ne sont pas extensibles, nous décidons de louer pendant  les vacances de Noël, pour une semaine, à un tarif intéressant.
Ne doutant de rien et confiant dans nos nouvelles connaissances, et avec le recul un peu inconscients, nous établissons un programme ambitieux : Depuis Mandelieu-la-Napoule où nous avons loué notre Carter 33, nous prévoyons d’aller en Corse et retour par Monaco. Notre "Cibade " nous mènera à bon port malgré des traversées agitées.


Pour nos trois équipières, Martine, Sophie, Elisabeth, c’est le baptême de la mer. Elles seront bien baptisées. Comme matériel sophistiqué de navigation nous avons que la gonio, qui sera l’occasion de nos premières nausées.

Une traversée fraiche
Les joies de la gonio
Corse en vue

Le cap est mis sur Calvi. Très rapidement, nous nous trouvons au près sous 35 nœuds de vent. Dans mes souvenirs,  la nuit fût assez difficile, alternant vent et calme plat. L’arrivée sur Calvi, sous le soleil d’hiver, nous valide notre première traversée. Après avoir admiré les montagnes enneigées qui s’encadrent dans la descente, c’est l’occasion d’une bonne douche au jet sur un port déserté. La remontée sur Saint Florent, se fait au portant sous 15 nds de vent pour le plus grand plaisir de l’équipage.

Les pieds dans l'eau, la tête dans la neige
Une bonne douche fraîche
L'équipage direction St Florent

Le départ vers le cap Corse se fait portant par une douce brise hivernale. Le retour sur Monaco est assez venté et nous sommes heureux de faire une pause dans un port de Monaco très calme. Ce n’est plus la saison des grands Yacht.

Nous devons rendre le bateau le lendemain, et dans l’impossibilité de trouver une météo, nous appareillons, sereins, par calme plat.
A l’entrée de la nuit, montée rapide en puissance du vent  et nous ne cessons de réduire la toile avec une grand’voile à rouleaux non adaptée, qui poche de plus en plus. Cerise sur le gâteau, il y a un cour-circuit quelque part et nous prenons du 12 volt chaque fois que nous touchons l’étai. Cela aide énormément à crocheter rapidement les mousquetons de foc.

Départ vers le continent
Petit matin vers Monaco
Navigation en escadre

Devant le creux qui se forme, elle finit par exploser et nous nous trouvons sous tourmentin seul. Devant Antibes, il n’est plus possible d’avancer dans le vent et nous décidons de partir en fuite après un empannage sur une crête de vague.
Nous filons plus de 12 nœuds, speedo bloqué. Nous arrivons a accrocher la Marina Baie des Anges où nous tournons les aussières en fin de nuit. Nous apprenons le lendemain, que le vent soufflait à 55 nds dans la zone où nous étions.
Pour notre première expérience de gros temps, nous avons ressenti une certaine peur physique face aux éléments, mais nous sortons conforté de l’excellente formation que nous avons reçu qui nous a permis de prendre les bonnes décisions et de réaliser les manœuvres appropriées. Depuis cette date, je ne rate plus les bulletins météo.

Pour l’équipage, le ressenti est un peu plus délicat. Martine  a été sanglée dans le cockpit toute la nuit et ressent une bonne contracture au bras car elle a du barrer un moment pendant que nous manoeuvrions à l’avant. Dans une mer formée, Elle s’est appliquée à garder le cap au degré près.

Il faudra une petite année pour oublier ces moments difficiles.

En 1979, j’enchaînais les stages aux Glénans comme moniteur puis chef de bord, ce qui me permettait d’acquérir une bonne expérience liée à l’organisation des navigations et aux erreurs des stagiaires à anticiper.

Avril 1980 : Les équipiers à fuir

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon sur Dijon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas avec Jean Jacques, dont je fais la connaissance de louer un bateau avec des amis et un couple rencontré lors du repas.. Je suis très impatient de naviguer avec eux, car ils nous ont relaté des expériences de navigation en Manche qui me laisse augurer d’une expérience qui pourra m’enrichir. Nous avons retenu un Melody, du doux nom de « Val » pour naviguer entre Hyères et St Tropez, dont je serai le skipper.

198004melody.jpgDès l’arrivée à bord, alors que chacun participe à l’avitaillement, nous sommes surpris de les voir s’installer dans la cabine avant sans se préoccuper de qui que ce soit.
Dès les premiers bords, notre étonnement va grandissant. En effet, alors que nous préparons les ris, je m’aperçois que les nœuds sont « originaux ». A ma question, sur la manière particulière de faire le nœud de chaise, il m’est répondu que c’est comme cela que l’on pratique en Manche. Puis vînt l’instant de barrer, qui nous permit de faire de magnifiques zig-zag qui auraient surpris plus d’un barreur de l’América cup. Heureusement la cp'tine tient bon le cap.

 


198004melodyval.jpgLa goutte qui fait déborder le vase de la tolérance survient à St Tropez. La caisse du bord étant serrée pour se mettre au niveau des nombreux étudiants un peu raides financièrement, nous sommes sidérés de voir revenir notre couple d’enfer avec du Foie Gras.  Alors qu’ils s’absentent, le cap’tain donne l’ordre de sortir le pain et de se goinfrer le foie gars, qui, ma foi, était fort bon. La mine dépitée du couple à son retour réjouit l’équipage, d’autant plus que navigateur en eau froide a la bonne idée le soir de fumer sa pipe dans le carré, où dorment quatre équipiers, avant de rejoindre tranquillement sa cabine.

Le dernier jour arrivé, alors que tout l’équipage s’affaire à nettoyer le bateau, notre joli couple se préoccupe de sa toilette et de ses affaires. Il me devient impossible de me retenir et devant ma colère, et pour me montrer mon mauvais esprit, la dame se met à astiquer consciencieusement l’étambeau d’une manière qui fait penser à une activité intime sur un mamouth. Le vase déborde et je les débarque. Heureusement, je vais pouvoir me rattraper avec la semaine qui suit où j’embarque sur le Pen Duick III.

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Pend Duick III : Croisière en Corse (diaporama)

L’arrivée sur ce bateau est un nouveau rêve qui se réalise. La goélette noire nous attend au Port de St Mandrier. Sa ligne superbe attire le regard. Après un avitaillement rapide, nous prenons large avec quatre autres stagiaires  sous le commandement de Jean Benoît Sangnier: cap sur la Corse. Dès la sortie de la rade de Toulon, après des manœuvres d’homme à la mer, une bonne brise de 15 à 20 nds nous démontre les qualités marines  de ce voilier le plus titré en régate.  Après être parti sous yankee III et un ris, le vent mollissant nous permet de renvoyer la grand voile et le génois.  En fin de nuit, le vent se renforce à 25 nds. Nous amenons la grand voile,prenons 2 ris dans l’artimon et envoyons le foc 2.Nous alternerons Yankee lourd, Yankee III et foc 2 toute la journée avec un vent qui oscille entre 15 et 25 nds. La nuit suivante voit le vent tomber et une brise faible ne se lève que le lendemain ;A 16 heures les Iles sanguinaires qui protége la baie d’Ajaccio sont reconnues. Après avoir défilé, une bonne partie du jeu de voile nous accostons au quai Napoléon à Ajaccio à 23 heures.Nous appareillons en fin d’après-midi par ESE 15 nds qui vire au NW en milieu de nuit en se renforçant à 25 nds avec une mer peu agitée et une visibilité médiocre avec averses. En matinée, la mer devient forte avec 30 nds d’est. Le bateau taille sa route et nous accostons à Port Cogolin en mileu d’après-midi après une traversée à 7 nds de moyenne.

Nous allons remonter la côte jusqu’au port d’attache avec un vent qui ira en mollissant amis qui nous permettra de sortir spi et ghoster.

Il faut vivre un peu courbé à bord, car Eric Tabarly  avait calculé la hauteur sous barrot en fonction de sa taille. Nous pouvons, par contre, apprécier la table à carte à cardan ainsi que les couchettes réglables, idéales à la gîte.

Je garde le souvenir de l’envoi du spi qui réclame deux personnes pour le sortir de la soute. Lorsque je verrai Pen Duick III à couple de Pen DuickVI, je mesurerai encore plus l’exploit d’Eric Tabarly qui avait mené à la victoire,seul, un tel bateau qui nécessitait des qualités physiques et  techniques hors du commun.

Cette semaine de navigation sera un véritable enchantement. Elle sera le germe du projet de participation, plus tard, au Tour de France à la Voile.

En 1981, je poursuis mon activité bénévole aux Glénans. Nous avons la chance de participer à la SNIM en avril sur Palynodie, puis mon mois de vacance en septembre me voit prendre les responsabilités de patron des liaisons et de chef d’île sur Fort Cigogne.

198112ginfizz.jpg 26 Décembre 1981 - 2 Janvier 1982 : Croisière hivernale en Méditerrannée

M’étant rapproché du Groupe des Croiseurs Bourguignon, qui rassemblait essentiellement des propriétaires sur ma région, nous décidons au cours d’un repas de louer un bateau pour la période de Noël. Nous naviguerons du 26 décembre au 2 janvier avec jour de l’an à bord.
Nous louons un Gin Fizz (L.11,70 m, Tirant d’eau :1,90 m), très bon bateau avec sa cabine arrière séparée offrant un bon abri au poste de barre.
L’équipage est constitué du cap’tain et de la cap’tine , Ghylaine,Christine, Jean-François, Henri-Paul, François et Yves qui me succédera à la tête de l’association qui sera crée une année plus tard.
Le bateau est pris à St Maxime. La météo est un peu perturbée avec un passage de front dans le nord générant un vent d’est qui doit passer au NW dans la nuit.
Nous quittons le port avec de l’Es-25 nds pour des manœuvres de prise en main qui s’avèrent utiles puisque l’écoute de grand voile nous lâche au cours d’un empannage. Après un retour pour réparer, nous repartons l’après-midi pour St Tropez sous 30 nds de vent. La traversée est rapide et nous nous amarrons en fin d’après-midi.

Le lendemain, avis de coup de vent force 8 à 9. Nous restons sagement visiter St Tropez et ses alentours.
Le 29, peu de vent le matin, nous faisons un tour à St Raphaël que nous rejoignons sous GV 2 ris et Foc 2 devant un vent qui monte en puissance.
Le 30, nouvel avis de coup de vent : visite de St Raphaël
Le 31 du SSW est annoncé mollissant.Nous mettons le cap sur Porquerolles, où nous arrivons  après neuf heures de navigation par 10 à 15 nds de sud. Nous profitons de ce cadre magnifique, relativement calme à cette saison pour faire un bon réveillon avec les moyens du bord.
Le lendemain, retour sur St Maxime avec un vent qui fraîchit jusqu’à 35 nds , heureusement pour nous venant du NW. Nous finissons notre croisière sous 3 ris, tourmentin au près dans la baie de St Tropez.
Cette croisière qui nous fait côtoyer tous les type de temps, bien gérés avec une parfaite couverture météo permet de réconcilier la Cap’tine avec la mer.

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