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12/06/2010

La vision de la cap'tine

Si depuis le nouveau départ de Brise Dhe Mar, la cap'tine est restée discrète, ce n'est pas qu'elle n'avait rien à dire mais elle se réservait pour des passages forts. Eh bien, question moment intense, j'ai été servie !

Si les deux aller et retour, Canet-Les Baléares, ont apporté leurs premiers lots d'expériences à deux, la nuit à Soller fut l'apothéose.  Le capitaine vous a conté par le menu les péripéties de cette nuit. Je ne veux pas refaire l'histoire mais vous relater comment j'ai perçu la situation.

Loin d'être encore une navigatrice confirmée, mile après mile, l'apprentissage s'affine et les gestes se confirment. Toutefois je ne pensais pas devoir mettre en pratique mes connaissances dans l'urgence.

20100610mouillage.jpgAprès une journée tranquille au mouillage, précautions prises pour la nuit, c'est l'heure du dîner, papillotes de lotte sur lit de courgettes et poivrons mijotés, fromage et melon. L'esprit en repos, une tisane apaisante pour digestif, j'admire le majestueux coucher de soleil sur l'horizon et  regagne la couchette pour un sommeil réparateur. En pleine méditation j'entends soudain un bruit de moteur. L'espace d'une seconde comprenant que c'est notre bateau, tel un zébulon, je jaillis hors de la couchette. Cheveux en bataille, petite robe de nuit mais chaussure de pont, je prends la mesure du problème en voyant le capitaine. A la barre, dans un costume surprenant, caleçon, polaire ouverte au vent, pieds nus, il a les yeux rivés sur l'avant du bateau et me lance « on dérape ». Ciel d'encre, vent sifflant, mer agitée le bateau louvoie au milieu des voiliers endormis, inconscients du danger qui peut les guetter. Alors tout s'enchaîne, j'allume le guindeau, vérifie que tout est clair et sur ordre du capitaine, dont la tonalité de l'organe vocal, connu de tous est le bienvenu dans ce vent, je remonte le mouillage. Tout va bien quand d'un seul coup plus rien, la chaine reste bloquée et j'ai beau appuyer, plus de courant. Dans le même temps le capitaine a ses soucis de moteur et chacun doit agir. Je remets en manuel et évidemment le frein est impossible à débloquer pour mes petits bras ! Aide du capitaine qui comprend que j'ai oublié de décrocher la patte d'oie ce qui bloque tout. L'urgence et l'inexpérience ont fait que j'ai zappé ce point pensant déjà à beaucoup de choses. Comme m'a gentiment dit un compagnon voilier, on apprend tous les jours. Qui n'a jamais commis d'erreur !  En tout cas impossible de solutionner le problème à ce moment et il faut faire avec. Brise dhe mar suit sa route en crabe grâce à la maîtrise du capitaine. Il faut préparer la suite pour un accostage difficile sans s'affoler. Mais le récit vous a été déjà narré. L'important est que tout se soit bien terminé. Seuls bobos, une légère éraflure sur la jupe  pour le bateau et un bleu à l'œil pour la cap'tine. En effet la porte vitrée a dû se refermer et dans le noir lorsque rapidement je suis allée chercher un pare-battage pour protéger le bateau j'ai goulument embrassé la vitre ! Je jure que ce n'est pas le capitaine en représailles...

20100612portrait.jpg

Je pense que tous les gens de mer comprendront aisément ce que furent ces deux heures pour nous, les non initiés peuvent imaginer.
En tout état de cause, la solidarité en mer reste réelle et c'est bien devant les difficultés et l'urgence que l'humain se révèle. Si je ne souhaite pas revivre ce moment, je suis satisfaite de savoir que je peux seconder dans la mesure de mes moyens le capitaine, qui a toute ma confiance, ce qui est indispensable dans ce genre d'aventure.
La mer est dit-on une école de vie et cela est bien vrai car entre le virtuel d'une situation dans son salon et la réalité, c'est un grand écart.

J'espère vous retracer d'autres moments forts mais plus ludiques dans les prochaines semaines.

16:49 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (3) | Tags : cap'tine, escale

16/07/2009

La vie à Bord à Portimao

La journée à bord n’est-elle soumise qu’à des obligations techniques et organisationnelles ? Que nenni. Si ces éléments décrits par le cap’tain sont un passage obligé, ne vous méprenez pas. Le plaisir de l’arrivée est aussi une détente : découverte de la baie où les plages de sable fin s’entrelacent entre rochers et falaises donnant envie de baignade. La couleur ocre et blanc de la côte, pigmentée du vert de la végétation environnante que nous irons peut être parcourir aux heures plus fraîches. Le plaisir d’un déjeuner ou d’un dîner de poissons grillés sur le brasero du petit quai de Ferrugado, pots face à la baie. C’est aussi la douceur des lumières le soir au couchant, l’arrivée d’un plaisancier avec qui peut être nous trinquerons à bord en évoquant nos anciennes et nos prochaines escales, le passage des pêcheurs, les odeurs mêlées de mer et de terre. C’est chaque fois différent et toujours attirant. Je vous parlais de l’appel du bain certes il est réel mais au Portugal il se mérite ! L’eau passée de 17°à 19°depuis notre arrivée,contraste avec la chaleur extérieure, 35° et oblige à une certaine motivation non regrettée après coup.

La journée est différente selon que l’option est mouillage ou marina. Pour la première, tous déplacements nécessiteront l’utilisation de l’annexe avec l’attente du vent favorable, les mouvements du bateau sont plus soumis au rythme de la mer. Pour la seconde un emplacement au ponton permet une plus grande souplesse et l’amarrage du bateau entraîne peu de balancement. Dans ce cas aussi le confort est renforcé par les raccords à l’eau et électricité qui permettent d’être plus souple dans l’utilisation, sans pour autant gaspiller (pour le respect de la planète pas de souci pour nous). Dans les deux cas la convivialité reste de rigueur. C’est un monde où les relations sont éphémères mais où tous partagent la vie de la mer qu’elle soit hauturière, côtière ou tout simplement au port et la solidarité garde encore toute sa valeur. Il est par contre nécessaire de se familiariser avec les langues car sans anglais point de salut. Quand on voyage, on se rend compte combien ce peuple a su étendre son égémonie linguistique ! De l’Anglais, un peu d’Espagnol, quelques mots de Portugais appris au fil des jours et tout va bien.

Mais les heures passent, je vais préparer la séance coloration cheveux qui nécessitera la participation du cap’tain…. Vous voyez, on fait tout à bord car même en mer on reste coquet !

Salle d'attente
Coiffeur pour dames

 

17:07 Publié dans 04 Chez la Cap'tine | Commentaires (0) | Tags : escales, cap'tine

16/06/2009

De Gibraltar a Lisboa

Le cap’tain vous ayant déjà fait le récit du parcours , je ne ferai que mettre ma petite note personnelle. Je voudrais déjà te rassurer cher François, les bords de près ne t’étaient pas réservés lors de nos croisières. Eole et le cap’tain se seraient-ils ligués pour faire louvoyer Brise dhe mar tout au long du trajet ? Si la Méditerranée nous avaient accueilli en tee shirt, l’Atlantique fidèle à lui- même nous a fait revenir au polaire et ciré.

La remontée sur la côte portugaise nous a obligé à ouvrir grands, yeux et oreilles car entre les cargos, les pêcheurs, les filets, la vigilance était gage de sécurité. Mais le vent frais, la houle, la veille n’ont pas entamé le moral de l’équipage. C’est un scintillement de lumières qui nous a accueilli pour franchir au petit matin l’entrée de la marina d’Oeiras où le cap’tain nous a fait glissé tranquillement jusqu’au ponton. Là, j’avoue humblement que mon sommeil ayant été largement amputé durant les jours précédents, l’appel de l’oreiller n’a pas tardé et je me suis plongée avec délice dans un sommeil réparateur. Les jours suivants, le temps s’est échelonné entre toilette du petit, ballades et visites avec repérage du nécessaire point d’approvisionnement, eh oui, en bateau on ne vit pas que d‘amour et d’eau fraîche !

Début de découverte de Lisbonne, ville à l’illustre passé maritime, avec la Tour Bélem, d’autres monuments nous attendent pour parfaire notre culture portugaise. Mais les filles ne croyez pas que le sport est mis à l’index au profit de la nonchalance, pas du tout, car il faut les mériter ces sites et le soir nous sommes bien contents de poser les chaussures et reposer les jambes. De plus en bateau, côté entraînement step, pas de souci, avec les régulières descentes en cabine, les cuisses sont en action. Lors de la journée dominicale, le capt’ain a négligé la méditation, pour s’adonner à la couture, mais celle des voiles, je vous rassure.

Quant à la capt’ine, inauguration de la super table pliante et du fer à repasser, il faut bien renouer un peu avec les habitudes de la vie classique. Donc pour le moment Brise dhe mar et son équipage étant au repos si vous avez soif d’aventures mettez votre clic sur les récits passionnants et imagés de Brice. Plongé depuis un mois dans l’outback australien, il vit au rythme de Bumbo, son van, en allant de découvertes en merveilles insoupçonnées dans ce pays qui est un monde en soi. ( http://austrabri.unblog.fr/ )