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26/11/2008

Essayer - partir

Aller frotter sa réalité à ses rêves

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En hommage à Bernard Moitessier (photo), très modestement…

" Tamata (dernier bateau de Bernard Moitessier) veut dire « essayer ». Mais, le problème, dans la vie, c'est que « essayer » veut dire aussi « risquer d'avoir peur ». La peur de ne pas y arriver, la peur de ne pas être assez fort. J'écoute ma peur et je ne fais rien. Je préfère faire seulement ce qui ne m'occasionne aucune peur. Et alors je ne fais rien. Et il est possible aujourd'hui de réduire la peur au minimum. Mais la peur est une chose très importante, biologique, c'est une émotion primaire. Sans la peur, on ne vit pas, on végète. «Essayer», je pense, signifie tout simplement entreprendre une action tout en acceptant la peur. Le courage sans la peur n'existe pas. Si tu n'as pas peur, tu ne fais preuve d'aucun courage, tu es simplement con.
Et je retrouve l’idée de Bernard : tu as peur, mais tu essaies, tu dois essayer et si ça ne marche pas, au moins, tu as essayé. C’est ça le devoir, ce n’est pas de réussir, c’est d’essayer.
"
Ugo Conti - (Bernard Moitessier - Au fil des rencontres Veronique Lerebours - Edition Arthaud)

"
Prendre la mer, c’est tout sauf une fuite, c’est au contraire une discipline et une contrainte. Décider d’aller chevaucher les vagues, c’est une conquête et, pour conquérir, il faut partir. C’est l’extraordinaire tentation de l’immensité. La mer, c’est le cœur du monde. Vouloir visiter les océans, c’est aller se frotter aux couleurs de l’absolu. "
Olivier de Kersauson - (Ocean’s song)

" Voyez vous, dans la vie, il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : Il faut les créer et les solutions suivent.
"
Antoine de St Exupéry - (Vol de nuit - Chapitre XIX)


Ces quelques pensées résument à elles seules l’objet du projet relaté dans ce site.
Aller se frotter à l’absolu, sans vouloir, ni pouvoir se comparer aux illustres prédécesseurs, c’est prendre sa décision, la mettre en œuvre, la réaliser et voir si le choix fut juste.

Le seul moyen de le savoir est de le tenter.

Au-delà de la mer, cette aventure en couple, est l’occasion de poursuivre la découverte du monde sur un projet commun, en l’abordant par ses propres moyens.
Chacun ses motivations : pour le Cap’tain, la voile et la mer ; pour la Cap’tine le voyage et les rencontres ;

Pourquoi un site ?
Partir ne veut pas dire se couper du monde, c’est au contraire l’ouvrir.
La technologie nous permet de faire profiter notre famille, nos amis et tous ceux qui le désirent de cette expérience. Une parmi tant d’autres.

On s’enrichit souvent de l’expérience de l’autre, espérons que nous contribuerons à alimenter celle de nos lecteurs.

12:00 Publié dans 01 Histoire de partir | Commentaires (0) | Tags : historique

31 du mois d'Août

Nous vîmes venir sous le vent d’à nous, une frégate d’Angleterre, qui fendait la mer et les flots, c’était pour attaquer Bordeaux……..

Ecoutez cette vieille chanson de marins

podcast


C’est sur cet air, chanté par mon père, qu’enfant je m’endormais. Cette belle chanson de mer s’est ancrée profondément en moi et allait progressivement me conduire vers des voies (maritimes) qui paraissaient bien éloignées de ma Bourgogne natale.
Plus tard, aux récits d’aventures que me contait parfois mon père, je me suis plongé dans les lectures de voyage qui foisonnaient dans la bibliothèque familiale. Mon père, dont la vocation de marin avait semble-t-il, été contrecarrée par ses parents, avait accumulé une littérature importante en ce domaine. Après les aventures de Thor Heyerdahl sur le Kon Tiki, ce fut Henri de Monfreid, puis Alain Bardiaux. Ce qui m’avait frappé, c’est que ce dernier avait effectué son tour du monde l’année de ma naissance.
Mon premier contact à la mer eu lieu lors d’un camp scout à l’age de 12 ans, dans la rade de Brest. Nous avions construit pendant un an des équivalents d’Optimiste et, déjà, des catamarans, avec comme flotteur, des réservoirs d’avion de récupération. Nous étions amené à nous frotter aux scouts marins et nous n’étions pas peu fièr de pouvoir de temps en temps les gratter en régate. Au cours de ce séjour sur l’Ile aux Morts en face l’île Longue , j’ai pu découvrir les longues heures de rame sur des baleinières qui nous donnait un aperçu de ce qu’avait du être les galères.
Pendant plusieurs années, je ne reverrai plus la mer. Je tâtais du dériveur sur un simplet, sur le réservoir de Panthier, petit lac qui sert à approvisionner en eau le canal de Bourgogne.
La mer était un peu délaissée en faveur de la montagne avec un service militaire aux chasseurs alpins : Annecy puis Chamonix, permettant de faire de belles courses en montagne. Puis, avec la reprise des études de Masso-kinésithérapie, les loisirs étaient partagés entre les sorties de ski avec les amis et les premiers grands voyages : Grèce, Yougoslavie en Ami6.
Dans les années 1970, lors de mes premières vacances en compagnie de Martine, nous faisons un séjour en Bretagne à Concarneau. C’est la première fois que je rencontre des groupes dépenaillés, traînants dans Concarneau avec des vareuses élimées et des pantalons souvent plein d’accrocs. Je me demandais alors qui pouvaient bien être ces êtres hirsutes à la démarche chaloupée. Je venais de rencontrer pour la première fois « un glénanais » pur souche.
Dans les années qui suivirent, je m’élançai sur les premières planches à voile avec des débuts un peu réfrigérants, en avril sur le lac Kir à Dijon. Il faisait environ 15°dehors, l’eau était à 14° et je n’avais comme seul équipement qu’un pull en laine qui dès le premier plongeon se transformait en lest glacé. Cela incite à trouver rapidement l’équilibre, pour passer le moins de temps possible dans l’eau. Très rapidement, des régates locales s’organisèrent et après la Dufour, belle planche plate, on passait à des planches plus profilées permettant de faire un très beau cap au près. On ne parlait pas encore de glisse. La régate était une régate de dériveur entre trois bouées avec un bord de près qui faisait la différence. Souvenir de belles empoignades.
Puis le diplôme en poche, je partis travailler comme assistant dans un cabinet de kinésithérapie à Autun,capitale du Morvan, laissant Martine à Dijon. Mes soirées étant particulièrement calmes, je me remis à la lecture. Le premier livre qui me tomba dans les mains, allait, comme pour tant d’autres, décider de la suite : C’était la longue Route de Bernard Moitessier.
Le livre dévoré, j’achetais le meilleur cours de navigation à savoir « le cours de navigation des Glénans ».
Je partageais mes soirées entre la lecture de cette bible et la méthode assimil en Portugais car je projetais de partir au Brésil pour y exercer mon métier.
La préparation de mon émigration était bien avancée, quand l’état brésilien décida de cesser les possibilités d’émigration pour ma profession.
Devant l’impossibilité de réaliser mes projets initiaux, je décidai approfondir ce beau métier qui apporte une aide très importante dans le domaine du handicap et dont je sentais des limites à mes connaissances. J’allais compléter ma formation en reprenant des études de Médecine.
Pour cela, il va falloir passer le concours de première année, puis s’engager pour au moins dix ans d’études pour exercer pleinement cette activité de réadaptation dans toutes ses composantes.
Après avoir remis mon cabinet à un ami, je m’octroie deux semaines de vacances avant une année qui s’annonce difficile (j’ai quitté le lycée et son programme, il y a déjà cinq ans) et il va falloir se remettre à niveau.
Je m’offre mon premier stage de voile « Aux glénans » .
L’aventure qui allait me mener à mes projets actuels était lancée sans que je le sache encore.

25/11/2008

La vague

Septembre 1976

L’arrivée à Bananec, sur l’Archipel (bateau des liaisons du Centre Nautique des Glénans) reste inoubliable. Cette petite langue de terre, qui se transforme en presqu’île à marée basse, avec ses bâtiments au raz de terre, était en prise directe sur l’océan.

cavalenurbs-450x337.jpgAlors que ce stage représentait un vrai plaisir pour moi, je n’ai pas oublié cette jeune stagiaire qui avait été envoyée en punition dans ce stage par son père, car elle n’avait pas suffisamment travaillé. Il faut dire que son père possédait une goélette de 16 mètres, et qu’elle aurait dû naviguer avec lui sous des cieux plus chauds que l’air vivifiant des côtes de Bretagne sud.

Très vite, un peu plus âgé que les autres, et ayant bien potassé la théorie, j’en vins à prendre les responsabilités de chef de bord à la journée sur Cavale construit par le chantier Stephan en Contre Plaqué Marine.  Ce petit bateau-école des Glénans, de 5,50 m de long avec un tirant d'eau de 0,80 m avec dérives, était très vif et très marin avec beaucoup de plaisir à la barre.

cavalevagueR.jpgAu cours d’une « expédition » à l’ile aux Moutons, à cinq milles de l’Ile de Bananec, nous avons mouillé dans une petite anse. Très rapidement,avec les effets de brise, le vent a tourné, et a commencé à rentrer dans la baie. Cafouillage de débutant oblige, il faut relever les mouillages, qui bien sur,sont emmêlés . J’y laisserai trois orteils, écrasés entre deux plats bord (première leçon : ne jamais manier les mouillages sans chaussures). Ces déboires sont vite oubliés devant les sensations  d’un retour portant au largue pendant lequel la cavale a pu exprimer ses qualités, avec des surfs fantastiques.

C’est là que je l’ai rencontrée, pour la première fois : La vague. Celle qui vous fait basculer vers le monde des sensations, des émotions physiques, des perceptions indescriptibles. Celle que vous recherchez, avec parfois une certaine crainte au creux de l’estomac, mais qui pourra vous donner un plaisir insondable. Cette première fois reste aussi vivante aujourd’hui qu’en ce jour de septembre, où je l’ai vécue sous les lumières d’une soirée d’automne débutante.

Cette Vague me conduira à modifier ma vie future et à la transformer, sans renier  mes engagements.